‹ Considérations nouvelles sur les affinités réciproques des mollusques gastéropodesChapitre 29 sur 45 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

L'examen du muscle columeilaire des Nudibranches prouve que leurs larves ne

subissent pas la torsion proprement dite.

J'ai affirmé, dans le chapitre précédent, que les larves de Nudibranches, c’est-à-dire d'une partie des Opistobranches, ne subissaient pas la torsion proprement dite ({orsion de la région æsophagienne autour de l'axe longitudinal de l'embryon). Ce qui revient à dire, que la rotation de la coquille larvaire et de la région anale, se produit ehez elles, sans torsion larvaire proprement dite.

La preuve de cette assertion va nous être fournie par les belles observations de Pecsexeer (25). Ce qui prouve, une fois de plus, l’importance des faits bien observés, même lorsque leur découverte a été suivie d’une mauvaise interprétation.

ie muscle eolumellaire, qui réunit la coquille larvaire au voile, est très visible dans beaucoup de larves d’Opistobranches et PELSENEER à montré dans une série de figures (fig. 21, nos 1, 2 et 3) se rapportant à plusieurs types de Nudibranches que ce muscle se fordait progressivement sur lui-même à mesure que la larve avancçait en âge et que le tortillon, de dorsal, tendait à devenir ventral.

GuiarT (49) a fait les mêmes observations sur Philine et, moi-même, J'ai pu constater la même disposition chez les larves de Philine, de Doris et d'Eolis.

Le fait est donc hors de doute. Il reste à l'interpréter exactement,

HG 21

Torsion du muscle collumellaire d'après PELSENEER. No 1. — Embryon d'Ancula crislala âgé, côlé gauche. No 2. — Embryon d'Eolis concina âgé, colé gauche. No 3. — Embryon de Dendronotus arborescens, côté droit.

Lettres communes aux {rois figures :

B, Bouche. — Cp, Cavilé palléale. — £s, Estomac. — h.d, Lobe droit du

foie. — 9.4, Glande anale. — M, Muscle. — 0p., Opercule. —

P, Pied. — V, Voile.

Chez ces Gastéropodes, le muscle columellaire réunit,

comme 1l est facile de le voir dans la figure 21, un point de la

coquille au voile, ou peut-être seulement à la région moyenne de la larve.

On peut considérer, avec les auteurs, comme point fixe, le voile (qui ne tourne jamais autour de l’axe) et comme point mobile, le point où le muscle s’insère snr la coquille. C’est le déplacement de ce point qui va forcément, amener la torsion sur lui-même du muscle.

Une comparaison simple permettra de schématiser le phénomène :

Si J'attache l'extrémité d’une ficelle (muscle) à un piton (point fixe) et°si je déplace ma main, tenant la ficelle à son extrémité libre, en tournant de gauche à droite; la ficelle (muscle) se tordra, ma main (point d'attache sur la coquille) tournera, et le point fixe (voile de la larve) restera fixe.

Plaçons autour de la ficelle un’ tube (paroi œsophagienne) rattaché seulement au piton, la ficelle se tordra dans l’intérieur du tube, mais le {ube restera immobile.

Placons dans le tube un cordon (æsophage) attaché au piton et libre à son extrémité. La première ficelle (muscle) pourra se tordre, si nous répétons la première manœuvre, mais Île tube et le cordon (œæsophage) ne se tordront pas pour cela.

Pour que le tube et le cordon suivent le mouvement de la ficelle, il faudra les rendre solidaires et alors, lorsque la ficelle se tordra, la génératrice, du cylindre que représente le tube, prendra une forme en spirale et le cordon s’enroulera autour de la ficelle.

De cette comparaison simple, nous pouvons déduire que si nous trouvons dans la larve un muscle collumellaire tordu et un æsophage rectiligne sans trace de torsion, nous avons affaire à une larve qui n’a pas subi de torsion proprement dite, c’est-à-dire qui n’a pas subi de torsion dans la région moyenne.

Or, c'est précisément le cas que nous avons sous les yeux. Très nettement, dans la figure 22, n° 1 (d'après Pelseneer), l’æsophage ne présente aucune trace d’enroulement autour du muscle, aucune trace d’enroulement sur lui-même.

PAT rs

La figure que j'ai dessinée à côté est purement imaginaire et nous indique ce qui serait arrivé si la région œsophagienne s'était tordue (fig. 22, n° 2).

De la constatation de ces faits nous pouvons conclure :

He 227

1.— Larve âgée d'Amphorina Olivacea (d'après PELSENEER). Cette larve a subi la rotation larvaire de la coquille et de la région anale sans torsion proprement dile.

9 __ La même larve, telle qu'elle devrait se présenter, si elle

Le

avait subi /a forsion proprement dile, correspondant à la région

æsophagienne.

Lettres communes aux deux figures :

C, Coquille. — M, Muscle. — 0E, OEsophage. — P, Pied. — V, Voile. — Fg, Lobe gauche du foie. — Fd, Lobe droit du foie. — gl.a, Glande anale. — 7, Rectum.

1o que, dans le cas des Nudibranches, l’æsophage ne se tord pas comme le muscle collumellairc ; 20 que la torsion du muscle collumellaire indique qu'il n'y a pas eu de torsion proprement dite dans la région moyenne de la larve.

Si donc, chez l'adulte, nous trouvons plus tard un tube digestif qui, depuis la bouche jusquà l'estomac, ne nous

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présente aucune trace de torsion sur lui-même, comme c'est le cas pour la Doris, par exemple, voir chapitre IV, page 44, nous ne devrons pas conclure que cette partie du tube digestif s'est tordue sur elle-même de 180, puis s'est détordue. Nous devrons conclure, au contraire, que celle région du tube digeshif ne présente aucune trace de torsion, parce qu'elle n'a jamais élé tordue.

Nous pouvons nous demander, maintenant, comment s’explique, la torsion du muscle columellaire, en dehors de toute torsion proprement dite.

Les Pélécypodes doivent encore nous fournir d’utiles indications à ce sujet.

J'ai noté, dans le chapitre VIF que dans le cas des dymiaires, pendant l'accroissement de la coquille, le point d'attache du uscle adducteur supérieur se déplacait notablement en suivant l'accroissement de la coquille.

Or, si nous étudions, par exemple, le développement de la Moule, nous constatons que les deux valves de la coquille s'étant étendues de manière à commencer à recouvrir l’embryon, on n’aperçoit encore que le muscle adducteur supérieur. C'est donc lui qui se forme le premier et que nous pouvons comparer au muscle columellaire de la larve du Gastéropode. Le fait est remarquable, car l’on sait que le muscle adducteur inférieur est beaucoup plus développé chez la Moule adulte.

Ce muscle adducteur supérieur peut se trouver reporté sur la face ventrale, subissant ainsi, comme conséquence de cet accroissement, un déplacement (une rotalion) considérable, dépassant dans les cas extrèmes 900 (Chama) sans qu'il y ait eu pour cela rotation de la coquille toute entière.

Le cas n'est pas, cependant, tout à fait le même, dans Île Pélécypode et dans la Jeune larve de Gastéropode.

Chez le Péléeypode, les muscles réunissent les deux valves, l'accroissement est symétrique et il 7 a pas lieu d'observer une torsion du muscle adducteur supérieur qui se déplace.

Chez le Gastéropode le musle columellaire réunit, comme

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