CHAPITRE XII
La détorsion est un phénoméêne inexistant
chez tous les Gastéropodes.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, par quelle voie l'Opistobranche archaïque pouvait progressivement s'acheminer ou converger vers la forme Prosobranche.
En dehors de toute théorie, nous pouvons suivre ses modifications, en partant de formes ayant une ressemblance extérieure frappante avec l'Amphineure.
Ces formes (Phyllidie, Doris, etc.) sont "rigoureusement symétriques dans la partie supérieure et moyenne du corps, et sont également symétriques, en apparence, par rapport au plan sagittal, après la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire, dans la région abdominale.
Après beaucoup d'intermédiaires (série des Tectibranches), nous arrivons progressivement, jusqu'à des formes telles que l'Actéon où le caractère prosobranche apparaît, avec la torsion proprement dite de la région moyenne du corps, enfrainant la Streptoneurie et la torsion sur lui-même de l’æsophage.
Nous assistons ainsi, progressivement, à la torsion autour de l'axe longitudinal, d’abord dans la portion abdominale, puis dans la portion moyenne du corps, coïncidant avec la suppression du Notæum et avec le développement du manteau et de la coquille.
Nulle part, l'étude comparée de chaque larve avec son adulte ne montre le phénomène désigné par les auteurs sous
le nom de détorsion, phénomène que j'ai décomposé, pour plus de clarté dans le Chapitre IT, en : Détorsion proprement dite et Dérotation anale.
Les formes les plus inférieures (Nudibranches) subissent seulement au stade larvaire la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire; si bien que, en comparant la larve et l'adulte, on ne constate nulle trace dans ces formes (Phyllidie, Doris et Nüdibranches en général) d'une torsion de la portion moyenne du corps (Torsion proprement dite) que l’on ne doit pas confondre avec la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire qui à rendu l'anus dorsal. |
Pour préciser, je prendrai pour exemple Doris que j'ai étudié précédemment.
Peut-on dire que la portion moyenne du corps de Doris (région œsophagienne) est détordue à l’état adulte ?
Non. Puisque la condition indispensable pour se détordre à l'état adulte est d'avoir été tordue à l'état larvaire.
Nous devons en conclure que Doris ne subit pas la détorsion proprement dite.
Peut-on dire que la portion abdominale du corps de Doris est détordue à l’état adulte (ou pour être plus précis a subi la dérotalion anale) ?
Non. Puisque l'anus et le rectum se trouvent aussi bien chez l'adulte que chez la larve sur la ligne médio-dorsale.
Nous devons en. conclure que Doris ne subit pas la dérotation anale.
Dérotation anale et détorsion proprement dite correspondant exactement au terme plus vague de détorsion employé par les auteurs, nous pouvons conclure que c'est à tort que l'on a affirmé que ous les Euthyneures provenaient par détorsion des Streptoneures. Le seul exemple de Doris suffirait à infirmer cette assertion. é
L'examen des autres formes n'est pas moins coneluant :
Prenons par exemple un Tectibranche, tel que Philine. Nous ne trouvons pas trace de la torsion proprement dite