‹ Considérations Particulières et Relations pratiques sur les Accidents VitulairesChapitre 5 sur 18 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

une vache vêlée depuis 2 jours et trouvée le n#atin du troisième jour en décubitus sterno-abdominal, non délivrée. L’animal est dans l’impossibilité de se relever. Après une sécrétion lactée abondante, la glande mammaire est flasque et l’aglaxie est presque complète. L’appétit est conservé, de même que la rumination; il y a défécation mais pas de miction.

Après traitement de la fièvre vitulaire, l’animal se relève 5 heures après. J’ai procédé dans la même journée à la délivrance artificielle complète et à une injection antiseptique intra-utérine.

Le 6 mars 1925, chez M. D... à H. Appelé pour une vache vêlée depuis deux jours, « tombée en défaut de membres » et non délivrée.

La veille au soir cette vache chancelaïit, présentait une démarche incohérente et des tremblements, néanmoins elle a bu et mangé un peu. Le propriétaire attribue ces symptômes à la non-délivrance. Je trouve l’animal en décubitus sterno-abdominal et dans l’impossibilité de se relever. Après traitement de la fièvre vitulaire, la guérison est survenue quelques heures après. Quand la vache fut debout, j’ai procédé à la délivrance artificielle avec injection intra-utérine antiseptique.

SYMPTOMATOLOGIE

J'ai constaté aue la fièvre vitulaire frappe les parturiantes sous quatre formes, selon l'intensité de l'attaque et les organes atteints.

1° forme bénigne ou fruste ;

2° forme paraplégique ou myasthénique ;

3° forme comateuse ;

4° forme éclamptique.

Forme fruste ou bénigne. — Les symptômes consistent dans un peu de tristesse, des tremblements des muscles olécräniens et des muscles de la cuisse, La malade laisse sa ration, cesse ou presque de ruminer, grince les dents. Mais elle arrive, quoique péniblement, à se relever. Il y a légère constipation, mais miction normale. La sécrétion lactée est à peine diminuée. Pas d’incoordination des mouvements.

Cette forme de la fièvre vitulaire peut persister sans aucun traitement pendant deux à trois jours et se terminer par la guérison. J’ai pu souvent éviter l'injection d’air, préconiser seulement la traite fréquente et la chaleur. Mais il arrive quelquefois que cette forme bénigne se complique par celle plus

sérieuse : la forme paraplégique.

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Forme paraplégique ou myasthénique. — Très généralement rencontrée d'emblée; c’est la forme la plus fréquente de la fièvre vitulaire.

Les malades sont en decubitus sterno-abdominal et dans l'impossibilité de se relever. A l'excitation elles font des efforts pour se redresser, arrivent à soulever le train antérieur, mais le train postérieur est inerte.

Celles qui réussissent à se relever font des efforts pour maintenir leur équilibre, présentent des tremblements musculaires, des grincements des dents. Si on les excite à marcher, elles titubent, chancellent et ne tardent pas à tomber.

Les unes sont somnolentes, indifférentes à tout ce qui les entoure, insensibles à aucune excitation. Le mufle est sec, les oreilles et les cornes froides, la salive s'écoule par les commissures des lèvres.

D'autres, tout en étant dans l'impossibilité de se relever, restent éveillées, se traînent et changent le decubitus de côté, la rumination s’observe par moment, le mufle est perlé, cornes et oreilles chaudes.

Les unes et les autres présentent un signe constant, c’est l’attitude et l’encolure ; celle-ci dessine un S, elle est contracturée, la tête tendue en avant avec le chanfrin sur le côté, donne à la partie antérieure de l’encolure une convexité à gauche et à l'autre moitié une convexité à droite.

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Ce signe ne fait jamais défaut, je dirai même qu'il est pathogneumonique dans la forme paraplégique de la fièvre vitulaire.

Les fonctions digestives sont presque toujours suspendues. L'appétit est nul, la rumination rare, arrêt complet du péristaltisme, par conséquent ballonnement par stagnation alimentaire et compression de l'œsophage, nécessitant quelquefois un cathétérisme ou le changement de position de lPanimal ; pas de défécation, souvent même constipation opiniàtre, avec ténesme. La constipation est un signe constant dans toutes les formes de la fièvre vitulaire. La rétention de l’urine est également constatée,

La sécrétion lactée, après avoir été abondante pendant les premières traites ayant suivi l’accouchement, est arrêtée ou presque, les mamelles sont flasques.

La respiration est lente, ronflante chez les unes, accélérée chez d’autres par suite d'efforts de réaction,

La température subit dans cette forme des oscillations, elle varie entre 36° à 40°, dans le cours de l'affection.

Mais, en général, il n’y a pas hyperthermie, aussi l'appellation de fièvre vitulaire me semble injustifiée.

Le préjugé populaire, qui veut voir chez la vache atteinte de fièvre vitulaire l'extrême mobilité du bout de la queue et la fragilité des crins, n’est pas à retenir, car ces signes sont communs à d’autres

affections aiguës.

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Il est à présumer que dans la forme paraplégique les substances toxiques d'origine mammaire ont une prédilection sur le système musculaire de lorganisme, notamment sur les masses musculaires du train postérieur (myasthénie).

Sans intervention, certaines vaches atteintes de cette forme de la fièvre vitulaire peuvent rester dans l'attitude des symptômes décrits plusieurs heures, et un ou plusieurs jours, quelquefois sans complications, ou périssent à la suite de celles-ci. D'autres finissent, après un laps de temps, par tomber dans la forme

comateuse. =

Forme comateuse. — La plupart du temps, la forme comateuse apparaît d'emblée. L'évolution est rapide. Les parturiantes dont l'accouchement s’est effectué normalement, ayant toute l'apparence de la santé, deviennent brusquement tristes, ne tardent pas à se coucher et aussitôt tomber dans un profond sommeil; le decubitus est d’abord sterno-abdominal, la tête portée vers l'épaule, puis ne tarde pas à s’étaler en decubitus latéral complet, Toutes les excitations restent sans résultat, Dans cet état de prostration, les membres sont inertes, le mufle sec, les conjonctives injectées, les paupières mi-closes, l'œil vitreux et ne réagissant pas aux attouchements, le regard est voilé. La salive s'écoule de la bouche en longs filaments. Les mouvements péristaltisques sont abolis, pas de rumination ni défécation, souvent ballonnement par compression du cardia.

Pas de miction.

La respiration est rare et lente, souvent plaintive : 8 quelquefois 5 par minute. Le pouls est petit, filant et accéléré.

Il y a hypothermie : 36°, quelquefois 33° et, par suite, les oreilles et les cornes et les extrémités des membres et les mamelles sont froides.

La guérison est de règle après le traitement.

Néanmoins, j'ai pu observer trois cas de mort dans la forme comateuse, survenue deux à quatre jours après l'apparition des premiers symptômes, et dont plusieurs interventions sont restées sans résultat. A l’autopsie j'ai constaté surtout de la congestion des centres nerveux et du foie sans aucune autre lésion macroscopique dans d’autres organes pouvant expliquer la mort.

Il y aurait dans la forme comateuse, en outre de la paralysie générale, une intoxication des centres nerveux par les substances toxiques d’origine mammaire.

Les cas de mort que j'ai observés ne peuvent s'expliquer que par l’intoxication d’une extrême violence des centres nerveux.

Forme éclamptique. — Rencontrée yn certain nombre de fois, la forme éclamptique se caractérise par l'apparition brusque d’excitations violentes. Après un léger abattement au début et la suppression de la sécrétion lactée, la malade présente brusquement des mouvements désordonnés : beuglements,

salivation abondante, du mâchonnement, tremble-

ments continuels, contractions eloniques de la tête et de l’encolure, chutes fréquentes sur le sol. La respiration est accélérée, les fonctions digestives nulles.

Sans connaître la cause, je pense qu'il y a analogie de la forme éclamptique, dans la fièvre vitulaire, avec les crises éclamptiques décrites dans l'espèce humaine. Ces symptômes persistent plusieurs heures, je n'ai pu me rendre compte de la terminaison sans traitement. L'intervention étant urgente, la guérison s’est toujours produite.

Voici quelques observations caractéristiques des plus récentes :

Le 15 février 1921, appelé à 8 heures du soir chez M. D..., à C., pour une vache très malade vêlée depuis deux jours. Je trouve cette vache, normande âgée de 8 ans, debout, trépignant à Papproche de quiconque, en proie à une surexcitation intense, avec des mouvements désordonnés, cherchant à se défendre par tous les moyens à coups de cornes et de dents. Le regard hébêté, la gueule ouverte, la langue pendante, elle proférait des beuglements stridents et continuels, une salive abondante et mousseuse s’écoulait de la bouche.

Cette vache, d'ordinaire calme, était en proie à des symptômes rabiformes avec hallucinations.

Les périodes de calme étaient rares. La respiration accélérée, les fonctions digestives nulles, mais des mictions fréquentes pendant les crises. Je diagnostique fièvre vitulaire avec crise éclamptique, et suis obligé de procéder à la contention de l’animal couché, pour procéder à l'injection d’air, Le lendemain tout était rentré à l’état normal.

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