‹ Considérations pathogéniques et anatomo-pathologiques sur l'érysipèle ses formes et ses complications essais sur la virulence du streptocoqueChapitre 41 sur 123 · HE · texte numérisé non relu

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Nous avons, du reste, constaté de visu cette présence du streptocoque en masse dans les vaisseaux lymphatiques, longtemps après tout accident inflammatoire. Dans un point qui était le point de départ d’érysipèles répétés, dont le dernier remontait à deux mois, nous avons trouvé chez la femme de l'observation première, les vaisseaux lymphatiques de toute l'épaisseur du derme complètement obturés par des bouchons de streptocoques, sans que l’on puisse constater la présence d’un seul leucocyte, ni dans le lymphatique lui-même, ni autour de lui. L'aspect était absolument celui que nous avons décrit à propos de l’érysipèle blanc. Bien plus, dans son tissu pulmonaire, alors que les accidents de ce côté remontaient à deux mois et demi, tous les lymphatiques étaient très finement injectés par des colonies streptococciennes, sans que tout autour d'eux on ne rencontre d’autre réaction qu’un peu de sclérose. Nous reviendrons sur ce fait d’une importance capitale, à notre avis, à propos de l’érysipèle pleuro-pulmonaire.

Ce fait positif réduit à néant les objections 4 priori que l’on faisait à la persistance possible du streptocoque à l’intérieur des tissus. Il nous semble acquis que le streptocoque lpeut vivre d’une vie latente à l'intérieur des tissus sans provoquer autour de lui de réaction leucocytaire. On comprend donc facilement que de ce quartier général il puisse envahir l’organisme, et par sa prolifération donner lieu aux phénomènes réactionnels qui constituent cliniquement l’inflammation, toutes les fois que l’organisme qu’il habite sera en situation de lui offrir un bon milieu de culture.

Du reste, une barrière infranchissable ne sépare pas les érysipèles de cause externe des érysipèles de cause interne, et nous avons pu observer un fait qui peut servir de trait d'union entre ces deux espèces. Il s'agissait d’un vieux capitaine, blessé à l'épaule d’un coup de feu pendant la guerre de 1870. Depuis, il avait eu onze érysipèles, ayant

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