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moins, uniquement cliniciens, admettent sans la discuter la théorie de la métastase, C’est à Cullen que revient l’honneur d'avoir substitué au nom de mélastase le fait de la propagation de l’érysipèle, par continuité de la peau aux muqueuses digestives, se refusant à croire à sa propagation aux voies aériennes, qu'il supposait dépourvues d’épithélium.
Néanmoins, dès cette époque, l’érysipèle interne, s’il avait ses défenseurs, avail aussi ses détracteurs. Richter le traitait de « chimère », et, dès l’avènement de Broussais et de l’organicisme, l’érysipèle, maladie de la peau, disparut du cadre des maladies internes. Bouillaud, Rayer, Léveillé, Pidoux, Copland, apportèrent néanmoins quelques observations de propagation de l’érysipèle aux muqueuses, mais on peul dire que c’est Gübler qui restaura l’érysipèle interne et lui donna la place importante qu'il occupe maintenant dans la nosographie. Dans un mémoire pour le prix des hôpitaux, dans la thèse de Laillier, son élève, il produisit avec sa verve et sa ténacité ordinaires, des observations et des documents décisifs. Dans une communication à la Société de Biologie, il dépassa mème plus tard le but, en admettant un érysipèle de l'intestin grêle, mais l’érysipèle était de nouveau admis en principe, et, malgré les protestations de Béhier et Hardy, Gintrac, Després, qui ne voulaient y voir que des complications et des coïncidences, l’histoire de l’érysipèle des muqueuses s’enrichit de nombreuses observations (Goupil, Aubrée, Calbo, Fenestre, Dechambre, Pihan, Ciure, Dion).
Maintenant, le fait de l’existence de manifestations érysipélateuses sur certains organes internes est universellement reconnu ; bien plus, les connaissances anatomiques et bactériologiques de ces dernières années nousen donne une explication satisfaisante. Nous concevons facilement que, puisque l’érysipèle est une maladie dermique, occupant surtout les espaces et les vaisseaux lymphatiques, peu lui importe le révètement épithélial, et le streptocoque
vivra aussi bien dans le derme d’une muqueuse à épithélium cylindrique que dans celui de la peau. D'un autre côté, les réseaux lymphatiques, si riches au pourtour des orifices naturels, seront des voies de communication rapides et faciles pour le transport du parasite.
L'érysipèle par continuité sera donc le mode pathogénique ordinaire de l’érysipèle des muqueuses, et nous pourrons généraliser la proposition anatomique de Cullen. Néanmoins, toutes les manifestations internes de l’érysipèle ne sont pas justiciables de cette théorie, et nous devons compter aussi avec les lésions organiques qui provoquent les altérations du sang, morphologiques ou chimiques, relevant du processus érysipélateux. Ces altérations, sur lesquelles M. Samuel Pozzi a le premier attiré l'attention, sont le fait d’une réelle intoxication ou infection secondaire, et doivent être nettement séparées du groupe précédent. Nous aurons donc à étudier : des manifestations muqueuses ou séreuses dues à la propagation du microbe de l’érysipèle, et des manifestations parenchymateuses par intoxication ou infection sanguine.