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d'avoir fait entrer l'anatomie pathologique de l’érysipèle dans une voie véritablement scientifique. On en était encore aux dissertations spéculatives sur la localisation systématique des lésions érysipélateuses dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, lorsque, en 1868, il annonça dans une courte note publiée dans les Archives de Physiologie, que la congestion du derme et l'exsudation séreuse consécutive à cette congestion ne constituaient pas toute la lésion anatomique, mais qu'il fallait y joindre l’infiltration des mailles dermiques par un grand nombre de globules blancs, disséminés sans ordre ni tendance à la systématisation le long des vaisseaux sanguins. A la notion de phlébite et de lymphangite, il venait donc ajouter un élément capital, la cutite, qui, nous le verrons, constitue la lésion la plus importante de l’érysipèle aigu.
Le fait de l’infiltration du derme par des globules blancs était donc acquis etson importance théorique mise en relief, quand parut, six mois après, le Mémoire de Wolkmann et Steudner. Ces auteurs voient dans la lésion de l’érysipèle les caractères d’une inflammation passagère, mais très peu profonde, et lui assignent la marche suivante : « Le tissu dermique et sous-dermique est infiltré par des globules blancs que l’on voit d’abord apparaître autour des vaisseaux sanguins, puis se disperser dans toute l'épaisseur de la peau. À la partie superficielle de la peau, ils s'accumulent principalement autour et dans l’intérieur des vaisseaux lymphatiques. A la partie profonde, ils s’interposent entre les vésicules adipeuses. » Pour eux, l’érysipèle ne diffère du phlegmon que par son évolution, qui n’a pas pour dénouement la dissolution de la substance fondamentale du tissu conjonctif, amenant sous forme d’abcès la collection des cellules lymphatiques infiltrées. Enfin, obéissant à l'opinion alors souveraine de Conheim sur l’inflammation, ils signalent la diapédèse comme l’unique source des globules blancs infiltrés. Ils insistent également sur l'absence de multiplication des cellules fixes du tissu conjonctif
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qui, d’après eux, subissent simplement un peu de tuméfaction granuleuse.
Puis, vint la guerre de 1870-1871, et, malgré les nombreuses victimes que fit l’érysipèle pendant la campagne, les esprits élaient loin des travaux de laboratoire, et la littérature médicale reste muette sur l'anatomie pathologique de l’érysipèle, jusqu’à la communication de M. Liouville à la Société de Biologie. Cet auteur, rappelant les anciennes théories de la lymphangite, insiste sur la présence des éléments du pus dans les lacunes conjonctives, signalées peu avant par Renaut, comme des capillaires lymphatiques distendus.
La même thèse fut soutenue par Cadiat, qui présenta à la Société anatomique plusieurs cas d’angioleucite profonde dans le cours d’un érysipèle, insistant sur la présence des cellules purulentes dans les vaisseaux lymphatiques de gros calibre et dans les gaines Iymphatiques périvasculaires, dont il regardait l'existence comme démontrée. L'opinion de Cadiat fut soutenue, sous forme de thèse inaugurale, par Lordereau, qui a bien résumé les opinions alors en cours.
Si, de 1874, à l’époque où la bactériologie ayant amené à la connaissance exacte de la nature de l’érysipèle, de nouveaux travaux histologiques furent nécessaires pour déterminer les rapports du parasite avec les cellules de l'organisme, les travaux sur l’érysipèle sont rares, il faut en accuser M. Renaut, qui, dans ses communications à la Société de Biologie, son article des Archives de Physiologie, et enfin sa thèse, apporta à l'histoire de l'anatomie microscopique de l’érysipèle une telle quantité de faits nouveaux et bien observés, qu’il ne laissa rien à ses successeurs, que le soin de confirmer ses descriptions. L'idée qui domine ses différents travaux, est la recherche de la part de la multiplication des cellules fixes dans le processus inflammatoire de l’érysipèle. Après avoir donné une topographie bien détaillée de la distribution dans le derme des