‹ Considérations pathogéniques et anatomo-pathologiques sur l'érysipèle ses formes et ses complications essais sur la virulence du streptocoqueChapitre 80 sur 123 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

Œdème chronique du nez, à la suite d’érysipèles répétés de cette région. Érysipèle et lymphangite du membre inférieur.

P... (Antonia), 22 ans, blanchisseuse. Entrée le 26 juin

1890, salle Grisolle, n° 44.

La malade a eu un premier érysipèle à l’âge de douze ans, depuis elle a subi huit ou neuf nouvelles atteintes du même mal. Tous ces érysipèles ont eu pour siège exclusif la face et la malade se souvient que leur début coïncidait, le plus souvent, avec les premiers jours de ses règles; le premier date de deux ans. à

Depuis le commencement de la série d’érysipèles, la malade s’est aperçue que son nez avait augmenté de volume et, actuellement, sa tuméfaction est telle, qu’elle défigure complètement la malade. Les parois sont augmentées d'épaisseur et la base semble épaissie. La coloration est un peu plus pâle que d’habitude. La tuméfaction est essentiellement limitée au nez et n’envahit nullement les tissus voisins.

La malade entre à l'hôpital pour des douleurs rhumatoïdes dans lies membres inférieurs, et principalement du membre inférieur droit. De ce côté, à la partie moyenne de la face antérieure de la jambe, se trouve une plaque rouge, chaude el douloureuse, sans qu'aucune solution de continuité ni aucun traumatisme puissent expliquer cette localisation. En haut de cette plaque, de la largeur de la paume de la main, on voit se détacher deux traînées rouges et douloureuses, de 40 à 15 centimèêtres, probablement lymphangitiques. On trouve dans l’aine des ganglions engorgés et douloureux. :

Par une piqûre avec une lancette, on obtient une goutte de sérosité qui, ensemencée dans du bouillon, donna lieu au développement d’une culture pure de streptocoque.

La plaque qui n’était limitée d'aucun côté par un bourrelet, disparut au bout de trois jours, laissant à sa place une ecchymose livide, présentant absolument l'aspect d'une plaque de purpura.

Rien au cœur. Pas d’albumine dans l'urine.

Les jours suivants, les douleurs rhumatoïdes cessent, l'ecchymose disparait peu à peu.

La malade sort guérie le 11 juillet.

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