‹ Considérations pathogéniques et anatomo-pathologiques sur l'érysipèle ses formes et ses complications essais sur la virulence du streptocoqueChapitre 86 sur 123 · OBSERVATION XX VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX VIII

Coryza probablement érysipélateux, avec phénomènes généraux graves et albuminurie.

G... (Jean-Marie), vingt et un ans, raffineur. Entré le 12 février 1881, salle Jenner, n° 34.

N'a jamais eu aucune maladie, quoique un peu sujet aux Cor yzas. :

Le jeudi 5 février, a été pris, en pleine santé, d’un enchifrènement assez intense; les efforts que le malade faisait pour se moucher amenaient un léger écoulement sanguin, mais à cet état local ne venait s'ajouter aucun symptôme général. L'appétit était conservé.

Le mardi 10 février, les fosses nasales devinrent très douloureuses ; le malade ressentait une violente sensation de brülure à laquelle se joignait une céphalalgie frontale intense et un peu de catarrhe oculaire. Malgré ses efforts pour se moucher, le gonflement de la muqueuse empéchait complètement l’air de traverser les fosses nasales. Le sommeil avait un peu diminué, par suite de la gêne de la respiration. Grand frisson

dans la nuit du mercredi au jeudi.

Entré le Jeudi 42 février. Même état local ; le nez est rouge,

luisant, un peu douloureux. Des mucosités abondantes s’écoulent par moment des fosses nasales. La température dépasse 40 degrés. L'appétit n’est pas très diminué, malgré la perte du goût. Un peu d’albumine dans l'urine. Quelques ganglions sous-maxillaires engorgés. Pas de symptômes abdominaux ni thoraciques. Pas de rougeur pharyngée, sauf une petite teinte rouge au niveau du bord postérieur du voile du palais.

Samedi 14 février. — Le malade va sensiblement mieux. La température a diminué de 2 degrés. Encore un peu d’albumine dans l'urine.

Dimanche 15 février. — La température est tombée à la normale. La céphalalg'e est très diminuée. Le malade recommence à moucher un peu de sang. Les jours suivants, l'état général et local s'améliore rapidement; l'albumine disparait complètement de l'urine.

Le malade sort guéri le 22 février.

Examen bactériologique.

Le muco-pus nasal, ensemencé, donne un développement de microbes divers, bacilles et cocci, au milieu desquels il est difficile de retrouver le streptocoque.

Ce dernier existe néanmoins dans la bouche et Les fosses nasales et peut être retrouvé à l’aide du bouillon gélatinisé à 15 p. 100.

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