ÉTUDE CLINIQUE
1) Dégur. — Le plus grand nombre de ces éléphantiasis débutent par des manifestations inflammatoires indiscutables réalisant ce qu’il est classique d'appeler : laccès éléphantiasique :
Accès éléphantiasique. — I] est caractérisé :
1° Par des symptômes généraux ; 2° Par des symptômes locaux.
a) Symptômes généraux. — L'accès éléphantiasique comprend comme l'accès paludéen, trois stades : Frissons, chaleur ou fièvre, et sueurs. Les frissons de l'accès éléphantiasique dure, en moyenne, une heure ou deux, puis la fièvre éclate ; maïs au lieu de se terminer au bout de quelques heures comme dans l’accès intermittent, la fièvre dure quelques jours, en général de deux à huit. La crise se termine ordinairement par des sueurs abondantes.
Comme on le voit, l'accès éléphantiasique se distingue de l'accès paludéen par la prolongation du frisson et de l'hyperthermie.
Tel est l’accès franc observé au début de la maladie, mais à mesure que la région atteinte acquiert de plus. orandes dimensions, la période fébrile devient de moins en moins franche, et l'accès se réduit quelquefois à des symptômes purement locaux.
b) Symptômes locaux :
Ce sont soit des placards de lymphangite réticulaire ;
soit des traînées de Ilymphangite tronculaire, soit des pla-
cards érysipélateux.
La lymphangite réticulaire est reconnaissable à une inflammation des réseaux Iymphatiques de la peau ; il y a en même temps une légère suffusion séreuse dans le derme.
La lymphangite tronculaire est caractérisée par les lignes rouges indiquant le trajet des trones lymphatiques qui, comme on le sait, sont couchés dans le lit des vais-
seaux principaux de la région. Au toucher, la peau est le
siège d’un empâätement marqué et d’une douleur vive. Au niveau des lignes rouges, on sent plusieurs cordons lymphatiques indurés.
Les placards érysipélateux se présentent parfois avec le:
bourrelet caractéristique. Quant aux ganglions, tributaires des troncs lymphatiques, ïls sont gros et douloureux.
On a discuté pour savoir si l'accès éléphantiasique débutait par les symptômes généraux ou les symptômes lo- Caux.
Si on interroge les malades, ceux-ci répondent invariablement qu'ils sentent la crise venir lorsque leurs ganglions commencent à s’engorger.
Le frisson et la fièvre n’éclatent que quelques heures après ; l’attaque d’éléphantiasis aurait done un début local ganglionnaire.
c) Evolution.— Les attaques se répètent plusieurs fois ‘de trois à huit accès pendant l’année), entre chaque attaque, la peau tend à reprendre son volume normal; quand les crises sont rapprochées, le malade ne désenfle plus.
Lorsque la région atteinte acquiert un certain développement, les symptômes locaux suivent la même marche que les symptômes généraux, c’est-à-dire s’atténuent : la lymphangite est moins nette.et les bubons deviennent à la longue indolents.
IT. — PÉRIODE D'ÉTAT. — À ce moment, le membre inférieur est augmenté de volume et déformé. Get aspect est, du reste, des plus variables, la description clinique se confond alors avec l’étude anatomo-pathologique que nous
envisagerons plus loin.
IIF. — Evozurion. — Celle-ci porte généralement sur des années; un fait digne de remarque, est la longue intégrité fonctionnelle du membre. Bien que le membre soit déformé et que le patient soit obligé de porter un costume approprié, il peut exécuter de nombreux travaux sans être très gèné apparemment.
Il existe seulement de la fatigue le soir.
Et cette opposition entre l’énormité des lésions et la conservation relative de la fonction n'est pas le fait le
moins suprenant de cette curieuse maladie. De même, l’état général est très peu touché.