‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 11 sur 89 · CARACTÈRES ANATOMO-CLINIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ANATOMO-CLINIQUES

Ces éléphantiasis sont très polymorphes. Un seul membre peut être intéressé, ou bien les deux ensemble. Au niveau d’un membre, le pied seul peut être lésé, la jambe seule, exceptionnellement la cuisse seule.

Une disposition fréquente est l'association pied et jambe, la cuisse étant indemne. L'hypertrophie est extrèmement variable. Tantôt de volume modéré avec des téguments én bon état, tantôt au contraire l'hypertrophie est considérable et les téguments sont altérés.

Rourri classe les éléphantiasis en cinq types anatomocliniques.

Premier type. — Le membre inférieur présente une augmentation légère et uniforme de volume, ayant l'aspect d'œdème.

La peau est modérément épaissie, 11 n’y a pas de troubles fonctionnels.

Deurième type. — L'augmentation de volume est importante ; la forme du membre est irrégulière, son poids est augmenté. La peau est franchement épaissie, Le tissu cellulaire sous-cutané est le siège d’une prolifération aïnsi que d’une certaine transformation fibreuse. Les Ivmphatiques augmentent de calibre et de nombre.

Troisième type. — Dans ce type plus accentué, les tissus prennent la forme de bourrelets séparés par des sillons. La peau est épaissie, rugueuse.

À ce stade, les abcès cutanés sont fréquents et on observe sur la peau des cicatrices d’incision. |

Quatrième type. — KEléphantiasis verruqueux. La peau présente un aspect verruqueux.

Cinquième type. — Ce sont les cas extrêmes. Le membre a un aspect éléphantoïde, aspect de cuir. Le tissu cellulaire sous-cutané est extrêmement hypertrophié, le cou-de-pied est comblé. Ici le poids du membre est suffisant pour créer de l’impotence ; ce sont ces cas qui relèvent de l’'amputation.

D'une façon générale, il est classique de distinguer deux variétés d'éléphantiasis : 1° l’œdème mou ; 2° l'œdème dur. |

1) L'æœdème mou. — L'æœdème mou est mou d'emblée, et il se maintient en cet état jusqu'aux stades avancés ; la peau est de consistance molle et garde l'empreinte en sodets du doigt. La peau peut être soulevée en plis ; ceci est dû au fait que le derme n’est pas très épaissi.

Ces formes d'æœdèmes mous se localiseraient d’après Romrrr: surtout à la jambe et au cou-de-pied. Le pied restant normal pendant très longtemps.

>) L’æœdème dur. — Il est dur d'emblée ; la peau ne prend pas l'empreinte du doigt et re peut être plissée. Ici le derme est beaucoup plus épaissi que dans l'œdème mou. Il est classique d'attribuer deux à trois centimètres d'épaisseur à la couche dermique. Romurrr n'a jamais observé d’'hypertrophie aussi considérable dans ses 45 cas rapportés : la couche dermique aurait tout au plus quelques millimètres.

Pour lui, l’œdème dur se localise surtout au cou-depied et au dos du pied tandis que l'hypertrophie de la jambe reste modérée ; la jambe a alors la forme d’une botte de cavalerie.

Mais une telle distinction entre œdèmes mous et œdè-

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mes durs est assez schématique, car ces deux aspects peuvent coexister sur la même région atteinte.

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