A) LA PEAU
L'aspect extérieur de la peau est généralement normal chez les sujets de race blanche et ne présente aucune altération de couleur. Parfois, cependant, il peut y avoir altération de couleur par hyperémie. Un signe fréquent est la présence de capillaires dilatés, les pores semblent plus distants les uns des autres et dilatés, les poils sont rares. Dans les cas où l'aspect de la peau est modifié, nous pouvons observer deux différents groupes d’altérations.
1) Les altérations de la peau dues à l’éléphantiasis luimême.
Ce sont des altérations dépendant des troubles de la circulation ou de l’hypertrophie des papilles du derme. Ces dernières peuvent se présenter sous l'aspect d'hyperkératose, véritable aspect ichtyosique de l’épiderme ou bien d'hypertrophie des papilles lesquelles formant des protubérances sur la surface de la peau donnent à celle-ci un aspect rugueux par la présence de proliférations étendues, de papillomes cornés. Cette forme, connue sous le nom de dermatose papillomateuse, est absolument caractéristique de l’éléphantiasis et elle est surtout commune dans les types d’éléphantiasis à œdème dur des jambes, genre botte de cavalerie. Les deux formes d’altération cutanée précitées peuvent être observées au stade initial ou un stade avancé de l'affection dans les formes d’œdème mou ou dur ; mais elles paraissent plus fréquentes dans l’œdème dur.
2) Les altérations de la peau dues à des complications secondaires.
Ces complications sont dues au manque de propreté et d'hygiène ; elles peuvent être causées par l'application de remèdes populaires dont le patient aura fait usage ; ce sont des révulsifs, des pointes de feu, des scarifications, oc. T'elc:
Après tous ces traitements, la peau, au lieu de rester
lisse et uniforme, se présente bosselée et mamelonnée,
mais ces apparences n’ont rien à voir avec les altérations cutanées dues au cours normal de l'affection ; elles sont, au contraire, dues au fait que par l'application de ces remèdes, les tissus sous-cutanés réagissent aux endroits traités par une prolifération active de tissus conjonctifs.
La peau adhère aux tissus sous-jacents par une cicatrice serrée, et résultat final de ces altérations anatomiques,
l'œdème du tissu sous-cutané n’est plus uniforme, l’ædème
étant moins fort aux endroits des cicatrices est très prononcé en d’autres endroits. Cela se voit surtout chez les patients soumis au traitement des scarifications ; dans cé cas, le membre au lieu d’avoir l'aspect mamelonné comme dans les cas traités par les pointes de feu, présente une surface ondulée avec des sillons plus ou moins profonds aux endroits où se trouvent les cicatrices de scarification alternant avec des reliefs œdémateux.
D'autre part, il est facile de rencontrer des cicatrices d’ulcères, très étendues et guéries, des jambes atteintes d’éléphantiasis. Dans ces cas comme dans les autres, l'œdème est très léger à l'endroit de la cicatrice tandis qu'il maintient son énorme développement dans les autres parties du membre.
À ces altérations cutanées, on peut rattacher plusieurs formes de dermatoses eczémateuses chroniques, d’ulcères chroniques, avec sécrétions fétides, dus à une infection mixte.
Ces affections secondaires étant toutes dues à un manque de soins et de propreté.
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Il va de soi que l’état éléphantiasique du membre favorise ces complications et que ces affections cutanées peuvent être un important facteur dans la pathogénie de l'éléphantiasis. Mais ces complications ne sont pas la conséquence directe de l’éléphantiasis et peuvent être solignées facilement par des traitements opportuns sans gêner le cours ultérieur de l’éléphantiasis. Les altérations de ce groupe sont évidemment indépendantes de l’âge de l’affection.
B) LE TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ. — Le tissu conjonctif sous-cutané est le siège d’une néo-formation cellulaire.
Les nouvelles cellules ont des dimensions variables parfois énormes.
On rencontre une infiltration abondante autour des vaisseaux, de polynucléaires, de macrophages, de plasmazellen. Les cellules adipeuses disparaissent. Dans cer-
tains points — et ceci est une lésion constante dans l'éléphantiasis scléreux (œdème dur) — on note entre les cel-
lules fixes la présence de fibrilles conjonctives grêles, de cellules fixes, aplaties, l'absence de réseau élastique, en un mot la formation de tissus fibreux.
1) Œdème mou. — Le tissu cellulaire sous-cutané dans l’œdème mou a l'aspect ordinaire de Pœdème banal ; incisé, il présente une infiltration de sérum et prend un aspect gélatiniforme.
A la surface de la section, il se produit un abond:,: écoulement séreux, spontanément coagulable ; la coupe se fait sans difficulté. Le tissu conjonctif est légèrement hyperplastique, condition qui JUL une large disiension des tissus.
>) OEdème dur. — Ici les lésions de sclérose prédominent ; le tissu cellulaire est résistant, difficiie à sectionner et crie sous le couteau, comme si celui-ci coupait une cicatrice.
Coupe longitudinale d'un membre atteint d Elephantiasis.
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