‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 13 sur 89 · ER ONE A ES · texte numérisé non relu

ER ONE A ES

Cet œdème est caractérisé par une forte hypertrophie du tissu conjonctif. L'infiltration de sérum dans le {issu cellulaire n’est pas très considérable, et on trouve Île tissu graisseux hyperplastique, de sorte que dans l'ensemble, la lésion présente les caractères de la sclérolipormalose.

C) LES VAISSEAUX. — Il est classique de dire que ce sont surtout les Ilymphatiques qui sont lésés, cependant, il est très fréquent de voir les artères et les veines présenler le maximum de lésions.

1) Les lymphatiques. — Macroscopiquement, les vaisseaux lymphatiques sont dilatés et leurs parois épaissies.

À la surface de la peau, ils dessinent des varices lymphatiques avec des dilatations ampullaires pseudo-vésiculeuses.

Les ganglions lymphatiques sont altérés ; ils sont scléreux et renferment parfois dans leur intérieur de petites cavités Kystiques contenant de la lymphe.

Microscopiquement, les Iymphatiques ont leurs parois épaissies et présentent les caractères de l’inflammation chronique.

L’endothélium desquame et forme par place des bouchons obstruant la lumière ; on constate en certains endroits des dilatations kystiques ; en certains points, les lymphatiques forment de véritables lacunes. Telle est l’opinion classique.

Romrrr s'élève contre ces faits. L'étude histologique des fragments prélevés au cours de ces interventions ne lui a montré en aucun cas d’altération particulière des vaisseaux lymphatiques.

Normalement, comme on le sait, la distribution des capillaires lymphatiques est abondante dans le derme où ces vaisseaux forment un plexus artificiel et un plexus profond dans le premier envoi des ramifications dans les papilles du derme. Le tissu sous-cutané est dépourvu de capillaires Iymphatiques, et les Iymphatiques superficiels peuvent se partager en deux groupes, l’un médial, qui

suit le cours de la grande saphène, l’autre latéral qui accompagne la petite saphène.

Jamais, au cours de ses interventions ou des dissections post-opératoires des pièces enlevées, cet auteur m'a remarqué une altération évidente des vaisseaux lymphatiques.

Les capillaires Imphatiques de la peau à l'examen microscopique semblent être compris dans un processus scléreux, tandis que le système des vaisseaux lymphatiques superficiels est très peu altéré.

2) Les vaisseaux artériels et veineur.

À l'examen macroscopique, ils sont enflammés ou selérosés (surtout les veines) les artères sont parfois dilatées.

GUNZBURGER a cité le cas d’une artère poplitée grosse comme une iliaque externe. À l'examen microscopique, les vaisseaux artériels et veineux sont atteints d’endo et de périvascularite. Leur endothélium prolifère et oblitère la lumière du vaisseau ; les tuniques vasculaires s’hypertrophient. Tout autour du vaisseau, on note une infiltration leucocytaire, on peut également observer des hématies qui sont sorties des vaisseaux. Les veines sont de loin les plus altérées et atteintes de thrombose.

Lorsqu'on pratique un drainage chirurgical en plusieurs temps, on peut voir à la seconde séance opératoire, quand l’œdème du tissu sous-cutané a déjà diminué que l’œdème des parois veineuses persiste encore d’une façon très évidente. Les thromboses vasculaires peuvent être infiltrées de néoformations capillaires.

Il faut signaler que ces lésions vasculaires n'existent qu deu de l’aponévrose d’enveloppe superficielle du membre. C’est ainsi que pour les veines de communication entre le réseau superficiel et le réseau profond laltération susdite existe seulement dans la partie superficielle, car, la partie de la veine qui se trouve sous l’aponévrose, conserve un aspect normal (Romrrr).

En conclusion, il semble que les vaisseaux les plus altérés dans l’éléphantiasis soient les veines. C’est un point sur lequel tous les auteurs modernes sont d'accord.

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