ÉLÉPHANTIASIS NOSTRAS DES MEMBRES
Il est classique de décrire parmi les éléphantiasis nostras des membres, deux catégories de faits différents par leurs conditions d'apparition.
1) D'une part, des éléphantiasis nostras survenant à la suite de poussées inflammatoires plus où moins marquées, consécutives à des excoriations des membres où à de mauvaises conditions hygiéniques ;
>) D'autre part, des éléphantiasis consécutifs, soit à l'ablation de cancers du sein avec curage ganglionnaire, soit à l’exérèse de simples adénopathies chroniques, comme cela s’est produit lorsqu'on traita Ja maladie de Nicolas Favre, par l’extirpation en bloc des ganglions.
A) Éléphantiasis nostras des membres survenant à la suite de poussées inflammatoires.
Ils sont véritablement calqués sur les éléphantiasis arabum, aussi ne reviendrons-nous pas sur leur descriplion ; nous nous contenterons d'en donner quelques observations.
OBSERVATION I
Eléphantiasis nostras des membres (Besier, Gazelle des Hôp., 2 el 3 nov. 1838. — (Observalion résumée).
Adclphe R., ouvrier en galoches, 44 ans. Entre à l'hôpital Saint- Louis ie r4 avril 1878. C’est un homme vigoureux sans antécédents morbides, sauf ceux pour lesquels il vient consulter. À l’âge de 32 ans, son membre inférieur droit a commencé à augmenter prosressivement de volume. Il habitait la campagne de Bourges, région marécaseuse. et à plusieurs reprises il eut dans le cours de son enfance des accès de fièvre intermittente. Il aurait eu une inflaminalion aiguë des téguments de la jambe à cette époque qu'il désigne sous le nom d’érysipèle, mais érysipèle phlegmonneux, car le médecin qui lui donna ses soins fit des incisions périmalléolaires verlicales profondes. Depuis celte époque, jusqu’à maintenant il a eu Hrois attaques semblables à la première, ayant chacune laissé le membre un peu plus volumineux que précédemment. La dernière crise la plus violente et la plus longue remonte à janvier 1878. Comme dans les dernières, il eut un frisson initial violent prolongé de rougeurs vives envahissant la partie inférieure de la cuisse.
(C'est à la suite de celte dernière poussée plhlegmonneuse que le membre acquit l'aspect qu’il présente aujourd’hui.
Actuellement on constate une augmentation considérable du volume du membre inférieur droit accentué surtout et arrêté au niveau du cercle périmalléolaire, tandis que le pied semble avoir conservé son volume normal.