GÉNÉRALITÉ SUR LE TROPHOŒDÈME
Nous empruntons à Lérr cette description générale du syndrome : « C’est un œdème blanc, dur, indolent, qui infiltre de façon permanente un ou plusieurs segments d’un ou plusieurs membres sans porter atteinte à la santé
générale.
« Maïs nous ignorons encore tout de la cause du trophoœædème et ne savons même pas s'il convient de le ranger parmi les affections autonomes, les entités cliniques, ou parmi les syndromes morbides. Nous savons seulement qu'il est quelquefois congénital, parfois familial ou héréditaire, d’autres fois acquis. Sa distribution segmentaire permet d’incriminer, avec quelque apparence de raison, une altération des centres trophiques de la moelle, avec atteinte primitive ou secondaire du sympathique.
« La théorie médullaire, soutenue par Meice, a été généralement admise par les auteurs. Maïs elle manque encore de faits anatomo-cliniques bien précis et probants. Aussi, certains observateurs ont-ils pu soutenir, sans plus de preuves d’ailleurs que le trophœdème était dû, soit à une altération primitive de la circulation sanguine ou Iymphatique, soit à un trouble du fonctionnement des glandes vasculaires sanguines, notamment de la thyroïde ».
Jusqu'à ces dernières années, on ne possédait que des documents cliniques sur le trophædème. Les examens anatomo-pathologiques manquant, on ne savait pas si on avait affaire à un œdème chronique ou à un éléphantiasis ; actuellement, depuis qu'on a tenté diverses thérapeutiques chirurgicales, cette lacune est comblée, et nous pouvons dire, dès maintenant, que rien ne différencie, du point de vue anatomique, le trophœdème de ME1cE des éléphanliasis.