MAT
La chancrelle. — Serait presque toujours pour JacoBi la lésion ulcéreuse initiale de l’esthiomène, expliquant la fréquence de cette lésion chez les prostituées ; l’importance du rôle joué par la bacilie de Ducrey est indéniable pour tous les auteurs, mais ici encore l'infection secondaire est certaine.
La maladie de Nicolas Favre. — Il est actuellement prouvé qu'il existe des éléphantiasis génitaux et des éléphantiasis ano-rectaux dus au virus de la maladie de Nicolas FAVRE.
JERSILD, en 1920, niait le rôle de la syphilis dans le soi-disant syphilome ano-rectal de FourNIER et incriminait ce facteur pathogène. En tous cas dans ces manifestations morbides à localisation génitale ou ano-rectale, la réaction de Frer est le plus souvent positive et le rôle du spirochète est souvent difficile à mettre en évidence.
Les mycoses. — Lapeyre, au Venezuela, a trouvé des dermocoques dans un certain nombre de cas d'éléphantiasis. Les ensemencements furent faits avec des particules de tissus profonds recueillis avec toute l’asepsie chirurgicale, mais dans ces Cas, il a trouvé une association de ces germes avec dés champignons ; dans trois cas même, il ne trouva pas de microbes, mais uniquemént des champignons saprophytes. Nous donnons le résumé de ces‘trois observations : ,
OBSERVATION I
Petite fille de 10 ans ayant, un éléphantiasis de la jambe droite depuis deux ans, Elle a eu plusieurs attaques de lymphangite avec adénopathie. Les ganglions inguinaux demeurent hypertrophiés. Le 6 septembre 1934 opération ; on enlève le paquet de ganglions ; ceux-ci sont aussitôt coupés par la moitié. Le centre présente un aspect caséeux, une partie est mise dans le fonmol, l’autre est montée immé- . diatement au laboratoire en boîte de Petri stérile. Le D’ DEL CorraL fait. lui-même avec la pulpe des ganglions, différents ensemencements. En 36 heures développement en milieu glucosé de colonies blanchâtres. Examinées après 72 heures à la température ambiante,
présence d'organes de reproduction à facettes comme les dermatophytes, De son côté le D' O’Dary a pratiqué la lecture de la coupe : il a trouvé de nombreuses spores de champignons probablement ascomycètes, des images de réactions inflammatoires avec cellules géantes et sclérose, \
OBSERVATION IT
. Homme de 35 ans, originaire de Cagua, présentant un éléphantiasis des deux jambes, plus accentué à gauche (début il y à 4 ans) qu'à droite (début il y a 7 ans), présence d’une cicatrice d’ulcère au pied gauche. — Pustules sèches disséminées. — Ensemencement avec des tissus profonds en milieu de SaBouraur, maltose et glucose à 14 %. En 48 heures, présence de spores en forme de levures.
OBSERVATION III
Homme de 47 ans, originaire de Ocumase de la Costa, présentant des 'lésions éléphantiasiques des membres inférieurs, pieds inclusivement. Début il y a 20 ans à gauche, depuis cette époque il présent des accès éléphantiasiques tous les 3 ou 4 mois.
Ensemencement de tissus profonds prélevés à ia jambe sur milieu de SapouraAUD : développement de colonies blanchâtres, veloutées, long mycelium à la manière des dermatophytes, non cloisonné avec des petites spores ; les légions histologiques rencontrées dans ces deux biopsies n’ont pas montré de champignons dans l'intimité des tissus (D' O’Dazy).
En résumé, dans ces trois cultures de tissus profonds J. L. Lapeyre a obtenu 3 résultats positifs en tant que mycose.