‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 39 sur 89 · ARGUMENTS CONTRE LA THÈSE MICROBIENNE · texte numérisé non relu

ARGUMENTS CONTRE LA THÈSE MICROBIENNE

Il est hors de doute qu'on voit nombre d’éléphantiasis précédés de poussées de lymphangite aiguë. Si ces Iymphangites sont d’origine infectieuse pour la majorité des

+ . F4 t 5. CS ue auteurs, certains prétendent qu'il existerait des Iymphangites non microbiennes.

1° Il existerait des lymphangites filariennes sans infection bactérienne.

Lens

Mac Kinrey à étudié 47 cas, choisis par O'Connor à Suarez dont neuf cas dits cas de contrôle d’origine non filarienne.

« 38 cas de lymphangite filarienne aiguë ont été bactériologiquement étudiés et dans les conditions d’asepsie les plus rigoureuses. Les hémocultures se sont montrées uniformément négatives. Les cultures faites avec les éléments retirés paï aspiration des foyers inflammatoires et douloureux sont restées négatives ans 27 cas. Pour les cultures préparées avec de la peau prélevée sur les parlies inflammatoires dans 11 cas de Ivmphangite une culture s'est montrée positive au streptococus viridans ; une autre a décelé un staphylococus auréus hémolyticus ct une troisième était contaminée par un bacille prenant le gram. Dans aucun cas il n’a été possible de cultiver le streptococus hémolyticus.

Par contre dans les neuf cas contrôle qui nn la INmphangite filarienne, mais qui en réalité furent diagnostiqués comme Iymphangite septique, on peut isoler streptococcus hémolytieus dans 7 cas, et staphylococcus auréus hémolytieus. Mac Kincey conclut que l'absence presque uniforme de cultures positives dans cette série de cas de Iymphangite filarienne aiguë étudiés avec la technique la plus rigoureuse montre que l'invasion bactérienne n'explique pas toujours les manifestations aiguës.

Des malades peuvent présenter des poussées multiples de Iymphangite sans qu’il s’installe pour cela un élé-

phantiasis. Nous donnons à lappui lobservation suivante :

OBSERVATION Lirssane (Thèse Paris, 1927). — Obs: recueillie à Tahili en 1916. — Lymphangile réliculaire à répélition pendant 1x mois non suivie d'éléphantiasis.

Femme de 36 ans présentant des poussées de Iymphangite réticulaire à répétition de la jambe droite qui duraient 24 heures et n'étaient jamais suivies d'augmentation de volume appréciable de la jambe. Les poussées revenaient d’abord tous les mois à l’époque des règles et jusqu’en 1916, c’est-à-dire depuis 11 ans, la malade n’a jamais eu aucun signe clinique d’éléphantiasis de la jambe.

Si une infection chronique même atténuée, dit Romrri, est à l’origine de l’éléphantiasis, pourquoi lés plaies opératoires guérissentelles toujours par première intention ?

3° L'intervention chirurgicale, véritable traumatisme, engendre une diminution de vitalité des tissus, une exlravasation de Iymphe, de sang, etc., qui sont les meilleures conditions pour le développement d’une infection latente, et cependant la cicatrisation se fait par première intention. À cela on objectera que l'infection peut provoquer l’éléphantiasis puis disparaître. L’éléphantiasis reste comme un témoin (comparaison du cal osseux succélant à la fracture). À cet argument on opposera que dans un certain nombre d'opérations, type KoNpoLEoN, la guérison des plaies opératoires a été obtenue per primam, sans la moindre réaction inflammatoire, les brèches aponévrotiques se sont ferniées dans les mois suivants avec du tissu pathologique, léléphantiasis avant continué d'évoluer pour son propre compte, et pourtant ces interventions aseptiques avaient pu être effectuées.

On ne peut donc pas parler ici d'infection. Par conséquent si l’infection est à la base de l’immense majorité (es cas d’éléphantiasis arabum ou nostras elle n’explique pas le processus intime d'apparition et de développement du syndrome. C'est à cette conclusion qu'aboutit Dommier : « Rien ne permet d'affirmer que l'infection soit l'unique facteur pathogénique de cette maladie. Du reste, parler d'infection, c’est admettre implicitement l’action morbifique de produits toxiques dérivant de Factivité propre aux ferments figurés. Les produits toxiques autres que les produits de la vie microbienne ne peuventils pas en s’attaquant à l'appareil conjonctivo-vasculaire provoquer des réactions inflammatoires chroniques extensives et progressives à allure indéfiniment torpide ou paroxystique ? Un état normal du système nerveux ne peut-il pas engendrer des modifications analogues des imèmes tissus P »

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