‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 67 sur 89 · OCTO 2NE · texte numérisé non relu

OCTO 2NE

Ces deux résultats sont donc très encourageants. Je crois que l'opération de WarTnEr mérite d’être mieux connue et d'être largement utilisée. Elle a aussi le grand avantage d’être de technique aisée et à peu près non sanglante. Les résultats en paraissent durables puisque j’ai eu l’occasion de revoir deux des malades opérés par WaALTHER, 16 ans après l'intervention ; les tubes étaient parfaitement lolérés, l’éléphantiasis avait disparu et les malades n’avaient pas cessé de mener une vie active.

OBSERVATION D° PIERRE ROUQUES (inédite)

Mme LED..., 55 ans.

Opérée en 1913 d’une mammectomie faite à Nantes pour « guérir le moral », car elle craignait d’avoir un cancer du sein.

Cinq ans après elle aurait eu un érysipèle s'étendant du coude au poignet droit.

Au bout de 15 jours, les manifestations inflammatoires ayant disparu, il persistait un gonflement de l’avant-bras.

De temps en temps, la malade avait des poussées de rougeur locale accompagnées de douleurs et de fièvre.

En 1920, elle présente des signes de «bronchite chronique » et on découvre une caverne bien circonscrite du sommet droit.

Elle va faire un séjour en sanatorium où on pratique un pneumothorax. Elle reste 6 ans en traitement et revient complètement guérie.

Le 13 juin 1935, elle vient consulter le D° Pierre RoUQUÈs pour sensation de lourdeur au niveau du membre malade.

Lors de ce premier examen, on constate un éléphantiasis typique de l’avant-bras droit.

On propose une sympathectomie humérale associée à un drainage de WALTHER,

Le 14 juin 1935, sous-anesthésie de base au rectanol et inhalations au protoxyde d’azote, le bras est incisé suivant la ligne de ligature de l’artère humérale dans sa partie moyenne,

Après avoir ouvert la gaine des vaisseaux, on libère et dénude l'artère humérale sur environ 7 cm.

° On pratique ensuite une petite incision sous-cutanée au niveau de la face antérieure du pli du coude, puis une dernière petite incision sous-cutanée à la partie moyenne de la face antérieure de l’avant-bras.

Au moyen de ces trois incisions, on parvient à faire cheminer un drain dans le tissu cellulaire sous-cutané, depuis l’incision humérale en tissu sain jusqu'à l’incision inférieure anti-brachiale située en zone pathologique.

Les deux extrémités du tube sont insinuées sous l’aponévrose d’enveloppe, grâce à deux petites boutonnières pratiquées dans le fascia. Fermeture de la peau.

Le 28 juin 1935, on constate une diminution nette de l’éléphantiasis. ILes plaies opératoires ont cicatrisé per primam.

Le 16 janvier 1936, le bras « s’est regonflé », mais les pesanteurs ont disparu.

CRITIQUE DES RÉSULTATS OBTENUS PAR pa MÉTHODE DE WALTHER

Sur les vingt observations relevées nous trouvons les résultats suivants : |

Pas de guérison.

Onze très bons résultats : Cas I, II, III, VIE, :IX, : XIII, XIV, de la thèse de François JuLLIEN, cas de Ro- CHARD et STERN, cas de Rocrer et LASSERRE, cas de LE- FEBVRE, Cas Ï de TOURAINE et MouRrE.

Six bons résultats : Cas IV, V, VI, VIII, X, de la thèse de François JUuLLIEN, cas IT de Touraine et MouURE.

Trois résultats médiocres : Cas X[E, XII, de la Thèse de François JULLIEN, cas die P. RouQuEs.

Deux suites ne sont pas connues (LENORMANT et MOURE, cas [et ID).

Il y a eu 6 fois élimination des tubes sur la totalité des cas (six sur vingt-deux) : Cas III, IC, VIII, XI, de la thèse de Francois-JULLIEN, cas Il, LenxorManT et MourE, cas [, TOURAINE et MoOURE.

Nous voyons donc que les critiques adressées’ à la méthode de Hanprey se retrouvent lorsqu'on envisage la méthode de WALTHER.

Cependant avec cette dernière technique, les résultats semblent plus poussés et plus durables.

Par contre l'élimination des tubes de caoutchouc paraît survenir assez fréquemment.

Cet incident ne paraît pas avoir de conséquences très fâcheuses du reste.

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