‹ Considérations pathogéniques et Traitement chirurgical de l'ÉléphantiasisChapitre 68 sur 89 · MÉTHODES DE DRAINAGE PROFOND 1° PROCÉDÉ DE LANZ · texte numérisé non relu

MÉTHODES DE DRAINAGE PROFOND 1° PROCÉDÉ DE LANZ

Le procédé de Lawz est certainement le procédé de drainage profond le plus anciennement connu. Toutes les autres méthodes de drainage profond s’inspirent plus ou moins-de lui.

C'est à ce titre que nous le décrivons car il n’a été exécuté qu'une fois au niveau du membre inférieur.

TECHNIQUE

Longue incision menée sur toute la hauteur de la face externe de la cuisse : le fascia lata est sectionné et par linterstice du bord postérieur du vaste externe, on atteint le fémur. |

Le périoste de cet os est ruginé, puis au niveau des 1/3 sup.;, 1/3 moy., 1/3 inf. de l'os, on perce à la fraise de Doyen 3 trous aboutissant à la moelle osseuse ; dans cha: cun de ces orifices, on introduit une bandelette taillée dans le fascia lata.

L’incision longitudinale du fascià lata est refermée, après qu'on a fixé au périoste et aux muscles les bande: lettes aponévrotiques chargées du drainage:

Pour terminer, quelques coups de ciseau dans le fascia lata, établissant des orifices, favorisent la circulation lymphatique de la surface dans les museles.

OBSERVATION: LANZ

RÉSUMÉ, — Femme:de, 45 ans.

Depuis 5 ans, augmentation de volume considérablé du membre inférieur droit, le rendant semblable à un véritable pilier ; infiltra: {ion de la peau très accentuée. Opération le 30 mai 1906. Un an après, la malade écrit qu’elle reste guérie.

Revue 3 ans après (17 mai 1909). Elle reste debout toute la journée sans faligue, pas de différence notable entre les deux membres inférieurs. La mensuration donne }

Mensuration Côté droit Côté gauche .

Cuisse EE Pen EN et 48 h4 1/2 FHDNDe PRNEN ae TIN OR M Le 36 30 1/2

Seule la peau du côté opéré est un peu plus ferme, la cicatrice est souple et il n’y a pas de hernie musculaire.

Le résultat est très satisfaisant, mais nous verrons ultérieuremen: que cette opération est compliquée par le temps ‘osseux qui paraît superflu. De plus, le rôle des bandelettes aponévrotiques en tant qu'agent de drainage, est très hypothétique.

2° ProcéDés D'OPPEL, RozANOW, CoTTALOoRDA

Nous réunissons dans ce groupe des techniques quelque peu différentes mais qui ont pour principe l'enfouissement de bandelettes de tissu superficiel pathologique dans un interstice musculaire profond.

C'est en somme la méthode de Lawz diminuée de son temps osseux.

OPPEL. — Taille des bandelettes dans le tissu cellulaire sous-cutané et les fait pénétrer dans les interstices musculaires à travers l’aponévrose incisée. Il pratique Ia dérivation non seulement à la cuisse mais aussi à la jambe.

Les suites de son opération furent heureuses, mais il nous manque le résultat éloigné.

ROZANOW. — Taille des transplants comprenant à la fois le tissu cellulaire sous-cutané et l’aponévrose ; il ne réunit pas les bords de l'incision aponévrique destinée au passage des lambeaux.

TECHNIQUE

Sur la face externe de la cuisse et sur la surface postérieure de la jambe, il taille une série de parallélogrammes, à grand axe vertical qui mesurent, en travers 15 Cm. à la cuisse, 11 cm. à la jambe.

Dans l'aire de ces parallélogrammes, il excise la peau puis il sectionne transversalement à la partie moyenne, le tissu cellulo-adipeux et l’aponévrose, et, libérant sur un autre de leurs bords chacun des deux triangles ainsi

ménagés, il les enfouit dans la profondeur et les sutura au muscle et au périoste.

Les côtés des excisions rhomboïdes de la peau sont alors réunis également en travers, ce qui rétrécil le manchon cutané (LEFEBVRE).

OBSERVATION ROZANOW

Homme 48 ans. Depuis 4 ans, volumineux œdème chronique du membre inférieur gauche, intermittent puis permanent.

La circonférence de la partie supérieure de la cuisse gauche a 20 cm. de plus qu’à droite.

Opération le 19 octobre 1Gr1.

Traitement préopératoire, bains, massages.

Elévation du membre.

Mensuralions Avant Après opération 2 mois 1/2 après GUISS CRE 6o cm. 5 6 emis5 dim» "6".

Nollet een 54 em. 36 em. dim: \r5:em.

Le résultat se maintenait intégralement en avril 1912, 6 mois après, avec une amélioration fonctionnelle importante.

OBSERVATION DE LEJARS

Femme de 46 ans. Depuis l’âge de 10 ans, œdème chronique du membre inférieur droit, remontant: jusqu’au pli de l’aine. Le 24 avril 1922, longue incision de l’aponévrose, taille de 3 lambeaux de 6 em. de long sur 3 cm. de large, aux dépens des bords de l’aponéyrose.

Ces 8 lambeaux, restant adhérents d’un côté, sont enfouis et fixés dans un interslice du vaste externe, dissocié à la sonde cannelée.

L'ouverture de l’aponévrose est ensuite refermée.

Dès les premiers jours, notable réduction de volume, mais le membre reste encore un peu plus volumineux que l’autre. La diminution obtenue quelques mois après était de 5 cm. pour la jambe et 10 em. pour la cuisse avec une plus grande souplesse des tissus et une oêne fonctionnelle nettement atténuée.

OBSERVATION DE MOSKOWICZ

Femme de 5o ans. À la suite d’une typhoïde, œdème des > mem-

bres inférieurs déjà traité par incision circulaire. Membre très volumineux avec altération accentuée de la peau.

En Janvier 1915, par 4 incisions, après dissection étendue de la peau, taille d’une large bande de fascia lata et d’aponévrose profonde. ; |

Cette bande est enfouie dans un interstice musculaire jusqu’à l'os sur lequel on le fixe.

Fermeture de la brèche aponévrotique.

Amélioralion considérable,

ProcéDpé bE COTTALORDA

CoTTALORDA en 1924 a publié un procédé où seule l’aponévrose est incisée dans l’interstice musculaire profond.

TECHNIQUE

1” temps. — Après l’incision portant sur toute la hauteur du segment de membre atteint, on découpe sur l’aponévrose d’enveloppe du membre un vaste lambeau aponévrotique dont la charnière correspondait dans le cas opéré à la crête du tibia depuis sa tubérosité antérieure jusqu'à la partie moyenne de son 1/3 inférieur.

2° temps. — Ce lambeau est alors disséqué et relevé découvrant les espaces musculaires sous-jacents. On cherche alors l’interstice le plus proche de la charnière.

Quelques points dont les chefs sont laissés longs sont passés sur le bord libre de la bande aponévrotique libérée.

3° temps. — Au moyen d’une aiguille de Doyen perforant l’aponévrose intacte le plus loin possible de la charnière, on pénètre de bas en haut dans l’interstice musculaire choisi, puis par un chemin inverse en retirant l'aiguille, on attire sucessivement à l'extérieur à travers ledit interstice, les fils préalablement fixés sur le bord libre du lambeau.

4° temps. — Celui-ci est alors fixé à la profondeur par les fils noués à la surface de l’aponévrose.

OBSERVATION COTTALORDA

In Fillipini, Thèse Montpellier, 1925. ;

C. T..., 63 ans, journalier entre dans le service le 8 février 1934 pour éléphantiasis du membre inférieur droit.

En 1893, le malade a un volumineux bubon inguinal droit. Ce bubon est incisé puis, semble-t-il, extirpé dans un service de la Conceplion. j

Sort 1 mois après l’incision, mais quelques jours après son relour chez lui, apparition d’un érysipèle qui envahit tout le membre inférreur droit. F S£

Durant les années suivantes, plusieurs récidives se proauisent.

Elles s’accompagnent d’une augmentation progressive de volume du membre, surtout sensible à la suite d’une dernière atteinte en novembre 1923.

Devant les progrès de la tuméfaction qui jamais n’a été douloureuse, le malade entre à l'hôpital

A l'examen : Elphantiasis de la jambe droite, même diamètre que la cuisse.

Tandis que cetle tuméfaction se perd en mourant vers la racine du membre, elle cesse brusquement au niveau de la cheville.

Mensuralions :

M. inf. dr. M. inf. @.

Cuisse

TMS PÉNE A Me TE Mie A 55,5 56

19 Moyen Are NAS AE 49 50

LAB = ME RES CASE CT RRGUNE 46 40 Jambe

HS AUDÉLE HP PS RENTE as 47 4x,

LHABOVEN MENT AS an Re CR 13 31,0

AE à CC MVC TES NOEL APS PE ei ho 2

On note à la racine de la cuisse une cicatrice étoilée qui l’occupe tout entière, vestige du bubon primilif.

La palpalion montre des téguments épaissis, impossibles à pincer, mais sans godet d’empreinte. Au nivéau de la cuisse, les troubles sont beaucoup moins marqués et prédominent au niveau de sa face interne où les téguments sont manifestement épaissis et infiltrés.

Le membre a, par ailleurs, conservé l'intégrité de ses mouvements.

Intervention le 16 février. — Rachi-anesthésie 1° Incision sur la face externe de la cuisse, jusqu’à l’aponévrose

sur laquelle on découpe un lambeau à grand axe vertical, qui est rabattu dans la profondeur et fixé contre l’os au membre.

* Incision sur toute la face externe de la jambe, même interven-

Le plus pénible ici, à cause de l'épaisseur de l’aponévrose et de l’infiltration des tissus superficiels.

Le résultat obtenu un mois après est intéressant, comme le démontrent les mensurations suivantes :

Avant opérat. Un mois après

Se ae fe Re. 46 39 FLOU SR D RESTOS MSN PE 47 37 PET OMAN ONE ac ee der ice 43 28 ee CDI) rNinlér eNe ne RE 40 26

Nous ajoutons que nous avons fait du vaccin antistreptococcique et polyvalent type 1, Ranoux et SENEZ.

Malgré cette précaution, une nouvelle récidive d’érysipèle est survenue quelques jours après les mensurations ci-dessus et le malade est envoyé à la Conception, dans le service des contagieux.

JAMBE TAE LAMSTDÉT. MS EAP ANT et ee 3G Cm.

D RO MON EME Die die ser ee 97- Cm:

VO AD ET a PM ARNPA RS Re Re eee 34 em.

Le malade se plaint d’une gêne dans la marche ainsi que de douleur lors de la mobilisation active de son membre.

On procède alors à la sympathectomie péri-artérielle, avec extirpation de la cicatrice inguinale.

La plaie est comblée avec un Jlambeau pédiculé pris sur la face externe de Ja cuisse.

Suite opératoire ;: Aucun résultat appréciable.

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