‹ Considérations Pathologiques Sur Les Postes De Mpal Et Louga (Sénégal) Précédées D'une Notice Géographique, Ethnographique Et ClimatologiqueChapitre 8 sur 12 · SAISON SÈCHE · texte numérisé non relu

SAISON SÈCHE

La saison sèche commence avec le mois de novembre et finit avec le mois de mai, toujours avec quelque différence en plus ou en moins, suivant les années. Pendant la plus grande partie de la saison sèche, le ciel est parfaitement pur, sans le moindre nuage; mais c’est surtout pendant les mois de mars, avril et mai, que le soleil darde impitoyablement ses rayons. Le ciel à le plus souvent alors une teinte grisâtre ne ressemblant en rien à la belle couleur bleu de ciel des pays intertropicaux. D’après M. Borius, on ne peut attribuer cette teinte qu'à une seule cause : la présence dans l'air d’une quantité prodigieuse de poussière très fine, de sable extrêmement divisé, assez léger pour être presque tenu en suspension.

C'est pendant la saison sèche que l’on note les températures les plus élevées, surtout dans l’intérieur des terres, loin du littoral; les températures de 40° n’y sont point rares.

Le maximum qu’il m'a été donné d'observer est 48e dans la salle à manger du pavillon des officiers du poste de M’Pal un jour de vent

7e d'est. Les nuits, par contre, sont très fraiches, froides même, puisque le thermomètre descend jusqu’à 9 et 8e.

C’est surtout pendant les mois d'avril et mai que souffle le vent d'est. Ce vent d'est n’est autre que le « simoun » de l'Algérie, le « klamsin » de l'Égypte, le « siroco » de la Sicile, c'est le vent du désert qui s’échauffe au contact des sables brûlants et arrive comme un ouragan de feu, desséchant et slérilisant tout ce qui se trouve sur son passage. M. Bérenger-Féraud en donne la description suivante : « Les végétaux, dit-il, se flétrissent, souffrent et meurent même quelquefois, le bois se fendille, joue, craque, les meubles se disjoignent. J'ai vu même le verre se briser spontanément. Quand on se présente à la porte d’un appartement pour en sortir, ou bien quand on ouvre à ce moment une fenêtre dans la direction de l’est ou du sud, on éprouve absolument la sensation que l’on ressent quand on s'approche de la bouche d’un four en ignition. C’est une chaleur sèche et intense, désagréable au dernier point. »

Il souffle quelquefois pendant des périodes de dix et quinze jours consécutifs, et cela avec une violence telle qu’il soulève des quantités énormes de sable qui pénètre partout, jusque dans les derniers recoins des appartements. Il commence à souffler le matin, entre neuf et dix heures, et cesse complètement au moment du coucher du soleil. La température baisse alors de quinze à vingt degrés en moins de deux heures.

La saison sèche est la bonne saison pour les blancs, l'humidité a disparu, les moustiques également, on goûte pendant ces nuits fraiches et calmes un sommeil réparateur; pour les noirs, au contraire, c'est la mauvaise saison, la saison des douleurs rhumatismales, des affections aiguës des voies respiratoires. On les voit le matin grelotter de froid sous leurs minces vêtements comme ils ont dû grelotter dans leurs cases durant toute la nuit, malgré la précaution qu’ils prennent d'y faire du feu. Il est un proverbe ouoloff qui dit : « Quand les feuilles du baobab poussent, elles annoncent la mort du blanc; quand elles tombent, elles annoncent la mort du noir.» — « L'habitant du

608 De Sénégal, dit M. Borius, le commerçant qui peut fuir régulièrement

en Europe de la fin de juin à la fin d'octobre, peut vivre longtemps à l’abri de toüte maladie. »

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