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draient, à la venue du Seigneur, ceux des leurs qui s’étaient endormis. Quand un de leurs frères était enlevé par la mort, ils étaient profondément affligés et semblaient ne pas conserver pour .les saints endormis, l'espérance qu ’ils avaient pour eux-mêmes. (v. 13.)
Nous n’avons pas lieu de supposer qu’ils eussent le moindre doute sur le bonheur des âmes de ceux qui s'étaient endormis au Seigneur. Certes, ils n'auraient pas été chrétiens s’ils avaient mis ce bonheur en question ; mais eux, qui se réjouisgaient à chaque instant d’être enlevés auprès du Seigneur sans passer par la mort, estimaient que les saints endormis éprouvaient une perte du fait | de.leur départ. Ils pouvaient penser, qu'eux Thessaloniciens, qui allaient être enlevés auprès du Seigneur, à sa venue, devanceraient avec des corps transmués et incorruptibles, ceux qui étaient morts en Christ, et que ces derniers ne les rejoindraient peut-être que plus tard, à la résurrection des justes. L'état de l’âme après la mort n'étant pas dans leur pensée l’état définitif, ïls estimaient que. leurs frères endormis seraient privés d’un avantage, alors qu'eux auraient, depuis longtemps peut-être, atteint la perfection‘. Au reste, leurs craintes, fruit de leur ignorance, montraient combien le premier amour était vivant dans leur cœur, car ils étaient plus affectés de la prétendue
1 Ce sont du moins les conclusions que l'on peut tirer de la lecture attentive de ce passage,
En A0 = perte éprouvée par leurs frères, qu’occupés de leur propre gain.
Sur tous ces points, l’apôtre leur donne l’enseignement clair et précis de la parole de Dieu. Il commence par leur montrer que le sort des saints endormis ne peut se séparer de celui de Christ. «Si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera Ceux qui se sont endormis par Jésus. » (v. 14.) Jésus-Christ est entré dans le domaine de la mort, mais pour la vaincre ; il est sorti en ré-
-surrection de ce lieu dont il a brisé les portes. Il a fait cela pour nous, et l’a fait si complètement, que désormais notre passé, notre présent et notre avenir sont liés aux siens. Nous sommes morts avec lui, ressuscités avec lui, quant à l’état de nos âmes ; il reste encore, si nous nous endormons, la résurrection de nos corps. À quel moment aura-telle lieu ? C’est ce que les Thessaloniciens devaient apprendre. L’apôtre leur montre d’abord que les saints endormis, Dieu les amènerait avec Christ, qu’ils ne pouvaient pas plus être séparés de Jui à sa venue qu’ils ne l’étaient dans sa mort et sa résurrection. Ensuite, par la parole du Seigneur, il leur dévoile un mystère qui ne leur avait pas encore été révélé, c’est qu’à la venue du Seigneur, eux les vivants ne devanceraient aucunement ceux qui s'étaient endormis. La résurrection de ces derniers prendrait place alors, et aurait lieu premièrement, puis, viendrait la -transmntation
des saints vivants. La première résurrection se le donc à la venue du Seigneur pour enlever les saints. C’est à ce moment-là que la victoire de Christ sur la mort est confirmée, et qu’il en récolte pleinement les fruits. Par la résurrection de Christ, la mort était vaincue et annulée.
(2 Tim. I, 10.) Par la résurrection de « ceux qui sont du Christ à sa venue,» la mort sera «engloutie en victoire.» Il sera prouvé, d’une manière éclatante, qu’en vertu de l’œuvre du Sauveur elle n’a conservé aucun pouvoir, même sur le moindre atome de la poussière des saints. Sa proie Ini échappe, sans qu’elle en puisse rien retenir. Toutefois la mort elle-même, ce dernier ennemi, ne sera abolie (1 Cor. XV, 26) qu’au moment où toutes choses ayant été assujetties sous ses pieds, Christ remettra le royaume à Dieu le Père. Alors, au seuil des temps éternels, la mort et le hadès seront jetés dans l'étang de feu. (Apoc. XX, 14.) . L’apôtre leur révèle ensuite, que le Seigneur lui-même, descendant du ciel, donnerait le signal du rassemblement des siens et de leur départ, si- | gnal transmis par l’archange, et proclamé par la trompette. Le départ s’effectuerait quand tous seraient réunis, les morts en Christ ressuscités étant les premiers au rendez-vous ; alors, tous ensemble partiraient à la rencontre du Seigneur sur ‘les nuées, et « ainst, ». dit l’apôtre, « nous serons toujours avec le Seigneur,» Quelle consolation
LA
dut remplir le cœur des Thessaloniciens à l’ouïe de ces choses !
Ce qu’ils avaient jadis encore à apprendre, nous le savons maintenant par la parole de Dieu. Il pourrait sembler que, devant une révélation aussi claire, les chrétiens de nos jours devraient attendre journellement le Seigneur. Hélas ! il n’en est rien. L’attente du Seigneur ne peut être une chose actuelle, si sa personne. elle-même n’a pas de réalité pour l’âme. Les chrétiens pourraient-ils dire aujourd’hui comme l’apôtre : « Nous, les vivants, qui demeurons jusqu’à la venue du Seigneur.» (IV, 15, 17.) Il ne dit pas « demeure-. rons ;» car cette venue est pour lui une chose présente, dont le moment peut n'être pas retardé au delà d’une vie humaine. Le chrétien: qui réalise son espérance ne s’attend pas à mourir : « Non pas, » dit-il, « que nous désirions d’être dépouillés, mais d’être revêtus. » (2 Cor. V, 4.) Il fallait à Pierre une révélation spéciale pour savoir qu’il mourrait. (2 Pierre I, 14.)
Ayant oublié la venue actuelle du Seigneur, on perd aussi de vue l’immengse importance de la résurrection. On s’habitue, sinon doctrinalement, du moins (ce qui est plus grave) en pensée, à considérer l’état de l’âme après la mort, comme l’état de perfection définitive-pour les chrétiens. On dit d’une âme délogée : « Elle nous a devancés auprès du Seigneur, » et l’on. n’a pas d'autre espérance qne celle d’aller la rejoindre après la mort,
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Les Thessaloniciens n'étaient pas proprement affligés de la perte qu’ils éprouvaient par le départ des leurs ; ils croyaient que ceux qui s'étaient endormis avaient fait eux-mêmes une perte, puisqu’ils ne se trouveraient pas avec eux quand Je Seigneur viendrait. Ils étaient affligés à la pensée qu'eux devanceraient les saints endormis, et seraient, avant eux, rendus semblables à Christ. Ils apprennent ici, non pas que leurs frères les avaient devancés, mais les devanceraient à la venue du Seigneur. La mort n'était pas pour eux la fin de la vie chrétienne, et le seul chemin pour entrer dans la béatitude céleste, tandis que, pour beaucoup de chrétiens qui placent la perfection dans l’état de l’âme séparée du corps, la venue du Seigneur c’est la mort, et le : « Viens, Seigneur, » signifie : être sur le point de mourir. « Ils nous ont devancés dans le ciel où nous les rejoindrons. » pensée dans le fond étrangère à la révélation chrétienne, quoique bien appropriée à la connaissance d’un saint de l’Ancien Testament. (@ Sam. XII, 23.) Or l’Écriture nous montre ici que nous ne nous rejoindrons pas dans le ciel, mais que nous, qui demeurons en vie ici-bas, serons enlevés avec les saints premièrement ressuscités, pour nous rendre ensemble auprès du Seigneur. Que, dans cet heureux moment, nous nous reconnaissions les uns les autres, je n’en doute pas (les disciples reconnurent bien sur la sainte mon: tagne, Moïse et Élie qu’ils n’avaient jamais vus);
mais la «consolation » n’est nullement dans ce fait qui préoccupe si souvent les chrétiens. Elle est dans le fait que nous irons ensemble à la rencontre du Seigneur, et que nous serons ainsi foujours : avec le Seigneur. Perdre la venue du Seigneur comme espérance de l’âme, c’est donc perdre beaucoup plus qu’on ne pense. C’est perdre de vue sa personne ; c’est envisager la mort comme fin du croyant ; c’est considérer l’état de l’âme après la mort comme l'état définitif du chrétien ; c’est oublier la résurrection d’entre les morts, ou plutôt la renvoyer au jour de la résurrection des morts et du jugement dernier ! Que de trésors perdus ! Et quand on cherche à réveiller les chrétiens à ce sujet, il ne manque pas d’âmes qui traitent la venue du Seigneur de chose secondaire. Secondaire ! quand c’est une vérité à laquelle tout se rattache, et sans laquelle il n’y a ni espérance, ni consolation véritable, ni assurance, tandis que, pour qui attend le Seigneur, sa venue est le signal de la résurrection, du rassemblement des saints, d’une
victoire entière sur la mort, d’une conformité éternelle avec lui !
Vilme MÉDITATION
La venue du Fils de l’homme.
(Matth. XXIV, 82-44; 1 Thess. V, 1-11.)
Ces passages nous présentent un aspect nouveau de la venue du Seigneur : son apparition cpmme « fils de l’homme, » pour juger les vivants sur la terre. Apparw autrefois en grâce, pour souffrir, pour être rejeté des Juifs et des nations, puis crucifié, le fils de l’homme, auquel Dieu a « donné tout le jugement,» reviendra, et la vengeance qu’il tirera de ses ennemis sera terrible. Matth. XXIV, - 1-81, décrit les signes prophétiques qui précéderont et accompagneront la venue du Messie, en rapport avec le peuple juif qui l’a rejeté. Ayant déjà montré dans un article précédent l’application pratique de la prophétie à nos consciences, je puis me dispenser d’aborder de nouveau ce sujet. ” Qu'il suffise de mentionner ici que les « signes » de Matth. XXIV n'ont aucun rapport avec le lever de l'étoile du matin, c’est-à-dire avec la venue du Seigneur en grâce, mais qu'ils précèdent . J'apparition du Soleil de justice. Il y aura sur la terre, au temps de la fin, un corps de témoins juifs, le vrai Israël, le « Résidu » de la prophétie, qui sera averti par des signes du jugement imini-
nent de ses persécuteurs, et de sa prochaine délivrance. En ce même temps, une innombrable multitude d’entre les nations (non pas hélas ! de la chrétienté apostate), sera convertie par «l’Évangile du règne.» Ces croyants accepteront pour Seigneur celui qui sera sur’le point de paraître comme fils de l’homme, juge et roi, et se soumettront à lui. Ils seront bénis pour avoir écouté et secouru le résidu d'Israël, au temps de sa tribulation. (Matth. XXV, 81-46.)
Les v. 22-44 du chap. XXIV, se rapportent aux disciples juifs de la fin. Le Seigneur leur dit : « Quand vous verrez toutes ces choses, sachez que cela est proche, à la porte» (v. 83) et : « Cette génération (juive) ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées. » (v. 34.) Cependant les vérités contenues dans ces versets dépasseñt de beaucoup la sphère du peuple d'Israël. Quand le fils de l’homme viendra, il ne trouvera le monde changé ni dans son caractère, ni dans ses occupations. Les hommes seront les mêmes qu'aux jours de Noé. « Dans les jours avant le déluge, on mangeait et on buvait, on se mariait et on donnait en mariage... et ils ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emporta tous. » Un seul, Noé, le huitième homme de foi, entra dans l’arche avec sa maison et fut «laissé,» pour devenir la souche d’une race nouvelle dans un monde purifié par le jugement. Il en sera de même à la fin des temps. Le jugement distinguera les justes des mé-
chants. Ces derniers seront « pris, » comme autrefois les hommes iniques, tandis que, pareils au juste Noé, les autres seront laissés.
Mais il importait tout particulièrement aw Seigneur, de faire connaître aux disciples qui l’entouraient, l’attitude qu’ils avaient à prendre à l’égard du retour du « fils de l’homme. » Ce serait un retour inopiné. Nul ne pouvait en savoir ni le jour ni l'heure, pas même les anges des cieux. Cette. connaissance était réservée au Père .seul. (v. 86.) La proximité de ce jour se révélerait par des signes (v. 83), mais tous en ignoraient la date. Ce qu’ils devaient savoir, c’est que le jour du fils de l’homme viendrait subitement comme un voleur. (v. 48.) Vous avez donc à veiller, dit le Seigneur, car le voleur vient dans la nuit, et « vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient. » Le fils de l’homme, dont la venue allait surprendre les hommes comme un voleur, n’a pas ce caractère ‘pour les disciples: il est leur Seigneur, et c’est lui qu’ils doivent attendre dans une continuelle vigilance.
Ces choses n: ’intéressent-elles que les disciples juifs ? 1 Thess. V, nous montre qu’elles g’appliquent aussi aux chrétiens. « Mais pour ce qui est des ue ot des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive. » Les Thessaloniciens connaissaient par la prophétie les signes de la venue du Fils de l’homme, en opposition avec la bienheureuse venue du Fils de Dieu, dont le chap.