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SURVEILLANCE DU CAL

En disant qu'il faut surveiller la formation du cal, nous voulons dire aussi aider et activer cette formation. Cette partie de la thérapeutique des fractures tent une grande piace dans la méthode de Lucas-Championnière, 1l la place au premier rang, et cela à juste titre.

Pour favoriser la consolidation. les moyens dont on dispose se réduisent à peu de chose, au seul massage. Pratiqué au début, le massage est évidemment dirigé contre les œdèmes et les épanchements sanguins qui manquent rarement. Mais plus lard, au cours de la deuxième semaine, alors que ces lésions ont disparu, le massage méthodique a une influence heureuse sur le périoste : l’irritation produite se manifeste par une activité plus grande des éléments constitutifs du cal. Mais encore faut-il ne pas abuser du massage, 1l peut produire des cals trop volumineux, chez certains individus, surlout chez les sujets jeunes, 1l est alors inuüle d'augmenter le travail d'ossification, celle-ci est déjà suffisante. On se méfiera surtout du massage dans les fractures para-articulaires comme celles de la tête humérale où l'ossification peut envahir les ligaments et les muscles. Les ostéomes du brachial antérieur relèvent souvent d'une hyperossificalon, produite à la

suite d’une fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus, ,

Il ne faudra pas non plus masser les fractures, lorsqu'il existe des thromboses veineuses dans la région. Le danger est grand et il faut s'abstenir lotalement de mobiliser le membre.

La question de savoir si le massage peut réduire un cal n'est pas tranchée par tous de la même façon, nous pensons que le travail d'usure est plus tôt réservé au jeu des muscles sur le point fracturé. M. CI. Martin fait mastiquer les fractures du maxillaire inférieur, pour exciter la formation du cal par la mobilisation, et pour limer celui-ci par le frottement du maxillaire ; dans les fractures des os longs, les muscles entourant le foyer auront souvent le même rôle.

Quelques chirurgiens cherchent dans, la médication interne, un adjuvant à la formation du cal : nous dirons peu de chose à ce sujet. Nous n'avons eu recours à ces moyens que dans des retards de consolidation : les sels de chaux, la thyroïdine etc... peuvent être administrés dans ce but, mais nous n'en n'avons jamais constaté d'heureux effets.

în somme, on a peu d'action sur la formation du cal, mais on peut en avoir beaucoup sur les complications qui l’accompagnent quelque fois. Celles-ci, en apparences banales au début deviennent parfois redoutables puisqu'elles retardent la convalescence : nous voulons parler surtout des enclavements musculaires et nerveux.

Si le membre fracturé est inclus dans un appareil plâtré, il'est difficile de faire quoi que ce soil, Toutes

LL OR les fois que l’on fera un plâtre nouveau, pour surveiller la position des fragments, il est indiqué de faire une séance de massage du cal et des muscles. On soulèvera ceux-ci, en essayant de les saisir manuellement et de les libérer de la masse de consolidation. Dès que l’attelle sera supprimée, cette manœuvre sera pratiquée quotidiennement.

Si au contraire la fracture est maintenue par une lraction continue, ces soins de surveillance sont plus faciles. On peut masser les muscles tous les jours, les soulever, les isoler. Une bonne pratique que M. Vallas recommande particulièrement est ce qu'il appelle l’auto-massage. Cette manœuvre consiste simplement à faire contracter les muscles de la région malade, en évitant toutefois les mouvements d'ensemble du membre qui pourraient mobiliser les fragments. En laissant la traction en place, on n’a rien à craindre de tout cela; à la cuisse, 1l est facile de faire contracter le quadriceps sans modifier l'attitude du membre; seule, la rotule subit une légère ascension ; de même, au bras, le biceps peut se contracter sans autre mouvement qu'une légère supination. Les malades peuvent faire cette exercice plusieurs fois par jour, évitant l'enclavement et l’engourdissement des muscles et ébauchant déjà l'usure du cal.

On a peu de prises sur les inclusions nerveuses, il faut patienter lorsqu'on voit quelques symptômes nerveux apparaître au cours de la guérison d’une fracture, il existe des guérisons spontanées, mais disons cependant qu’elles sont rares, habituellement :l faut pratiquer une libération sanglante.

MCE ERE

Petits soins de la convalescence.

Par les moyens que nous venons d'envisager, une fracture se consolide généralement bien, souvent dans une période courte avec le minimum de troubles trophiques, mais il en existe toujours quelques-uns. C'est pour rendre au membre son intégrité fonctionnelle et | son aspect extérieur normal qu'il est nécessaire de compléter le traitement parce que nous appellerons les petits soins de la convalescence.

Ces soins peuvent se résumer en quelques mots:il ne faut pas laisser reprendre au membre ses fonctions trop tôt,el les reprendre une à une.

S'il s’agit d'une fracture de jambe, on ne laissera pas lever le malade tout de suite, l’œdème apparaît vite, on doit régler la circulation nerveuse qui est troublée, il est nécessaire de recommander la station assise sur le bord du lit, les jambes pendant au dehors. Cette positon a le double avantage de rendre peu à peu aux veines la tonicité suffisante pour chasser leur contenu, et de faire jouer les articulations du pied et du genou. Les tractions sur Favant-pied avec la bande d'Esmarch, déraidiront vite la tibio-tarsienne. Les béquilles sont nécessaires, souvent même un tuteur dans le soulier.

Les individus porteurs de fracture bimalléolaires paraissant guéris, risquent beaucoup de voir reproduire leur déformation primitive si le péroné n'est pas soutenu ; un tuteur externe solide doit toujours leur être imposé pendant plusieurs mois.

Ces précautions varient du reste beaucoup avec les

cas, nous ne pouvons les passer lous en revue, nous les signalerons au cours de nos observations.

Au membre supérieur, la convalescence est plus simple: les articulations surtout sont à surveiller.

Les grands bains, simples ou sulfureux ont toujours un bon effet sur les malades ; ils rendent à la peau sa souplesse, aux muscles leur vitalité.

Quoique tout appareil de contention soit inutile, les patients trouvent agréables le port d'une bande de flanelle ou de crêpe Velpeau : cette bande rend un peu de sûreté aux muscles et prévient les troubles circula- Loires qui ne manquent jamais les premiers jours ; la tonicité du bandage remplace la tonicité absente des veines.

L’électricité et les frictions ne seront pas oubliées.

Il serait fastidieux d'étendre l'étude de ces petits moyens, mais nous ne saurions trop insister sur l'importance capitale qu'ils ont pour parachever la guérison. On peut gagner beaucoup de temps, on peut éviter les douleurs vagues et persistantes qui suivent les divisions osseuses. Si le chirurgien considère comme guéri un malade dont la fracture est consolidée, celuiei ne se considérera comme tel qu'autant qu'il aura recouvré l'usage de son membre et que rien ne lui rappellera son accident.

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