‹ Considérations pratiques sur le traitement des fractures des os longsChapitre 18 sur 31 · V.. , Jean, employé · texte numérisé non relu

V.. , Jean, employé

Le 2 septembre 1903, le malade rentre à l'Hôtel-Dieu pour une chute faite deux jours auparavant du haut d’une échelle, élevée de 2 mètres. Il est tombé sur la paume de la main, celle-ci étant en extension forcée. |

On constate une fracture de radius avec déformation typique en dos de fourchette; la main est déjetée sur le bord radial. Il est probable qu'il existe également une fracture de l'extrême pointe du cubitus. La réduction est facile. On met une attelle plâtrée et, le 10 septembre, on revoit le malade en bon état, et M. Vallas juge inutile de l’immobihser de nouveau,

en CT

OBsEervaTION XVI

Fracture de l'extrémité inférieure du radius.

GC .…., Marie, soixante-quinze ans.

La malade vient à la consultation de M. Vallas, le 22 Juin 1903, avec une fracture de l'extrémité inférieure du radius, présentant tous les signes classiques de celle-ci.

La déformation est moyenne, mais cependant très nette. La réduction se fait facilement, en fléchissant énergiquement la main, en même temps qu’on soutient le fragment inférieur. À cette flexion, on ajoute une inclinaison forte de la main sur le bord eubital. |

L'immobilisation est faite dans cette position avec une attelle plâtrée.

20 juin. — La malade revient; on enlève le plâtre. On constate que la fracture est bien Re et consolidée suffisamment pour que l'on puisse se contenter d'une simple bande de flanelle, comme moyen de contention.

OgsEervarTiON XVII

Fracture de l'extrémité inférieure du radius, avec déformation en dos de fourchette.

Alexandre B..., mineur, quarante-trois ans, Saint-Louis, nS 37.

Le 19 octobre 1903, le malade a fait une chute dans les escaliers ; il vient à l'Hôtel-Dieu, le 22 octobre. La fracture du radius est nette ; la déformation caractéristique.

On pratique immédiatement la réduction et on applique une attelle plâtrée dans la position habituelle.

Le plâtre est enlevé tôt, dix jours après. Mais l'extrémité inférieure du radius-est volumineuse, l'impotence fonction-

Le

nelle considérable, Le massage et les mouvements de l'articulation du poignet sont surveillés et pratiqués attentivement, et, grâce à eux, le malade peut quitter le service le 22 novembre avec un résultat fonctionnel excellent, sans déviation de la région inférieure de l'avant-bras, mais cependant avec un épaississement très marqué.

OBsERVATION XVIII

Fracture de l'extrémité inférieure du radius.

G... Clémentine, journalière, soixante-trois ans, Saint- Paul. é

Le 16 avril, la malade vient à l'hôpital pour une chute qu'elle fit trois jours auparavant. En tombant de sa hauteur, la malade se reçut sur la main droite en extension.

On constate un trait de fracture très net, siégeant à 3 ou 4 centimètres au-dessus de l'extrémité de l'apophyse styloïde. La déformation est peu marquée. On procède immédiatement à l'immobilisation pâr une attelle plâtrée en corrigeant la légère déviation constatée. La main est fortement fléchie, déjetée sur le bord cubital. Le 23 avril on enlève le plâtre pour permettre à la malade de reprendre ses mouvements. Il n'existe alors aucune déviation, sauf un certain gonflement de l'extrémité inférieure du radius. Les rapports de l'axe de la main et de l'avant-bras sont parfaitement conservés.

L'observation XIIT mérite d’être étudiée avec attention, étant donné ce que nous disions de ces fractures dans notre première partie. C’est un exemple frappant de lésion intéressant le tissu spongienx de l’épiphyse, détruisant la trabéculation de l'os, lésion contre

en — laquelle on ne peut rien, lésion qu'il est impossible de Corriger ui

Le résultat fonctionnel a été bon, mais le résultat esthétique désastreux ; c’est un pis-aller, auquel il faut savoir se soumellre, et il sera prudent, en présence de fractures de ce genre, de réserver son pronostic et de prévenir le malade de la possibilité d'une déformation persislanie et impossible à corriger.

À la suite de l'observation XIII, qui laisserait supposer que les fractures du radius ne donnent au chirurgien aucune satisfaction, nous en ajoutons quatre autres dont le traitement a donné un résultat parfait soit au point de vue fonctionnel, soit esthétique.

Dans tous ces cas, les manœuvres de réduction ont été les mêmes, souvent difficiles, nécessitant une anes-

- thésie générale, mais (toujours, nous avons pu arriver à faire disparaitre la déformation en dos de fourchette. Pour ceci, M. Vallas recommande de ürer et de fléchir énergiquement la main, non pas en saisissant uniquement celle-ci par la face dorsale, mais en embrassant en même temps le fragment inférieur, sur lequel on appuie fortement avec le pouce de la main qui réduit.

Il est nécessaire d’ajouler à cette manœuvre une pression vigoureuse, qui déjette la main sur le bord cubital. Lé premier temps de cette réduction s'adresse à la déformation en dos de fourchette; le deuxième à: la déviation sur le bord radial, qui ne manque jamais dans ces cas.

La réduction est souvent plus difficile qu'on ne croit et on comprend qu'il est souvent nécessaire d’avoir re-

CET es cours à l’anesthésie pour la pratique. C’est à cetle conclusion qu'est arrivée la Société de chirurgie de Lyon, en Juin 1904. |

La réduction étant faite, il n’est pas toujours commode de la maintenir et l’atitelle plâtrée doit être appliquée vite, pendant qu’un aide maintient la posilion que nous avons indiquée tout à l'heure.

Les attelles sont laissées peu de temps, fuit ou dix jours dans les cas moyens, car il ne faut pas oublier qu'une articulation est proche, que nous sommes dans le cas de fractures para-articulaires que nous avons déjà signalées, et que, par conséquent, il est urgent de s occuper de la mobilisation, aussitôt qu'il est possible de le faire.

Lorsqu'on enlève le plâtre après dix Jours, 1l est des cas où on a des doutes sur le maintien de la réduction, alors, il ne faut pas hésiter à faire une deuxième attelle.

Le massage et les petits soins de la convalescence ne devront pas être négligés, étant donnée la gravité des troubles fonctionnels, lorsque ceux-ci persistent. Il ne faut pas laisser les malades faire des efforts violents et leur recommander le port d’une bande de flanelle ou de crêpe Velpeau, qui assure une certaine contention en même temps qu'il donne, pour ainsi dire, un point d'appui aux tendons.

Dans deux de nos cas, il a persisté un épaississement de la région. On ne peut pas, cependant, considérer celui-ci comme une déformation vraie, et, même en supposant que cela en fût une, elle est moins disgracieuse qu'une déviation qui fait angle.

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