‹ Considérations pratiques sur le traitement des fractures des os longsChapitre 23 sur 31 · C... Victor, trente-sept ans, camionneur · texte numérisé non relu

C... Victor, trente-sept ans, camionneur

Le 6 juillet, le malade a été jeté à terre par un cahot de la voiture ; celle-ci lui a passé sur le pied.

Her . On l’amène à l'hôpital. Le pied tombe en arrière, adduction très marquée accompagnée de rotation en dedans. La fracture siège au-dessus de la malléole, le tibia est intact. La réduction se fait facilement par simple traction et relèvement du pied. La fracture ne se reproduit pas. Pas de plâtre. On se contente d'une simple goutti ère ouatée. Massage immédiat.

Guérison rapide. Le malade quitte l'hôpital le 30 juillet.

OBsErvarTION XXXII

Fracture du péroné au tiers inférieur.

D... Alexis, quarante ans, camionneur, Saint-Louis.

Le 24 décembre 1903, le malade est tombé, une voiture lui a passé sur la partie inférieure de la jambe. Il ne peut se relever et est conduit à l'hôpital.

On constate à son entrée un gonflement et une ecchymose considérables. Un seul point douloureux à 7 centimètres au-dessus de la malléole externe. Il existe à ce niveau une dépression suffisante pour porter le diagnostic de fracture. La crépitation est obtenue facilement.

Comme il n'existait pas de déformation apparente, on se contente de mettre le malade en gouttière ouatée et de le masser.

Le 24 janvier, le malade quitte le service complètement guéri.

Les observations XXXI et XXXII représentent le type des fractures faciles à soigner. Le tibia constitue une excellente attelle et, la plupart du temps, il est inutile de faire autre chose que du massage laissant, entre temps le membre malade dans une gouttière ouatée.

Il est quelquefois bon, si la fracture est bas située, d'assurer la solidité du péroné après la guérison par le port d’un soulier solide, portant sur sa tige externe un tuteur métallique.

OBsERvATION XXXIII Fracture sus-malléolaire.

Louise M..., trente-quatre ans, salle Saint-Paul, 10.

Le 19 décembre 1903, la malade fait une chute dans un escalier : la jambe en adduction est écrasée par le poids du corps.

On l'amène immédiatement à l'Hôtel-Dieu. Le cou de pied est tuméfié, deux ecchymoses couvrent les malléoles externe et interne. Le pied est en varus équin comme enroulé sur son bord interne, il tombe fortement en arrière. Par le toucher on découvre aisément le foyer de la fracture. Le diagnostic est en somme facile.

Le 21 décembre, après deux jours de repos en gouttière ouatée, le pied étant seulement soutenu et vaguement replacé en position normale, on procède à la réduction, elle est impossible sans anesthésie,

On pratique alors une anesthésie générale, et on réduit la fracture. Attelle plâtrée. Pied en varus exagéré. Le talon est fortement relevé.

25 janvier 1904. — Deuxième attelle, légère, que la malade quitte le jour pour se faire masser.

12 mars, — La malade est revue avec un excellent résultat.

OBsERvATION XXXIV Fracture sus-malléolaire de la jambe gauche.

G..., Louis, cinquante-six ans, voilier, Saint-Louis. Le 12 décembre 1903, le malade en montant sur un

== 68 — trottoir glisse et tombe, en même temps qu’il se produisait une torsion de la jambe en dedans.

Le malade est amené à l'hôpital immédiatement. La jambe est déformée, le pied tourné en dedans. On constate que le tibia est cassé à 6 centimètres au-dessus de la malléole, le péroné à 10 centimètres environ.

On place le malade en gouttière ouatée, en attendant qu'on ait la radiographie.

Celle-ci montre une fracture spiroïde du tibia. On met alors le malade dans une gouttière plâtrée. La réduction est difficile, nécessite une anesthésie générale, le 16 décembre.

Vingt-cinq jours après, on enlève le plâtre et on constate que la consolidation n’est pas faite et que la déformation a une tendance à se reproduire.

On refait une deuxième attelle, qui est laissée en place quatre semaines.

À ce moment, la consolidation est presque faite, mais le malade continue à souffrir.

On laisse la gouttière la nuit, mais le jour on l’enlève, pour pratiquer du massage, de l’électrisation et de la mobilisation articulaire.

Le malade reste longtemps dans le service et on l’envoie au mois d'avril à Longchêne.

Nous avons revu le malade en novembre 1904. Le résultat esthétique est bon, mais les douleurs persistent, et la boiterie est encore très accentrée. |

Les fractures sus-malléolaires ont été bien étudiées dans la thèse de Barberousse, Lyon, 1904, où M. Vallas a exposé ses idées sur ce sujet,

L'extension et le plâtre doivent être employés suivant les cas ; tout dépend des facilités à appliquer un

appareil à traction et du déplacement. Cependant, dans l'observation XXXIV, qui est, du reste, une fracture sus-malléolaire atypique, à trait spiroïde, nous devons faire remarquer combien il a été difficile de maintenir la réduction et de s’opposer à la rotation de la jambe qui ne cessait de se reproduire sie on enlevait l’attelle plâtrée. |

L'extension a été éssayée dans ce cas; elle n'a pas semblé donner une réduction suffisante, et il est probable que, traité ainsi, ce malade eût conservé une grosse déformation.

Du reste, quoi qu'on fasse, ces fractures sont très graves, longues à consolider, car la diaphyse de los est intéressée sur une grande longueur, et la statique de la jambe est fortement modifiée. On devra toujours en réserver le pronostic. |

Dans les fractures sus-malléolaires typiques, c’està-dire celles qui n'intéressent pas la diaphyse par un trait spiroïde remontant très haut, nous avons dit que la réduction était souvent difficile. M. Vallas admet en principe que, dans ces cas, il ne faudrait pas hésiter à faire une intervention sanglante pour les réduire, si les moyens habituels avaient échoué. Nous n'avons pas d'observations où l’on ait été contraint d'intervenir au moment de l'accident : nous n'avons que des cas qui ont été traités ainsi pour cals vicieux, et qui ne rentrent pas dans notre sujet. Il est probable que, chez'ces malades, en présence de l'impossibilité de réduire, on aurait pu faire mieux par la méthode sanglante.

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