‹ Considérations pratiques sur le traitement des fractures des os longsChapitre 29 sur 31 · FRACTURES COMPLIQUÉES · texte numérisé non relu

FRACTURES COMPLIQUÉES

Nous n'avons rien dit des fractures compliquées. pour ne pas entrer dans des considérations particulières. Il est cependant nécessaire de discuter cer- . Lains points qui ont pu être considérés de facon différente par différents chirurgiens.

Lorsque Lucas-Championnière opposa la méthode du massage au traitement par limmobilisation à outrance, il fit remarquer au début de son ouvrage que, dans les fractures compliquées, 1l était possible sans inconvénients d'appliquer sa méthode, prétendant que la seule chose dont 1l fallait se méfier était l’inoculaion. En principe, la chose est exacte, mais 1l est prudent de faire des réserves à ce sujet. Une fracture compliquée doit être toujours immobilisée au début : il faut attendre que la température parle. S'il ne se produit aucune élévation thermique ; après quelques jours, on est toujours à temps de commencer le trailement quel que soit celui que l’on adopte. Ces fractures ouvertes seront loujours placées dans une goutère ouatée recouvertes d’un pansement aseptique : après quelques jours, s'il n'existe aucune indication à intervenir : on pourra appliquer une attelle plâtrée ou placer une traction continue, suivant les cas. Cette dernière méthode est cependant avantageuse, car elle permet de panser la plaie plus souvent sans faire supporter

au malade des mobilisations intempestives. Mais, d'autre part, ilne faut pas reculer devant l'application d’un plâtre, car il est permis de laisser un foyer cruanté sans pansement pendant plusieurs semaines : quitte à surveiller de près les oscillations possibles de la tempéralure. Quant aux massages, nous pensons qu'il est nécessaire de lemporiser : on attendra la cicatrisation complète de la plaie ; les déchets épidermiques détachés sont loujours dangereux pour un foyer ouvert

S1, au contraire, la fracture compliquée s'infecte, si l'on est obligé de drainer le foyer et de faire des résecons d’esquilles, en général la question de l’extension continue ne sera pas posée. Pour les premiers jours, on se contentera de la simple gouttière ouatée, que l’on pourra remplacer par un plâtre ultérieurement. Ce plâtre sera transformé en appareil amovo-manovible et on pourra faire souvent de nouvelles attelles.

Nous nous en liendrons à ces simples considérations au sujet des fractures compliquées, pour conclure à l'encontre de Lucas-Championnière, qu'il vaut mieux pour celles-ci s'abstenir de mobilisation, et cela d'au tant plus catégoriquement qu’il n’y a plus de doute sur l’asepticité de la plaie ; il est toujours difficile de faire le diagnostic entre l’inflammation traumatique et l'inflammation d’origine microbienne.

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