‹ Considérations pratiques sur le traitement des fractures des os longsChapitre 9 sur 31 · ALT ESS · texte numérisé non relu

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Surveillance du cal, — Sa mécessite,

Lorsqu'une fracture est réduite et maintenue réduite, faut-1l s'en désintéresser ? C'est évidemment ce que l’on fait trop souvent. C’est cependant à ce moment qu'il faut redoubler de surveillance, et les cas sont fréquents où 1l faut changer de tactique, substituer un | appareil à un autre, au cours de la consolidation.

Nous ne voulons pas ici faire l'histologie du cal, c'est maintenant une chose bien définie, nous voulons simplement dire quelques mots de son évolution clinique ; ceci se borne à peu de chose : dès le sixième ou septième jour, la suture des fragments est ébauchée, mais elle est molle, non ossifiée, la radiographie ne décèle à ce moment qu'un peu de flou autour de la solution de continuité. Cet état est stationnaire jusqu'à la troisième semaine, et ce n'est que dans le courant de celle-ci que se fait la prise du cal, prise qui se fait comme la cristalhsation d’une solution saline sursaturée. Cette cristallisation est très rapide, elle se fait souvent en une nuit: M. Vallas a vu des malades porteurs de fractures dont les fragments étaient mobiles la veille, se présenter le lendemain avec une consolidalion suffisante.

Il faut cependant faire remarquer que la date de consolidation n’est pas la même pour tous les os. En règle générale, on peut dire que plus les os sont volumineux, plus la prise du cal est tardive ; d'autre part, plus on est près de l'épiphyse, plus la consolidation

est précoce ; le tissu spongieux semble réparer plus

SR vite les solutions de continuitè que le tissu compact des diaphyses. Nous reviendrons plus loin, sur les dates critiques de la soudure, en étudiant les observalions ; mais 1l est bon cependant d’en fixer déjà quelques-unes. L’humérus se consolide vers le dix-huitième jour, le péroné vers le quinzième, le tibia exige au moins trois semaines ; le fémur est lent à réparer ses fractures, 1l faut toujours compter trente à quarante jours. Quant aux lésions de l’avant-bras, intéressant le cubitus et le radius au niveau de la diaphyse, quatorze à quinze jours suffisent : pour l'extrémité inférieure du radius, dix jours sont nécessaires et suffisants dans les cas moyens.

Nous avons remarqué qu'au moment de la consolidation, de la phase aiguë de la prise du cal, les malades accusaient une légère douleur et surtout une sensation de chaleur intense au niveau du foyer de fracture. On peut certainement prévoir une consohdation proche quand les malades accusent ces phénomènes et redoubler de surveillance à ce moment pour éviter une consolidation vicieuse.

Ceci étant dit, l'attention du médecin {raitant, devra toujours être fixée sur l'évolution du cal, que nous venons d'étudier rapidement ; elle varie peu pour les mêmes os, si l'on exclut les maladies du cal et les retards de consolidation et... que nous laisserons de côté,

Pendant toute la période du cal malléable, les correclions de la réduction sont faciles, les mouvements légers que l'on imprime aux surfaces osseuses divisées en présence seront même recherchées, car elles ont

souvent, comme l’a bien montré Lucas Championnière, une influence heureuse dans la réparation de la fracture.

La surveillance du cal relève d’un certain nombre de petits moyens intéressants ; nous les examinerons plus tard, mais il faut montrer leur nécessité comme nous l'avons fait pour la réduction.

Les cals vicieux, les enclavements musculaires, ten- . dineux et nerveux surviennent habituellement dans les cas où on a abandonné la fracture à elle-même, après l'avoir réduite.

En ne tenant pas compte de la date de la consolidation, on s'expose à laisser reproduire des fractures, retardant ainsi la guérison. Il est certain qu'il faut toujours vérifier la solidité de la suture, mais encore faut-il se méfier des consolidations précoces parce qu'elles sont plus apparentes que réelles

Enfin, 1l est de toute nécessité de surveiller la consolidation pour commencer les soins de la convalescence. Une fracture est souvent plus longue à guérir complètement qu'à consolider : c'est une grosse affaire que de diminuer la convalescence, c’est ce qui fait les bons résultats fonctionnels el la conservation des formes

extérieures dépendant des parties molles.

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