‹ Considérations pratiques sur les névralgies de la faceChapitre 15 sur 30 · OBSERVATION QUINZIEME · texte numérisé non relu

OBSERVATION QUINZIEME

Névralgie du rameau lingual de la branche maxillaire inférieure.

Nous avons observé (dit Brewei ) un cas de tic douloureux chez un vieillard de soixante-quinze ans, qui y est demeuré sujet jusqu'à sa mort , c'està-dire pendant sept à huit ans encore. La douleur chez lui avait constamment son siège sur le côté gauche de la langue, à la partie la plus large. Il y avait des temps où elle se faisait sentir très fréquemment, et où le moindre mouvement, soit pour mâcher les alimens , soit pour parler, la faisait reparaître en excitant chez lui , quoiqu'il fut d'un naturel extrêmement patient , des contorsions pénibles à voir, mais qui n'avaient aucune apparence de spasme , ainsi que le remarque Fothergill. Souvent ses repas étaient dérangés par la crainte de ramener les paroxismes , souvent la même crainte l'empêchait de parler. L'examen répété de la langue n'y fit jamais apercevoir ni gonflement , ni ulcération , ni aucun corps étranger, dont on avait été jusqu'à soupçonner la présence. Nous voulûmes lui donner de l'extrait de ciguë; mais, soit qu'il ne pût pas avaler les pilules , soit qu'il ne voulût pas s'astreindre à prendre aucun remède d'une manière suivie, il fut impossible d'en obtenir aucun effet. Cependant il parut quelquefois recevoir du soulagement de l'usage interne des fleurs de zinc et de leur application sur la langue ; mais , quoi-

qu'il en convint, on ne pouvait le déterminer à y avoir recours aussi souvent qu'il aurait été nécessaire ; il se faisait un devoir de la résignation ; il cherchait à cacher ses souffrances à ses alentours , et il paraissait regarder comme inutile de s'occuper de remède à un âge aussi avancé que le sien (^Biblioth, gey^man, , tom. V, pag. 55).

On lit dans le deuxième fascicule des Memo^ y^abiL clini'c, de Reil , un cas qui paraît être assez analogue à celui-ci , bien que la douleur ne fût pas aussi nettement limitée ; nous y renvoyons le lecteur.

Nous négligeons les névralgies dentaires infélieures, proprement dites, et celles qui attaquent le tronc nerveux dans le trajet même du canal qu'il parcourt , pour arriver aux névralgies mentonnières , c'est-à-dire à celles qui l'atteignent à sa sortie par le trou de ce nom.

Plusieurs points de l'observation qui va suivre manquent de précision et seraient capables de jeter quelque incertitude sur le véritable siège de la maladie qui en fait le sujet, si d'autres renseignemens très positifs, qui s'y trouvent aussi, et l'opinion formelle de l'observateur, ne fournissaient, avec assez de sûreté, les moyens d'assigner, beaucoup mieux que ne le font les ternies mêmes dont il s'est servi, la valeur relative des symptômes, et le caractère ynimitif ou secondaire de chacun d'eux.

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