‹ Considérations pratiques sur les névralgies de la faceChapitre 29 sur 30 · OBSERVATION VINGT-SEPTIEME · texte numérisé non relu

OBSERVATION VINGT-SEPTIEME

Esche (François), âgé de trente-six ans, d'un

( 140 j tempérament bilieux, d'une constitution assez forte 5 n'ayant jamais contracté par contagion d'autre maladie qu'une gale, avait servi dans les armées pendant dix ans. Il reçut , en 1811 , en Espagne, un coup de stylet sur la bosse frontale droite, qui fut fracturée. On agrandit la plaie par incision, et on retira une esquille mince, étroite, et longue de plus d'un pouce. La blessure guérit en moins de quinze jours ; mais Esche ressentit depuis et conserva habituellement une douleur susorbitaire, avec affaiblissement progressif de la vue. Il obtint son congé, se relira chez lui , et y exerça quelque temps le métier de meunier. Ses souffrances s'accrurent à un tel point, qu'il résolut de se rendre à Montpellier, où il entra, en 1818 , à l'hospice de la clinique chirurgicale de la Faculté de Médecine. Il y reçut, pendant trois mois, les soins éclairés de M. le professeur Delpech , qui essaya , au rapport du malade , diverses méthodes de traitement. Les purgatifs et les vésicatoires à la nuque eurent quelques succès momentanés, sans que ces moyens révulsifs pussent détruire une douleur qui revenait souvent avec violence. Effrayé de la proposition qu'on lui fit de substituer un séton au vésicatoire , Esche sortit de Montpellier.

La douleur frontale était alors plus supportable qu'à son arrivée dans cette ville; la vue s'était même améliorée. Ce mieux fut de courte durée. Les souffrances se renouvelèrent avec plus d'in-

( 141 ) tensité, et furent peut-être accrues par ie chagrin d'un jugement qui conduisit ce malheureux dans la maison centrale d'Esses. Il y exerçait depuis dix-huit mois le métier, nouveau pour lui, de tisserand, supportant avec courage les angoisses de son état habituel , lorsqu'il se présenta à Finfirmerie, le 3 novembre 1821, ne pouvant résister davantage aux tourmens qu'il éprouvait.

Le malade présentait la physionomie la plus expressive d une douleur accablante ; son air trisle , pâle et abattu, annonçait le découragement; sa contenance était chancelante; ses forces paraissaient épuisées; le pouls était faible et lent; les sourcils , rapprochés avec force , comprimaient les paupières presque closes , gonflées , chassieuses et rouges sur les bords. îl éprouvait, au dessus des orbites , une douleur qui variait dans son mode et sa violence, suivant les époques du jour, et constamment aux mêmes heures. Aussitôt que le soleil se montrait sur lliorizon , Esche la ressentait d'une violence extrême, avec des élancemens leis, qu'il lui semblait , disait-il , que sa tête se fendait en deux parties ; alors cécité complète. Vers dix ou onze heures , le calme revenait par degrés , sans cependant effacer la douleur; la vue en ce moment se rétablissait assez pour que le malade distinguât les objets. Mais , à quatre heures du soir, elle s'obscurcissait de nouveau, au point que l'œil ne pouvait distinguer une personne; la plus vive lufiiière faisait à peine impression sur la rétine ; la pupille,

dans cet état , était très dilatée ; cependant la douleur sourde et continue du milieu de la journée n'augmentait point , et n'était accompagnée d'aucun retour des élancemens du matin.

Outre cette série périodique de souffrances, le malade éprouvait encore un autre genre de douleur à la périphérie de la tête. La sensibilité des tégumens en était si exaltée , qu'on ne pouvait promener la main sur les cheveux sans lui arracher des cris. La pression seule d'un bonnet de nuit devint intolérable.

Le malade fut mis a un régime en rapport avec l'état des forces digestives, et capable de remédier à l'épuisement général. Des potions fortement opiacées ne produisirent aucune sensation. Par condescendance pour la doctrine du jour plutôt que par conviction, en ce qui concerne les maladies nerveuses, le docteur Lalaurie chercha à dissiper la congestion sanguine locale, qu'auraient pu former et entretenir l'irritation et la douleur, par l'application de six sangsues au front, le 4 novembre, de dix, le 5 , et autant le 8 , lorsqu'on eut reconnu que le malade pouvait les supporter sans éprouver un trop grand affaiblissement. On mit en même temps en usage les pédiluves sinapisés, et un vésicatoire fut placé, le 7, à la nuque. Il y eut soulagement, diminution dans les souffrances, mais nul changement dans le retour et le caractère de la douleur, ni dans les phases de la vision. Le docteur Lalaurie ne crut pas devoir insister davantage sur les émis-

( 143 ) sions sanguines, persuade que la débiiilation qui en résulterait contrarierait le traitement qu'il se proposait de suivre , et auquel il ne voulait recourir qu'après avoir éprouvé l'insuffisance des méthodes ordinaires. Ce traitement consistait à porter un fort stimulus au centre du système gastrique. De tous les moyens, aucun ne parut plus propre h remplir cette indication que l'arsenic , à raison de la périodicité régulière de la névralgie. Les essais plus ou moins heureux des médecins anglais , par l'emploi de cette substance dans la migraine et autres céphalalgies, contribuèrent bien moins à décider le médecin dans ce choix, que l'expérience qu'il avait acquise de son mode d'action sur l'estomac, et les succès qu'il en avait obtenus dans le traitement des fièvres périodiques essentielles.

Le 1 0 novembre , on donna , le matin , au malade une pilule de la composition suivante :

Prenez : savon blanc, un gros ; oxide blanc d'arsenic, un grain ; pour 16 pilules.

Il but à la suite trois lasses d'eau gommeuse miellée.

Le 11 et le 12, même prescription.

Le 13, suppression des pilules , vin amer le matin.

Le 14, vin amer le matin, pilule le soir.

Du 15 au 20 , vin amer.

Le 23, une pilule.

Du 24 au 30 , huit gouttes d'éther suîfurique, le matin et le soir, dans une cuillerée d'eau.

Le 1^^ décembre, séton à la nuque.

A son entrée à l'infirmerie , le malade pouvait à peine manger le quart.

Le 6 novembre, il supporta la demi-portion. Le 15, il demanda avec instance les trois quarls, qu'il conserva jusqu'à sa sortie de l'infirmerie.

Après l'administration de la première pilule, le malade dit qu'elle l'avait calmé. Le lendemain , vue plus distincte; douleur frontale moins forte. A la suite de la troisième pilule , mieux sensible sous tous les rapports , mais chaleur sourde à l'estomac. La quatrième produisit de l'ardeur dans cet organe, et la douleur du iront disparut entièrement; la vue devint claire durant le jour, mais resta un peu obscure le soir, à la lueur du flambeau , quoique bien moins que précédemment. Le malade distinguait tous les individus dont auparavant il ne pouvait pas reconnaître le nombre.

On suspendit l'usage des pilules , à raison de l'ardeur qu'elles avaient produite dans l'estomac , et on leur substitua , pour soutenir l'excitation de cet organe, une cuillerée de vin amer deux fois le jour. On y eut encore recours , lorsque l'ardeur eut passé. L'effet en fut tel , que la névralgie cessa entièrement. La sensibilité des bulbes des cheveux , occasionée par le simple frottement, ne se fit plus éprouver, et la vue se rétablit, au point que le malade put passer un fil dans une aiguille. Elle restait cependant encore faible au coucher du soleil , et ne recouvrait toute son étendue qu'au retour de cet

( «5 ) astre sur l'horizon. Un état si satisfaisant se soutint jusqu'au 20 novembre. Le malade se plaignit alors d'engourdissement à la tête, et d'une certaine obscurité dans la vision. Craignant le retour de la névralgie, on donna de nouveau une pilule, le 21 , qui produisit le plus heureux effet. Le calme fut parfait : plus d'engourdissement , vue très claire , et , la nuit , sommeil aussi assuré que par un narcotique. Le surlendemain, il fut administré une nouvelle pilule, plus par précaution que par nécessité.

Pendant la durée de ce traiteuient, on a observé qu'à l'exception du premier jour, les pilules arsenicales ont chaque fois produit à l'estomac une légère ardeur, constamment suivie d'un soulagement très marqué.

On crut devoir entretenir quelque temps encore l'excitation de l'estomac , à l'aide d'une substance moins énergique. On fit prendre, dans cette intention, l'éther sulfurique, à dose modérée. Son action était prompte ; le malade ressentait immédiatement à l'estomac, pendant quelques minutes, une chaleur suivie presque aussitôt d'un bien-être parfait : l'éther fut supprimé le septième jour. On appliqua pour lors un séton à la nuque, afin d'assurer la convalescence. A cette époque, le malade était guéri; il avait repris des forces avec l'appétit; sa vue ne différait en rien de ce qu'elle était avant sa blessure, et nul sentioient de douleur ne venait troubler le calme dont il connaissait tout le prix.

Esche sortit de rinfirmerie le 9 décembre, reprit la vie commune de la prison , revint deux mois après, atteint du scorbut; guérit, sortit de nouveau , et n'a plus éprouvé le moindre symptôme de sa première affection.

C'en est assez sur un remède avec lequel on peut , comme on voit , obtenir des succès très remarquables , mais dont on est presque toujours forcé d'interrompre l'emploi avant la guérison de la maladie à laquelle on l'oppose , à cause des accidens qu'il détermine. Si l'on ne le rejette pas de la thérapeutique , comme le voudraient des médecins qui tombent peut-être dans un excès de prudence , du moins n'en faut-il user qu'avec une extrême réserve.

Il n'est point de médicament auquel on ait donné plus d'éloges que n'en a reçus , depuis quelques années , le sous-carbonate de fer contre les névralgies de la face. Ces éloges sont assurément bien mérités , puisqu'ils n'ont été donnés qu'à la suite d'observations de guérisons bien positives , obtenues par son moyen ; mais il est fâcheux qu'on n'ait pas publié, avec la même exactitude , les cas , nombreux sans doute, dans lesquels l'emploi de ce médicament a été sans résultats avantageux. Cela serait cependant nécessaire, pour qu'on sût lamesure de la confiance qu'on peut mettre en lui.

Hutchinson, qui dit avoir observé deux cents cas de tic douloureux , eiuploie le carbonate de fer

( 147 ) dans tous les cas où il n'y a aucun symptôme in^ flammatoire ; il en donne depuis un demi-gros jus^ qu'à un gros avec du miel , trois fois par jour. Il augmente progressivement les doses, et continue le remède pendant des semaines ^ ; Witlcke en a obtenu les plus heureux résultats. Il le donne à la dose d'un scrupule avec cinq grains de cannelle , trois fois par jour. (Hufel. Joarn, 1828. T. I.)

Les journaux anglais abondent en observations sur ses succès ; il serait superflu de les recueillir ici. Nesse Hill, au contraire, n'en a retiré aucun avantage ; Masius n'a pas été plus heureux , et nous-mêmes , nous l'avons vu échouer complètement, mais dans un cas qui lui était, il est vrai, peu favorable, l'estomac du malade n'en pouvant supporter que de faibles doses.

D . Traitement du tic douloureux à titre d'affection parement nerveuse,

La classe entière des anti-spasmodiques et des narcotiques pourrait être indiquée ici ; et , de fait, elle compte peu de remèdes qui n'aient été employés contre les névralgies de la face. Mais , dans le nombre , il en est quelques uns qui ont échoué moins souvent que les autres , et ce sont les seuls dont nous ayons à nous occuper; chacun saura retrouver les autres au besoin, dans les cas où il se

' Benj. Hutchinson, cases ofiievralgia spasmodica,commonly termed tic douloureux, succesfiillj treated. Londres,

verra forcé de mulLiplier ses essais et de varier ses ordonnances. Nous les énumérerons dans l'ordre que nous croyons être celui de leur efficacité relative.

Jasquiame.

A ce titre , nous plaçons en première ligne la jusquiame noire; elle le mérite, si c'est principalement à sa présence que les pilules de Méglin doivent leur vertu; car le traitement recommandé par ce médecin est certainement un de ceux qui comptent le plus de succès. Mais pour les obtenir, il faut ne négliger aucune des règles ou des précautions qu'il prescrit , soit relativement à la graduation des doses, soit sous le rapport de la constance qu'il faut mettre dans l'emploi du remède jusqu'à ce qu'il ait fait cesser la névralgie , et assez long-temps encore après qu'on a obtenu ce résultat. Voici la manière dont Méglin formule et prescrit les pilules qui portent son nom :

Extrait de jusquiame noire \

— de racine de valériane sauvage > aa 9 ij Oxide de zinc sublimé. ......)

Faites S. L. des pilules de trois grains.

Les malades commencent par une, et augmentent progressivement, l'un jusqu'à six, l'autre huit, l'autre quinze, etc., matin et soir , ayant soin d'arrêter la progression dès que les pilules causent

( 149) des nausées ou des symptômes d'une action trop vive sur rencéphaîe.

Lœbenstein Lœbel a vu la jusquiame noire procurer plusieurs guérisons ; M . Grimaud en a obtenu les meilleures effets en l'associant avec l'extractorésine de gayac et le camphre ; le docteur Dance s'en est servi plusieurs fois avec avantage; beaucoup d'autres médecins ont vanté son efficacité; mais d'autres aussi, et parmi eux Masius, l'ont vue ne pas procurer le moindre soulagement.

Belladone.

Herber, Stark. Schlegel et Struenhagen, sont les médecins qui ont le plus vanté Tefficacité de la belladone contre le tic douloureux. Plusieurs disent s'être bien trouvés de l'employer en lotions ou en frictions sur la partie affectée. Nous l'avons essayée ainsi chez deux malades, mais ni Fun ni l'autre n'a pu supporter ce moyen , ou plutôt les douleurs que causait le moindre contact n'ont pas permis qu'il fût véritablement employé.

On peut choisir, pour l'administrer, entre la poudre, qu'on donne àladose d'un à douze grains, ou la potion suivante :

% Extrait de belladone gr. iij.

Eau distillée de laurier cerise 5 ij.

On en donne de à^v^ à vingt gouttes, et plus , progressivement.

Datara s tramoniimi ,

Reacl et Marcet ont publie plusieurs cas de guérisons obtenues par le datura slramonium. Je connais plusieurs médecins qui assurent en avoir retiré les plus grands avantages, et qui vantent, en particulier, l'application des feuilles à Textérieur, sous forme de cataplasmes. Les formes sous lesquelles on a administré ce médicament, contre le tic douloureux , ont du reste été assez variées.

Lentin employait la teinture suivante, qu'il administrait à la dose de six gouttes chaque fois.

Seni. datât', stramon. 3 ij.

Vin. hispan. 3 viij.

Spirit. vin. 3j.

Digère per aliquot dies leni calore et filtra.

Velsen a vu la teinture de stramonium donnée à très forte dose, jusqu'à produire les premiers symptômes d'empoisonnement, guérir complètement une prosopalgie très opiniâtre. ( Hufeland's journal, 1823, t. 1.) Swan emploie l'extrait de datura stramonium à la dose de un demi-grain à deux grains, trois fois par jour. Kirkhoff préfère employer, de ce médicament, la décoction de ses feuilles qu'il donne jusqu'à produire la sécheresse dans l'œsophage , l'obscurcissement de la vuje , la dilatation des pupilles. Le même médecin en em-

( 151 ) ploie aussi la teinture à l'extérieur, sous forme de frictions , ou les feuilles en guise de cataplasme.

Aconit.

L'aconit a eu des succès très divers. Wiidberg , Hufeland, Guilmann, en ont obtenu de très bons effets. Schlegel, Harles et Masius n'ont pas eu le même bonheur. On a cru remarquer que dans les cas où l'aconit avait réussi , la maladie pouvait dépendre d'un vice goutteux rhumatismal ou herpétique. Ce serait donc particulièrement dans des cas de cette espèce qu'il faudrait y avoir recours.

Guilmann le combinait avec le soufre doré d'antimoine.

Assa Jœtida. ^

Dans les cas où ce remède a guéri la prosopalgie , il avait été employé concurremnaent av.ec d'autres substances médicamenteuses plus ou moins actives. Ainsi Jahn et Wiîdberg l'associaient avec la ciguë, la valériane , l'opium , etc. Il semble qu'on doive choisir pour l'employer les cas où le tic douloureux est lié, ou du moins coexiste avec quelque affection hystérique. Bréra l'emploie sous la forme suivante :

% Assœ fœtîdœ . ] ,

r^ , • (ina scrupulum unum,

Castorei . . . ) ^

Extract, valerian, sylvesl^ drachmam unam, Misce et fiant L a, boli num.

quatuor.

Sumantnr in die.

Caniph

re.

Le docteur Susemihl, au rapport de Masius , guérit presque sur-le-champ une prosopalgie d'origine rhumatismale, au moyen du camphre employé à très haute dose. Il en donnait jusqu'à un scrupule chaque fois, et répétait à plusieurs reprises. On administre assez souvent, dans les hôpitaux d'Angleterre , les bols suivans :

% Camphre j anaSi.

Conserve de roses. ) ' J* M. faites douze bols dont on prendra un toutes les quatre ou cinq heures.

Opium,

Il paraîtrait étrange que la liste des anti-spasmodiques ou des narcotiques fût ici fermée , sans qu'il y fut question de l'opium. Cependant, si l'on ne considérait que le nombre infini de médecins qui se sont plaints de son inefficacité, ou même de la nullité de son action contre les névralgies de la face, cette exclusion n'aurait rien que de fort naturel. Toutefois, si l'on y réfléchit d'avantage, on sera tenté de supposer que l'opium n'a reçu des reproches beaucoup plus nombreux que tous les autres narcotiques , que parce qu'il a été employé infiniment plus souvent, contre une maladie qu'on peut dire au dessus des ressources de la médecine dans la majorité des cas. Quoi qu'il en soit, nous ne

( 153 ) tairons pas qu'on a vu quelquefois l'usage trop prolongé de i'opium aggraver sensiblement le mal.

E. Traitement par la méthode révulsive ou perturbatrice.

On peut encore placer, si l'on veut, dans la classe des moyens rationnels, l'emploi des vésicatoires et des moxas. Quoique Brieude , au rapport de Thouret, recommandât beaucoup les vésicatoires, presque tous les médecins qui les ont employés se plaignent qu'entre leurs mains ils ont complètement manqué leur effet. Ce n'est pourtant pas le courage el la constance qui ont manqué ëans leur emploi, car plus d'une fois on les a appliqués jusque sur la joue, ce qui était acheter bien cher le peu de soulagement qu'ils ont procuré.

On connaît trois ou quatre cas de guérisons par le moxa ; mais tous sont dus à M. Larrey ; et Ton sait que les confrères de ce chirurgien célèbre n'ont pas toujours vu se reproduire dans leur pratique les merveilles qu'il avait obtenues dans la sienne.

F . Traitement dirigé conti e les complica tions .

Ne pouvant tracer ici la marche à suivre dans les cas de complications du tic douloureux , ce qui serait faire l'histoire particulière du traitement de toutes les maladies qui peuvent coexister avec lui, en être l'effet , ou le tenir au contraire sous leur

dépendance , nous nous bornerons à dire que cet objet mérite la plus grande considération, et qu'il ne faut jamais négliger de combattre, par des moyens appropriés, toute affection quelconque dont le sujet névralgique peut se trouver atteint , tant légère soit-elle, et quelque étrangère qu'on puisse la supposer à la maladie principale. On est quelquefois étonné de voir une prosopaigie, qui causait des douleurs horribles , disparaître en même temps qu'une légère inflammation chronique de quelque viscère, qui avait paru mériter à peine qu'on s'en occupât. Il faut se tenir pour averti à cet égard. C'est par cet avis que nous terminerons tout ce que nous avions à dire sur la thérapeutique rationnelle du tic douloureux.

Thérapeutique empirique.

Passons aux moyens que l'on ne peut recommander qu'à titre de moyens empiriques , et dont l'emploi ne se fonde que sur la considération des succès qu'on en a obtenus, sans qu'on sache de quelle manière ils ont pu agir pour les procurer.

Nous les distinguerons en médicamens qui s'administrent intérieurement, et en apphcations extérieures.

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