‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 114 sur 133 · Dr Brossier, loc. cit · texte numérisé non relu

Dr Brossier, loc. cit

SANATORIA

de mortalité annuelle fournie par l’ensemble des effectifs de l'armée métropolitaine, et sensiblement égale à la mortalité moyenne des effectifs présents en Tunisie (12,2 pour mille) ou en Algérie (18,16 pour mille) en temps normal '.

Ces chiffres se passent de commentaires, et aucune théorie ne peut prévaloir contre des faits aussi probants. Il était donc possible de trouver à cinq jours de Majunga un bénéfice presque égala celui qu’on ne croyait trouver que dans le rapatriement.

Mais, a-t-on dit, il y avait le bénéfice moral, dont il fallait tenir grand compte. « Il suffit... d’avoir vu et entendu les malades du corps expéditionnaire, pour savoir que tous ne formulaient qu’une demande, ne caressaient qu’un rêve, rentrer enFrance, et retrouver au- plus tôt l’air natal, la vue du pays et les soins de la famille. Cette observation est si vraie que l’interdiction, justifiée cependant, de continuer les rapatriements pendant les mois les

plus chauds, provoqua chez les malades de véritables accès de désespoir 2. »

\oilà un état moral bien fâcheux, que nous dénonce le rapport officiel lui-même. Ces accès de désespoir ne se produisent que lorsque le rapatriement est la seule chance de salut. Il fallait en donner d’autres, et assurer des soins suffisants à tous lesmalades. La démoralisation ne se serait pas emparée de ces cohues de malades, composées de braves que le seul bruit de quelques coups de fusils suffisait à ranimer et à galvaniser. Comme poussés par une force surnaturelle, ils ressaisissaient alors leurs armes, poui atteindre et combattre un ennemi sur lequel leur valeur aurait plus de prise que sur cette fièvre ter-

1. Conférence du D' Lagnéau, France Militaire, des 11 et 17 juin

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