Rapport officiel
414 l’expédition de Madagascar
rible, ce « Tazo » invisible qui les frappait sans qu’ils pussent se défendre, sans qu'on sût les défendre.
Comme la remarque en a déjà été faite à maintes reprises, les rapatriements directs et généralisés découragent ceux qui restent, et poussent les hommes à rechercher le rapatriement. S’il fallait admettre que tout homme, une fois impaludé, devait définitivement rentrer en France, il aurait fallu, en bonne logique, remplacer le corps expéditionnaire entier au bout de deux mois, car tout le monde avait été atteint, à peu près, à cette époque.
La première mesure à prendre était de leur assurer des soins convenables sur place. Ensuite une sélection devait être faite parmi ceux qui présentaient une maladie persistante ; envoyer les plus malades à la Réunion ; les malades moins graves à Nossi-Comba ; mais surtout les soigner en temps opportun, sans attendre que la cachexie fût développée. Un grand nombre auraient pu rentrer dans le rang. Les autres, ceux qu’un séjour prolongé dans les hôpitaux du littoral de la Réunion d'abord, dans les hôpitaux et les dépôts de convalescents des hauteurs ensuite, n’auraient pas suffisamment rétablis, auraient été renvoyés en France dans de bonnes conditions. Un transport du type Shamrock , affecté à ce service, aurait fait le voyage de Saint-Denis à Toulon en vingt jours au plus.
Sur 986 malades traités à la Réunion, il y a eu 14 décès et 243 hommes rapatriés après traitement ; au total, un déchet de 23 p. 100. — 75 p. cent des hommes traités se sont rétablis suffisamment soit pour reprendre du service à Madagascar, soit pour faire du service dans la colonie L