Rapport officiel, page
ville, au prix même d’une traversée de quatre jours. — Ils n'avaient eu jusque-là que deux voies ouvertes : être maintenus à Madagascar, ou être rapatriés. Lorsque la voie du rapatriement leur fut fermée, il est certain qu'ils auraient pris avec joie une troisième voie ouverte, celle de la Réunion, qni leur offrait tant de chances de salut. — Mais ils ne la connaissaient pas ; elle est restée fermée pour eux.
La conclusion de l’étude du Dr Brossier mérite d'être méditée :
« Tel est le rôle joué par la Réunion pendant l'expédition de Madagascar. Ce rôle aurait pu être beaucoup plus important ; les ressources de celte île le permettaient. Deqfius si l’on compare les résultats heureux, dus à la salubrité de son climat au déchet si considérable qui a eu lieu, lors des évacuations en masse sur la France (un millier environ), on se demande s’il n’eût pas été préférable d’évacuer sur cette colonie les plus malades, ceux qui n’avaient plus la force de supporter ce long voyage de rapatriement, surtout à bord de navires encombrés, et aussi ceux qui ne trouvaient pas place dans les hôpitaux de Madagascar.
« Ce voyage de quatre jours, même par une mer houleuse, n’eût-il pas été préférable pour ces rapatriés épuisés, au passage de la mer Rouge ? Tout porte à croire que beaucoup auraient pu se rétablir suffisamment pour être évacués ultérieurement par petits paquets, dans les meilleures conditions b »
Si les ressources de la Réunion ne furent pas utilisées à cet effet, les hôpitaux et casernes de Nossi-Bé servirent à abriter un certain nombre des plus malades. La valeur sanitaire de Nossi-Bé est connue.