Rapport officiel
426 l’expédition de madagascah
El cependant <m était pénétré de l'idée de l'inefficacité des sanatoria, et il était logique et prudent de remédier à cette inefficacité admise, en préparant de longue main des moyens de rapatriement, en faisant effectuer des voyages réguliers et fréquents , par des navires spéciaux, sur cette route de France dont Nossi-Comba ne de\ait étriqué la première étape. Avec un sanatorium insuffisant, il n’y avait pas de navires convenables pour recevoir les malades. Si l’expérience des guerres coloniales n a pas démontré l’inutilité des sanatoria, elle a, par contre, établi la nécessité indiscutable de navires spéciaux pour recevoir les rapatriés.
Il y a lieu de remarquer en passant que les affrètements principaux, et les expéditions considérables de malades se font précisément aux mois d'août et de septembre :
Shamrock , départ 15 août;
Concordia, départ 20 août;
Canton , demande d’affrètement, 21 août ; départ 24 septembre ;
Ville-de-Metz, demande d’affrètement, 21 août ; départ 27 septembre ; -
Cachar , demande d’affrètement, 21 août ; départ 14 octobre.
Or, le 22 septembre, au moment même où le Canton et la Ville-de-Metz se préparaient à quitter Majunga, une note était communiquée à la Presse, dans laquelle il était dit : « La phase dangereuse du rapatriement est la traversée de la mer Rouge ; aussi le général Duchesne a-t-il reçu,
dès le commencement d’août, l’ordre de ne plus faire partir de navires de malades depuis le 30 août jusqu au commencement d'octobre.... Sur les instances répétées du général Duchesne, le Ministre compte faire reprendre très activement les rapatriements des convalescents et mala-
RAPATRIEMENTS
des transportables, dans le commencement d'octobre 1 ».
La mortalité très élevée présentée par les premiers navires de malades , avait soulevé une extrême émotion en France. On attribuait ces décès aux chaleurs excessives subies dans la traversée de la mer Rouge ; et pour calmer cette émotion on croyait pouvoir supprimer les rapatriements pendantla fin du mois d’août, le mois de septembre et le commencement du jnois d’octobre. Cette résolution ne reçut pas son exécution, et les navires continuèrent à s’acheminer vers la France (2 au mois d’août ; 2 en septembre ; 2 en octobre).
Il ne pouvait pas en être autrement. Que pouvaient faire le commandement et le corps médical, des huit mille malades qu’ils avaient sur les bras, et dont la moitié seulement pouvait être logée, s’ils ne pouvaient plus les renvoyer en France ?
Nossi-Comba n’avait plus de place depuis longtemps. Restait la Réunion, avec « son supplément d’hospitalisation mis à la disposition du général, Duchesne ». Les 218 lits restés vides dans les hôpitaux, à la Réunion, ainsi que les 800 places disponibles dans les casernes, restèrent sans emploi. — Cette précieuse ressource n’étant pas utilisée, force était bien de renvoyer les malades en France à tout prix, sans se préoccuper de la saison. La traversée de la mer Rouge est, en effet, particulièrement dangereuse pour les malades rapatriés pendant les mois les plus chauds de l’année. Mais ce danger de quelques jours (o jours au maximum), est encore préférable à la prolongation du séjour à Madagascar.
En réalité, la mer Rouge offre toujours des dangers quand les navires sont mal emménagés, et contiennent un trop grand nombre de malades. C’est là que résidait le