hommes
Cette différence représente le chiffre des morts et des rapatriés, à la date du 1er janvier 1863.
Les nouvelles troupes arrivaient trop tôt, car elles allaient débarquer avant rétablissement de la saison fraîche. De plus le service des transports était tout à fait insuffisant et hors d’état d’assurer le ravitaillement des troupes à l’avant. En effet les équipages du train se
composaient seulement de :
61 chariots de parc, 83 voitures régimentaires, 1 toitures articulées, soit: 138 voitures.
6 loyers de campagne ;
83 litières ;
490 cacolcts.
Soit 2 litières ou cacolets pour cent hommes de l’effectif total et 3 voitures du train pour mille hommes de l’effectif.
Ce nombre de voitures ne permettait pas de transporter les approvisionnements qu’il fallait encore pendant
CAMPAGNE DU MEXIQUE
quelque temps amener de la Vera Cruz. Par suite de cette incurie, les mouvements de l’armée furent entravés dès le début.
Le général Forey était arrivé le 21 septembre 1862 à la Vera Cruz, un mois avant l’arrivée du corps expéditionnaire. Nous allons voir que l’arrivée du général en avant de ses troupes fut profitable à ces dernières. Elles avaient d'abord été débarquées à la Martinique pour s’y reposer des fatigues delà traversée et permettre l’assainissement des navires qui les transportaient. L’état sanitaire de la côte était très mauvais à ce moment.
Le général Forey arrivait escorté d’un bataillon de chasseurs qui débarqua avec lui et séjourna à la Vera Cruz du 21 septembre au 12 octobre. Au bout de ce temps, ce bataillon avait déjà 200 hommes à l’hôpital : il restait 515 hommes valides. Lorsqu’il fallut se mettre en marche, les hommes restés dans les rangs étaient si affaiblis qu’il fallut « faire porter les sacs sur les mulets1 ». Les hommes portaient donc toujours leur sac! 175 hommes furent laissés à la Soledad où l’escorte séjourna pendant quelque temps. Le nombre des décès augmenta rapidement. Enfin, à l’arrivée à Orizaba, il n’y avait plus que 10 hommes valides au bataillon de chasseurs ; 112 hommes se traînaient avec peine derrière la colonne ; 70 étaient portés sur des mulets ; cela faisait un total de 192 hommes présents. Tous les autres étaient morts ou dans les hôpitaux. Voilà une marche plus désastreuse encore que celle des troupes de marine de l’amiral Jurien de la Gravière. C’est que les chasseurs comme les marins, avaient séjourné trop longtemps à la Vera Cruz et, ainsi déjà épuisés, avaient exécuté dos marches avec une charge trop lourde sur leurs épaules avant que la mauvaise saison fût terminée. De plus, ces