‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 3 sur 133 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

connus et parfois mal interprétés, se répandaient dans le public. Jamais la nation n’avait suivi avec une pareille anxiété les événements d’une guerre d’outre-mer. A l’enthousiasme du début aVait succédé une vive inquiétude. Des protestations s’élevaient sans discernement contre les mesures prises.» Le but à atteindre était perdu de vue.

L'opinion publique, affolée par le chiffre des pertes, déjà énormes, qui lui était donné jour par jour, réclamait des dispositions préservatrices, elle récriminait,

exigeait, accusait. Les adversaires de l’expansion coloniale

devaient de nouveau la voix et déclaraient que cette conquête ne valait pas un tel prix. Des projets de réforme ou d’organisation de l’armée coloniale étaient de nouveau mis en avant, et une solution définitive était réclamée avec instance.

Puis arriva la nouvelle du succès final : le drapeau français flottait à Tananarive, la paix était signée et la guerre terminée. Une détente brusque se produisit; plus d accusations, plus de colères. Enfin c’était fini ! Et dans la joie de cette fin glorieuse le silence se fil vile sur les douleurs passées... sur les erreurs, et sur les réformes.

11 est du devoir de ceux qui ont vu les événements de près, de ceux qui ont pu mesurer, grâce à une longue expérience, l’étendue et la répétition des fautes commises, de réveiller ces souvenirs douloureux, d’indiquer les erreurs avec persistance, et de réclamer sans relâche, avec obstination, les réformes qui doivent en prévenir le retour.

G est dans ce but que ces lignes ont été écrites. L’auteur, éloignant l’accusation fausse et irritante, écartant le blâme stérile, n’ayant en vue que la recherche de l’erreur, a examiné avec impartialité, à la lueur du pur patriotisme et d’un ardent amour pour l’armée, les événements deAladagascar , et analysé les enseignements qu’ils

comportent. Il s'est renfermé dans l’étude des principales questions sanitaires et des faits qui s y rattachent . pour agrandir leur portée il s’est efforcé d établir un parallèle entre la conduite de cette guerre coloniale et celles des guerres coloniales qui l’ont précédée, afin de retrouver la persistante des causes dans la persistance des effeLs, et de constater l’efficacité de certains remèdes déjà éprouvés.

Les travaux actuels de la commission de larmée coloniale donnent aux études de cette nature une opportunité augmentée encore par la publication du rappoi t officiel de l’expédition, rapport écrit avec une clarté, une équité, un respect de la vérité qui en font un document rare et précieux entre tous. C'est la première fois qu'un exposé aussi complet d une expédition lointaine est lixré à la publicité et au libre examen. Cette sincérité sera utile au bien public. Sur cette base la discussion peut s ouxiii .

L’auteur de ce travail a voulu à son tour taire connaître son avis. C’est celui d’un homme qui vit depuis de longues années près de nos soldats, dans leurs campagnes et leurs garnisons sous les tropiques, qui a pu mesurer leurs besoins et leurs mérites, qui a apprécié lui-même les conséquences des erreurs capables de compromettre les meilleures entreprises coloniales. Parfois la critique pourra paraître un peu aiguë, mais l'intention de l’auteur est de guérir, et non de nuire. 11 ne recherche que le bien de nos soldats.

Justice et hommage doivent être accordés aux bonnes volontés, au courage, à l’indomptable énergie des hommes qui, à un degré quelconque, participèrent à l’expédition ; mais, sans retards nouveaux, il faut combattre et réformer les institutions et les pratiques, causes véritables des erreurs qui font payer si cher à nos soldats les conquêtes el la gloire qu ils donnent a la V rance.

NOTIONS GÉNÉRALES

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