CAMPAGNES DANS LE SOUDAN FRANÇAIS
Les campagnes faites dans le Soudan pendant ces trois années sont particulièrement intéressantes par les procédés nouveaux employés dans ces expéditions renouvelées chaque année depuis 188(1, et aussi par les résultats acquis.
Organisation. — Bien que l’effectif des troupes mises en mouvement soit très peu considérable, les enseignements qui se dégagent de ces expériences ont une portée générale qui ne permet pas de passer sous silence les opérations dirigées par un officier de grande valeur et dont l'autorité est grande dans les affaires coloniales : le général Galliéni.
Le (1 octobre 1886, le colonel Galliéni reçoit le commandement des troupes dans le Soudan. Une expédition doit être dirigée vers Diamou dans une région inconnue, à 250 kilomètres au sud de Bakel.
Connaissant l’importance de la période d’organisation et de préparation dans les expéditions coloniales, le colonel mit un grand soin à prévoir tous les détails de cette campagne.
La composition des effectifs était la question capitale. En raison de l'insalubrité notoire du climat qui donnait une mortalité moyenne annuelle de 22 à 28 0/0 deeffectifs, le colonel Galliéni se contenta d’une forte compagnie d’infanterie de marine divisée en deux pelotons. Chacun d’eux était attaché à l’une des deux colonnes en formation et servait de réserve : tous les Européens étaient montés à mulets. « L'Européen ne marche pas dans le Soudan », tel était le principe qui guidait ce chef éclairé. Le reste de la colonne était composé de quelques artilleurs ou ouvriers et de conducteurs et tirailleurs sénégalais.
La première colonne, concentrée à Arandou. comprenait :
Officiers
Soldats j eU™P.éenS ' ( indigènes . .
Chevaux
Mulets
/ 2 médecins.
\ 9 infirmiers 1 Ambulance 8 porteurs ) I 6 mulets.
V 2 chevaux ’.
indigènes.
La deuxième colonne fut concentrée à Diamou. distant de 2Û0 kilomètres d’Arandou. Elle avait la même composition que la première.
Dans les camps de concentration les hommes furent logés dans de vastes gourbis très espacés et installés à l’ombre des arbres. Les bêtes de somme étaient aussi logées sous des abris.
Il importait d’assurer une nourriture suffisante pour les Européens, en particulier une ration bien régulière de vin et de viande fraîche. La région était dévastée ; ses habitants avaient été chassés par le marabout. On accumula un mois de vivres pour les deux colonnes à Sénédoubou où les tirailleurs construisirent des gourbis de
1. Une colonne dans le Soudan Français, par le colonel tialliéni . Journal des sciences militaires.