‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 42 sur 133 · CAMPAGNE DANS LE SOUDAN FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DANS LE SOUDAN FRANÇAIS

paille comme magasins. A 100 kilomètres de Sénédoubou el à 140 de Diamou, on prépara un deuxième dépôt de vivres pour dix jours, à Bouteu. La concentration des vivres en ce point, opérée au moyen de mulets, ânes et porteurs, fut rendue particulièrement difficile en raison de la nature montagneuse et rocheuse de la région ; chaque homme emportait avec lui quatre jours de vivres sur un mulet. Le convoi de vivres était ainsi diminué ; de plus il n'y avait pas de cacolets aux ambulances, puisque chaque Européen avait déjà sa monture. Les bâts furent transformés pour faire office de selles. Après de courts exercices, les soldats d’infanterie furent promptement familiarisés avec ce mode de transport. Ils étaient toujours dispos pour faire le coup de feu. Il y avait un conducteur indigène pour 3 mulets.

Opérations. — - La période de préparation dura du 13 novembre au 10 décembre. La première colonne arriva à Sénédoubou le 14 décembre, et en repartit le 16, après trois jours de repos. Du 18 au 25 la première colonne marcha tous les jours, faisant des étapes de 14, 15, 23, et jusqu'à 42 kilomètres. Le départ du bivouac s’effectuait tous les jours vers 4 heures ; ou s’arrêtait avant 9 heures ; au plus tard à 11 heures. Le 25 décembre elle arrivait à Diana; les deux colonnes, qui avaient opéré leur jonction revinrent ensuite en arrière ; elles arrivèrent à Kayes le 23 janvier.

Au total la première colonne avait parcouru, du 12 décembre au 23 janvier, 531 kilomètres en 29 jours ; la deuxième colonne en avait parcouru 526 en 28 jours ; soit, en moyenne, des étapes de 18,3 et 18,7 par jour, accomplies dans des pays inconnus et sans route.

Le service des vivres fut toujours assuré ; chaque jour on put donner aux Européens la ration de vin qui leur

est indispensable. En quarante jours, il mourut 3 hommes.

Deuxième colonne. 1887-1888.— L'année suivante une autre expédition partit, le 28 décembre (1887), de ) Galongo, à deux étapes de Diamou.

Les 30 soldats européens de l’infanterie de marine * appelés à faire partie de cette colonne très peu nombreuse, avaient été choisis avec un soin spécial parmi trois cents volontaires du lor régiment. Les 35 ouvriers de la compagnie d’artillerie avaient été désignés avec moins de recherches. Arrivées à Dakai; le 14 octobre, les troupes partirent le 18 du même mois pour Rayes, sur un aviso de flottille. Les spahis suivirent ; mais leur voyage sur le fleuve fut pénible, parce que les chalands qui les transportaient n’avaient aucun moyen de protection contre le soleil et la pluie.

La colonne fut concentrée à Diamou ; les hommes logés dans des gourbis recouverts de paille. Des accès de fièvre fréquents se déclarent parmi les Européens pendant leur séjour à Diamon. Sur 124 hommes 5 décès se produisent. L’hivernage s’était prolongé au delà des limites normales, et le camp de Diamou est entouré de marécages. Les 243 soldats indigènes furent plus épargnés: 1 seul décès se produisit pendant cette même période ; et, tandis. que les Européens présentaient une morbidité moyenne journalière allant de 7,0 jusqu a 1 1.3 0 0, les indigènes offraient une morbidité moyenne journalière de 2 à 0 0/0. Six Européens furent rapatriés, et 16 laissés sur l’arrière.

Arrivés à Galougo, la situation s améliore: la morbidité des Européens descend à 8 0/0 pour les ouvriers d artillerie et. 2 0/0 pour l’infanterie ; à 1 0/0 pour les. soldats indigènes.

Tous les hommes sont soumis à 1 absorption journalière de vin quinine à O gr, 10: des distributions d aliments

Page 1