Madagascar , par le D' Jean Lémure
s’abaisser dans les mêmes proportions et être bien inférieure à 81 p. 1.U00 pour se rapprocher de 14 p. 1.000. le dernier chiffre donné par M. Cartier.
On en trouve une autre démonstration dans l'abaissement rapide du taux de la mortalité de 1884 à 1885 dans la petite garnison laissée à Majunga pendant la lre expédition. En 1884 on constate 60 décès p. 1.000 effectif 250 hommes i). En 1885, après quelques améliorations, la proportion des décès n’est plus que de 32 p. 1.000 effectif 250 hommes). Ainsi en une année et bien que les installations fussent précaires, la mortalité était tombée à 32 p. 1.000. Cela concorde avec la progression favorable obtenue à Diego. On est par suite en droit d’admettre que la mortalité à Madagascar est inférieure en temps normal à celle du Sénégal et que, par suite, l'insalubrité du littoral de Madagascar esL moins grande que celle du Sénégal. A l’appui de ces observations, le Dr Borius fait remarquer que déjà en 1870 un bon nombre d'Européens pouvaient vivre depuis 25 ans dans les différents comptoirs de la côte occidentale de Madagascar ainsi qu’à Tamatave et à Sainte-Marie. La plupart d’entre eux étaient cependant impaludés et vivaient en dehors de toutes les lois de l’hygiène2.
Il faut se garder de confondre l'insalubrité qu'entraînent ou provoquent les remuements de la terre nécessités par des travaux de route ou de construction, les privations, les fatigues d’une campagne de guerre, avec la situation normale qu’on ne peut observer que^dans l’état de paix et dans les établissements permanents. A défaut des notions précises tournies sur ces questions par l’hygiène tropicale, on peut se souvenir que l’occupation de Sainte-
1. Extrait du rapport médical du D' Trucy, Arch. de méd. nav., t. XLV1I.