‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 59 sur 133 · EXPÉDITIONS, OCCUPATION, TENTATIVES DE COLONISATION · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS, OCCUPATION, TENTATIVES DE COLONISATION

Ce n est pas ici le lieu de rééditer l'histoire de la découverte de 1 île, des tentatives successivement faites par les Français pour y pénétrer et s’y établir. Mais, avant d’entreprendre l’examen des faits principaux de l’expédition au point devue sanitaire, il est bon de rappeler brièvement par quelles successions d’événements on a été conduit à faire cette expédition.

Des navigateurs portugais furent les premiers à aborder l’île de Madagascar, en l’an 1300. Plus tard, en août 150G, Ruy Pereira et Tristan d’Acunha l’abordèrent de nouveau, au cours d’un voyage dans l’Inde, et lui donnèrent le nom de Saint-Laurent *. En 1509 et 1510, les Portugais, sous la conduite de Lopez de Siqueyra et de JuanSerrano, tentèrent d’y fonder des établissements, et y organisèrent la traite des esclaves. Ils avaient été attirés par les récits merveilleux qu’en avaient fait les premiers voyageurs, et l’espérance d’y trouver des mines d'or. On trouve des vestiges de ces premiers établisse- 1. R. P. Piolet, loc. cil.

ments sur la côte nord-ouest et dans la plaine du Haut- Sobarina1. Plus tard (1540), ces tentatives furent renouvelées au sud de l’ile ; mais les difficultés de l’entreprise étaient trop grandes, et les résultats encore trop éloignés, pour que les premiers colons ne fussent pas bien vite découragés.

En 1642, Richelieu, pressentant l'importance de Madagascar, en ordonna la prise de possession. Il institua, par lettres patentes du roi Louis XIII, la grande Société de l'Orient, qui obtenait la concession « de Prie de Madagascar et des îles adjacentes pour y ériger colonie et commerce et en prendre possession au nom de Sa Majesté Très Chrétienne ». Le capitaine Rigault. de Dieppe, fut chargé de la prise de possession. Il partit en mars 1642. sur le vaisseau le Saint-Louis, et vint fonder le premier établissement français dans la baie de Sainte-Luce. Il était réservé de nos jours au ministre qui a été l'historien de Richelieu, de poursuivre et d'achever l’œuvre ain^ entreprise par le grand ministre de* Louis XIII.

Louis Xd Y confirma ces privilèges. En 1646 un second navire, le Saint- Laurent, arriva à Madagascar : l’établissement de Sainte-Luce est abandonné, et on fonde celui de Fort-Dauphin. Pour fuir l’administration tracassière du gouverneur de Pronis, quelques-uns des colons amenés dans ces premiers convois allèrent s’établir dans la baie de Saint-Augustin. De Flacourt arriva en 1648 avec de nombreux vaisseaux, des colons, des Lazaristes. La petite colonie prit un essor nouveau : mais la métropole laissa le gouverneur sans argent et sans ressources. Découragé, il rentra en France. Les colons se réfugièrent à Forl-Dauphin, et y furent abandonnés à eux-même. Sur ces entrefaites, le duc île la Mailleraye obtint une concession nouvelle de Mazarin (1660); mais elle resta sans

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