i. Humbert, loc. cit
pas se changer, n ayant qu’un pantalon de laine. Dans le fort ils couchaient à terre roulés dans une couverture. Enfin l’ennui les surprenait dans cette immobilité forcée.
Pour remédier à cet état de choses dans une certaine mesure, 1 amiral fitapporter quelques améliorations dans le casernement; les rez-de-chaussée des nouveaux bâtiments furent élevés à 1 m. 20 au-dessus du sol ; on construisit hors du fort des hangars qui servirent à le désencombrer; on administra journellement aux soldats du vin de quinquina et une dose de quinine préventive. Une machine distillatoire fut enfin demandée en France.
Un roulement fut établi entre les troupes d’occupation et la garnison de la Réunion. « Grâce à ces sages précautions, le nombre des malades ne tarda pas à diminuer. Néanmoins, dans le calcul des' disponibles, on dut toujours tabler sur un déchet minimum d’un quart de l’effectif 1 ».
Cette action militaire commencée par une démonstration navale, prenait ainsi peu à peu des proportions plus considérables. Les troupes occupaient' plusieurs points de la côte ; mais on paraissait vouloir se borner à cette occupation et à un blocus. Encore une fois il n’y avait pas là une expédition préparée suivant des projets bien mûris, ayant un but déterminé à atteindre, et surtout pourvue des moyens nécessaires pour faire campagne dans les pays chauds. On procédait' par à-coups ; on envoyait quelques soldats lorsque le chef de l’expédition les demandait, mais sans matériel, sans organisation des services d’intendance, de transport et de santé. L'improvisation devait encore suppléer à l’imprévoyance... On paraissait découvrir, apercevoir pour la première fois les exigences et les périls d’nne guerre faite par des Européens sous les tropiques. On était pris 1. G. Humbert, loc. ciL.
q),]g- l’EXPÉDITION DE MADAGASCAR
au dépourvu, on innovait, on faisait une expérience toujours nouvelle ! On formait à la hâte, avec des élément» improvisés, des corps de troupes coloniaux. On eU.,1 p em d'étonnement, mais sans armes, devant une s.tnation sanitaire qu’on n’avait pas su prévoir et dont •mcUcchait une explication déjà cent fois donnée. El on re ta ainsi, sur la cote, l'arme au bras, dans les foyers de I insalubrité, comptant amener à composition un ennemi
oui lui, comptait sur la fièvre pour nous expulser.
Les Ilovas, voyant cette immobilité qu'ils jugeaient être de l'impuissance, avaient déjà osé attaquer deux fois la garnison de Tamatave. Le 13 novembre 1883 ils attaquèrent Majunga et furent repoussés. Pour mettre la ville en état de mieux résister, on construisit une ligne continue de défense; plus tard un fort fut éteve sur le plateau dominant la ville où se trouve le rova du gouverneur (fin 1888). Des baraques Moisant \ furent e ifiées pour servir de casernement aux troupes de la garnison A partir de ce moment, la mortalité diminua de . moitié (de 8 décès pour 11)0 hommes en 1881, a 3.S deces pour 100 6ii 1885).
Au mois de décembre 1883 l'état sanitaire élad devenu si précaire qu’on dut envoyer une partie des troupes se reposer à la Réunion et les remplacer par deux comivmnies de volontaires bourbonnais, une a lamatmvc el ùne à Majunga. Lorsqu'il fallut diriger une reconnaissance sur Farafate, au mois de janvier 1884. il restait a peine 400 hommes en état de marcher à Tamata\e.
Au printemps de 1884, l'amiral Miol arriva, porteur de nouvelles instructions, pour remplacer 1 amiral t.a ibei . C'était le 3n chef de l'expédition en une année. Quelques troupes de renfort sont envoyées avec lui, mais il y a autant d'indécision dans le plan à suivre que .le décousu
dans Faction.
Les huit compagnies d'infanterie de marine stationnées a Madagascar et à la Réunion, sont portées à 150 hommes chacune, et la colonie de la Réunion est invitée à fournir deux nouvelles compagnies de volontaires; plus tard, un bataillon de marins, venant de faire une pénible campagne au Tonkin en 1883 et 1884, fut dirigé sur Madagascar où il fut décimé par la dysenterie et la fièvre.
La flotte comptait 3 croiseurs, 2 avisos-transports, 5 canonnières et un navire-hôpital.
Au mois d'août les effectifs disponibles se répartissaient comme suit :
I antassins. Artilleurs. Gendarmes.
A Tamatave 962 27 24
A Majunga 204 13 »
11 y avait de plus 113 hommes à Nossi-Ré, et 50 hommes à la Réunion. Le ministre de la Marine autorisa à la même époque la levée de compagnies de Sakalaves. Les chefs sakalaves, après la prise d’Amboudimadirou, fournirent au corps expéditionnaire des guides, des soldats et des porteurs.
Au mois de novembre un petit corps! de troupes fut dirigé sur Vohémar. Le 3 décembre trois compagnies de marins et d’infanterie de marine, assistées d’auxiliaires antankares, suivies d’une petite ambulance et de porteurs indigènes, attaquèrent les Hovas à Andraparany.
Ces actions isolées étaient sans résultat effectif. Les troupes s'usaient en efforts répétés et stériles; sans s’ébranler jamais, l’ennemi insaisissable sur la côte. L’amiral réclama des renforts. La métropole envoya six compagnies d’infanterie de marine. Un bataillon de la même troupe est demandé au corps expéditionnaire de Formose qui. ne peut détacher qu'une compagnie. Grâce à ces rènforts l’amiral put disposer au mois d’août suivant de :