‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 63 sur 133 · hommes à Tamatave · texte numérisé non relu

hommes à Tamatave

553 hommes à Majunga,

800 hommes détachés dans divers postes.

Les IL .vas s’attendent à voir les troupes françaises marcher sur Tananarive et prennent des dispositions de défense sur la route de Majunga connue comme la plus accessible. Des études préliminaires avaient été faites par l’état-major français.

Le 10 septembre 1885 l’amiral Miot dirigea contre les lignes de Farafate une attaque qui resta sans résultat. Il fallut rentrer à Tamatave. Quelques jours auparavant, à Andampy, le colonel Pennequin. à la tête d'une petite troupe composée en majeure partie d’auxiliaires sakalavcs. avait remporté un brillant succès, démonstration ecla- ’ tante du parti que peuvent tirer de ces indigènes des chefs énergiques et bienveillants.

Une paix boiteuse mais attribuant cependant à la France un véritable protectorat fut signée par l'amiral Miot et le ministre Patrimonio ; elle vint mettre fin à ces hostilités de détail, éparpillées sur un immense littoral. Elles avaient duré plus de deux années et avaient épuise les troupes par une immobilisation redoutable sur une cote insalubre, par des efforts incohérents, sans suite, disséminés, sans but précis et définitif.

Critique. — Aucune méthode n’avait présidé à 1 en\oi des \roupes ; à l’exception de quelques Sakalaves et des compagnies de volontaires de la Réunion levées à la hâte, les soldats européens composaient exclusivement le corps expéditionnaire. Les hommes de l’infanterie de marine étaient des jeunes gens sans résistance physique. es marins ne valaient pas beaucoup mieux. Ils arriverai épuisés déjà par la campagne qu'ils venaient de taire au Tonkin. Mal logés, mal équipés, prives de vivres frais malgré le voisinage de la Réunion, ces troupes offrirent

une morbidité très élevée. La fièvre paludéenne sous toutes ses formes, la fièvre typho-malarienne, la fièvre bilieuse hématurique se montrèrent simultanément. La dysenterie, limitée d’abord à quelques cas rares et bénins, devint plus grave et plus fréquente après l’arrivée des troupes de renfort venues du Tonkin L

« Le 27 juin 1883, sur 346 hommes employés à Madagascar on ne comptait plus que 25 hommes ayant résisté à l'empoisonement palustre. On avait perdu 7 hommes, il y avait eu 149 entrées dans les hôpitaux de terre et 32 rapatriements

« ... Dans une compagnie de marins- fusiliers 6 individus sur 103 restèrent indemmes, d’où une proportion de 93p. 100 environ; il y eut 51 entrées à l’hôpital de la Réunion, 19 renvois en France et 4 décès2. » La morbidité était donc très élevée. Il serait difficile d’apprécier exactement la mortalité, mais elle a été évaluée par ailleurs à 75 p. 1.000 de l’effectif. La garnison de Majunga avait fourni une proportion de 60 p. 1.000 la première année, et de 32 p. 1.000 en 1885 à la suite des améliorations apportées au logement des troupes. Si, malgré la violation des règles de l'hygiène, la mortalité, n a pas été plus forte parmi ces troupes qui ont séjourné deux années consécutives sur un littoral malsain, ce résultat doit être en grande partie attribué à l’excellente mesure prise par l’amiral Galiber d’établir un roulement entre les troupes de Madagascar qt celles de la Réunion, et d’évacuer en temps opportun les malades sur les hôpitaux de Saint-Denis.

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