‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 66 sur 133 · ÉTUDES PRÉPARATOIRES · texte numérisé non relu

ÉTUDES PRÉPARATOIRES

lumënt inusitées. De longues études préparatoires avaient été faites avant la déclaration de guerre par des états-majors multiples. Les projets élaborés par les commissions techniques avaient été adoptés à la fin du mois d’octobre 1894, après deux mois d’études, par le Gouverne-ment. La composition de l’armée, l’insalubrité des pays, les difficultés des terrains, toutes les questions avaient été envisagées. Enfin le Parlement a, sans compter et d'un seul coup, accordé de larges crédits qui paraissent plus que satisfaisants pour une expédition don fies besoins ont pu être assez approximativement calculés. Par cet accord préliminaire absolu du Parlement et du pouvoir exécutif, par l’adoption d’un projet bien mûri, par l’abondance des documents réunis sur le pays qui va devenir le théâtre de la guerre et qui n’est plus depuis longtemps un pays inexploré, par l’expérience de la précédente guerre de Madagascar, cette expédition échappera aux conditions d’imprévoyance, d’incertitude, d’hésitation qui marquèrent les débuts des autres expéditions.

On sait où l’on va, jusqu’où l’on va, et l’exécution des opérations nécessaires ne sera pas entravée parla crainte ou la nécessité de demander au Parlement une approba- „ lion et l’argent indispensables. Dès le commencement l'affaire est présentée dans toute son ampleur, avec toutes ses conséquences financières, et dans un accord absolu le Gouvernement, le Parlement, la Nation donnent tout ce qui est demandé. Jamais on ne s’était trouvé aussi à l’aise pour se préparer complètement. On avait le temps, l’argent, l’expérience, la science et l’opinion avec soi. Enfin le Gouvernement avait confié la direction complète de l’expédition au ministère qui paraissait le mieux en mesure de la préparer, grâce à la puissance de ses moyens et à son organisation apte à faire une « opération d’aussi grande envergure ». A la suite de l’expédi-

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tion du Tonkin des écrivains militaires avaient démontré que le 'ministère de la Guerre était plus qualifié que le ministère de la Marine pour la conduite des opérations de guerre coloniale un peu importantes. L'expérience •avait été mise à profit et les conseils écoutés. On allait assister en quelque sorte à une expédition-modèle.

Gomme on vient de le voir, dès la fin du mois daout 1894 la Commission mixte d’études avait déposé le rapport collectif contenant le plan d’ensemble de l'expédition. C’est à la fin d’octobre, deux mois après seulement, que le département de la Marine arrête le principe de la création d’une flotille qui devait comprendre 12 canonnières ou remorqueurs, 50 chalands démontables, 4 pontons d’accostage et 6 canots à vapeur.

Mais un nouveau retard survient. Vers la mi-novembre le Gouvernement décide de conüer au département de la Guerre la direction générale de l'expédition. Ce département modifie le projet delà Marine en supprimant 8 chalands dans les prévisions.

Le 28 novembre le général Duchesne, désigné pour exercer le commandement en chef de 1 expédition, est appelé à Paris pour conférer avec le ministre. « Cette conférence ayant fait ressortir l’avantage d associer le futur commandant en chef à la • préparation des détails d’organisation de l’expédition, le ministre décida, aussitôt après la promulgation de la loi, de maintenir à Paris cet officier général comme président d'une commission temporaire , dite d'organisation , dont firent également partie le chef d'état-major et les chefs désignés des principaux services du corps expéditionnaire.

« Cette commission, rattachée à l’état-major de 1 armée, fonctionna « titre consultatif , sous la direction du général chef d’état-major général, depuis le commencement du mois de décembre ! 894 jusqu au 25 mars 1 S9/ ,

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