ET DU MATÉRIEL
« Majunga, ainsi qu’il a été déjà dit, avait été choisi comme hase maritime d’opération. Ce port, ou, pour mieux dire, cette rade foraine, sise à l’entrée de la vaste baie de Bombetoke, sur la rive droite de cette baie, était normalement reliée à la métropole par un service bimensuel, qu’assurait la Compagnie des Messageries maritimes par deux lignes de paquebots desservant 1 une les Échelles de la côte orientale d'Afrique, 1 autre la Réunion, Maurice et Mahé, des Seychelles où elle se reliait par transbordement à la ligne d'Australie. In troisième selvice mensuel fut créé, par une entente entre le département de la Marine et la Compagnie Havraise-Pénmsulaire : le paquebot régulier partant du Havre, devait relier directement Marseille à Majunga et à Saint-Denis de la Réunion. »
« L’administration de la Marine, à qui un crédit de 21.500.000 francs sur le crédit total de 65 millions avait été réservé par la loi du 7 décembre 1894. à charge d’assurer les transports maritimes, en même temps que
de pourvoir à l’organisation du commandement de Majunga et à l’occupation de Tamatave, se préoccupa tout d'abord d’utiliser dans la plus large mesure les trois lignes de paquebots susénumérées ; mais le transport du corps expéditionnaire exigeait, en outre, l’emploi de nombreux paquebots, qui furent successivement affrétés et dont les départs furent échelonnés selon les prévisions du programme d'action militaire 1 ».
L’utilisation des paquebots allant régulièrement du Havre et de Marseille à la Réunion, était une combinaison judicieuse pouvant offrir des avantages certains de régularité, de fréquence et de confortable au corps expéditionnaire après que le gros des troupes aurait été transporté à Madagascar et pour des besoins normaux. La régularité de ces communications donnait la possibilité d'alimenter l’armée de vivres frais, rechanges de matériel, relèves d’hommes ; mais il importait que des emménagements spéciaux fussent préparés à bord pour que le transport des hommes fût exécuté dans des conditions hygiéniques et assurer à bord des soins médicaux complets. Or, s’il convient de rendre hommage au bon vouloir et au dévouement du personnel de ces navires, il faut reconnaître qu’ils n’avaient pas de‘ logements convenables pour les soldats, et qu'ils n’avaient pas d’hôpital ni d'infirmerie pour recevoir les malades.
Sur les paquebots des Messageries maritimes, les soldats étaient logés dans les faux-ponts destinés ordinairement aux marchandises. Des couchettes y avaient été installées sur deux étages. Aérés seulement par des panneaux plus ou moins encombrés et par des hublots fermés à la mer, ces entreponts avaient une atmosphère confinée, souillée par les exhalaisons des hommes et de leur équipement. Les hommes, suffoqués par la chaleur