‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 85 sur 133 · Rapport officiel · texte numérisé non relu

Rapport officiel

et par cet air puant, irrespirable, sortaient de ces cales obscures pour venir se coucher sur le pont où ils étaient médiocrement abrités contre la pluie, l'humidité vespérale et le soleil. L’encombrement du pont et du gaillard d’avant de ces navires obligeait les soldats trop nombreux à une immobilité fâcheuse, à une oisiveté démoralisante. Le défaut de locaux spéciaux pour donner 'des douches et des bains aux passagers de pont faisait négliger la propreté corporelle.

Ces inconvénients étaient aggravés par l'exagération du chiffre des hommes embarqués sur des naxire> comme ceux des Messageries maritimes, où il est laisse si peu de places aux passagers autres que ceux de la première classe. Ces inconvénients devenaient plus graves encore lorsqu’il s’agissait de malades, car les paquebots des Messageries et de la Compagnie Havraise n’avaient ni le personnel, ni le matériel, ni les locaux nécessaires pour les soigner. Les dispositions prises a à cet effet furent insuffisantes. Nous reviendrons plus loin sur cette importante question, mais il convient dès maintenant de dire que les seules dispositions prises consistèrent dans l’installation d'un nombre plus ou moins grand de couchettes dans les faux-ponts destines aux marchandises. Le programme d'action militaire comportait l’envoi presque immédiat (départ le -25 janvierj d’une avant-garde comprenant :

Un état-major de brigade (généralMetzinger) .

Un bataillon de tirailleurs algériens;

Une batterie d’artillerie de montagne ,

Une demi-compagnie du génie et divers détachements du train, d’ouvriers d’administration et d infirmieis.

« Le matériel devait suivre par envois échelonnes, de façon â pourvoir d’abord aux besoins des troupes de l’avant-garde et'ti permettre ensuite l’organisation des

premiers magasins de la base maritime. Toutefois, diverses circonstances tenant à ce que ce matériel, créé de toutes pièces, ne devait guère être prêt avant les mois de mars ou d’avril , et à ce qu'il semblait, d'autre part, d'une sage économie d'utiliser , pour son expédition, les cales des paquebots affrétés, firent ralentir ces envois dans de telles conditions qu'en réalité la majeure partie du matériel ne quitta guère la France qu'avec les troupes du corps expéditionnaire proprement dit.

« Celles-ci, en raison des conditions climatériques de la côte occidentale de Madagascar, devaient être hors d’état d'opérer activement avant la seconde quinzaine de mai ; leur départ fut donc réglé de façon à ce que les embarquements eussent lieu en avril, et que les arrivages se produisissent successivement dans le courant du mois de mai.

« Sur les bases fournies par un tableau d’ensemble qu’avait établi la commission d’organisation, la commission d’affrètement du ministère de la Marine affréta en février et mars 2i bâtiments (puis six autres), et arrêta les chartes-parties aux termes desquelles le matériel devait être livré sous palans, par l’administration de la Marine qui était également chargée d’assurer, avec l’aide des moyens du bord, les opérations d’embarquement et de débarquement.

« On adopta, d’autre part, comme règle générale, de faire en sorte que chaque paquebot pût suffire, à lui seul, aux premiers besoins des troupes qu'il transportait ; le complet devait être fait avec le matériel des services généraux, notamment avec les caisses contenant les voitures Lefebvre 1 »....

L’avant-garde devait donc être suivie du matériel nécessaire à ses besoins et à l’installation des premiers

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