‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 86 sur 133 · Rapport officiel · texte numérisé non relu

Rapport officiel

L EXPÉDITION de MADAGASCAR

magasins de la base maritime. Mais ce matériel, ■ quil faut créer de toutes pièces », ne serait guère prêt, en France, avant les mois de mars et avril, c’est-à-dire qu il ne pourrait arriver à Madagascar qu'au mois de mai, deux mois et plus après l'arrivée de l avant-garde. Que devenait dans ces conditions le rôle des premières troupes en ce qui concerne 1 installation des piemiers magasins de la base maritime ? Elle était réduite à 1 impuissance, et cette impuissance pouvait être préAue.

La seconde explication donnée du retard que dexait subir le matériel, est qu’il semblait « d’une sage économie d’utiliser pour son expédition les cales des paquebots affrétés ». En -vertu de ce principe, le rôle assigné à l’avant-garde, pour la préparation de la base d'operation, devenait nul. L’exécution intégrale de cette première partie du plan d’opération avait cependant une importance capitale. Ainsi au retard dans la commande du matériel, au manque de main-d’œuvre, s’ajoutait le retard dans l’expédition du matériel. La sage économie . qui est invoquée, particulièrement désastreuse dans ce cas, était, de plus, contraire aux données de l’expérience.

A la suite de l’expédition du Tonkin, un intendant militaire qui y avait pris part, écrivait : « 11 est dans la nature des choses que les envois de troupes soient simultanés et non échelonnés, puisqu ils répondent généralement à une nécessité politique, mais il n est pas indispensable de bouder les cales. Déjà 1 enquête sur les transports de Crimée avait fait ressortir ce grave inconvénient, mais V expérience des anciens sert bien rarement ».

11 y avait près de trente ans qu’on avait dit : «< Ne chargez les transports de troupes que du matériel de ces troupes ou des approvisionnements nécessaires et urgents; affrétez d’autres bâtiments spéciaux que vous

échelonnerez pour le transport du matériel, toutes les fois que les ports de destination ne seront pas outillés 1 *>.

Ces critiques semblent avoiï été écrites au lendemain de l’expédition de Madagascar. L’auteur aurait aujourd’hui une raison de plus pour constater avec mélancolie l’inutilité de l’expérience des anciens ; cetle constatation tant de fois répétée est bien faite pour décourager ceux qui recherchent, dans les faits, des enseignements et non des polémiques. Elle serait 'Suffisante pour faire tomber des mains la plume des écrivains qui, dans leur patriotisme, signalent les erreurs et s’efforcent d’en découvrir les causes et les remèdes. Mais le découragement se dissipe et on se prend à espérer encore car on conserve la confiance dans les destinées de la Patrie et les forces immanentes de la raison. En fait, le matériel « ne quitta guère la France qu'avec les troupes du corps expéditionnaire proprement dit » qui arrivèrent à Madagascar à la fin d’avril et au mois de mai sur les trente navires affrétés.

Il fallait, en outre, sc préoccuper du transport imminent du matériel fluvial dont la construction s’achevait en France. Or, ce transport maritime ne se trouvait pas prévu dans la série de ceux dont il vient d’ètre parlé. « L'administration de la Marine estimait, en effet, que le chiffre global du crédit alloué pour le matériel fluvial avait été établi en prenant pour point de départ le prix de ce matériel rendu à Majunga, et le département de la Guerre, qui avait admis ce principe, conservait la charge de pourvoir à son expédition 2 ».

Par celle combinaison anormale l’-administration de la Guerre est chargée du transport sur mer du matériel fluvial que la Marine doit employer, tandis que la Marine

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