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Chapitre cinquième. Dispositif des cultures harmoniennes

Le second volume donnera la loi generale de l’organisation des travaux, et les admirables conséquences de cette loi, la the'orie de l’e'ducation naturelle , la position sociale de la femme dans les périodes harmoniques, la loi de répartition des produits, le système d’opération des armées industrielles de différens ordres , les équilibres passionnels , la grande thèse de physique sociale sur la culture intégrale et la restauration des climatures, etc. etc.

Toutes ces questions ne sont pas vaines spéculations de curiosité. Tout cela est fait pour la pratique , appelé à passer en pratique et à y passer promptement, encore. Tous ceux qui font aujourd’hui des élucubrations sur le progrès continu , sur la lenteur des transformations sociales , sur la lenteur de l’établissement du bien, sont entièrement incompétens sur ce sujet : car, pour savoir le degré de vitesse des transformations et de l’introduction du bien dans la société , il faut d’abord savoir quelles sont les voies de transformation et d’introduction du bien ; et ils ne le savent pas.

Il ne s’agit pas aujourd’hui de suivre une ligne , de tirer conséquence des principes anciens , de perfectionner les choses : il s’agit de faire volte-face, de rompre avec le passé, ses doctrines et ses erremens.

Le passé ne vous lègue qu’un seul enseignement, c’est à savoir’ : qu’il n’y a pour l’homme que douleurs et misères, tant que s’obstinant dans de fausses voies sociales , il cherche à obtenir le bien par répression des passions , au lieu de le chercher dans l’emploi bon , utile et social des passions.

Vous avez eu des disputes philosophiques qui ont dure' des siècles , des disputes théologiques qui ont duré des siècles , des disputes politiques qui ont duré des siècles , et toujours , toujours vous tournerez dans un cercle vicieux de controverses stériles , honteuses et sanglantes, tant que vous ne cesserez pas de prendre pour point de départ un principe faux.

Comment auriez-vous trouvé et réalisé le bien , puisque vous couriez sur la route opposée à celle sur laquelle il se trouve ?

Comment aurait-on découvert le Nouveau-Monde , si l’on n’eût pas fait voile sur la mer Atlantique , si l’on ne se fût jamais écarté des côtes des anciens continens ? Que l’on cesse donc de trouver étrange qu’un homme s’en vienne aujourd'hui donner un démenti à un passé de quatre ou cinq mille ans. En toute branche un inventeur donne un démenti aux opinions de ceux qui l’ont précédé. Et c’est du jour ou le démenti est donné, et donné à bon droit, que la science est constituée.

Avez-vous eu jusqu’ici une science sociale? qui peut dire que le monstrueux fatras de toutes les contradictions morales, philosophiques , législatives , théologiques , sociales , constitue une science? — Toutes ces contradictions, toutes ces aberrations vous attestent l’erreur et l'absence de science? — Aujourd’hui on vous- apporte la science , le principe naturel , la Loi et ses conséquences : ce que vous avez de mieux à faire , c’est d’écouter , car il y va tout d’abord de vos intérêts les plus chers , de votre bonheur.

La découverte des lois du régime sociétaire est plus importante

pour vous que la découverte de l’Amérique , de l’attraction newtonnienne , de la machine à vapeur, et toute autre que vous pourrez dire.

Enoncer que la découverte de Fourier n’est pas fondée en raison, parce que cela serait trop beau, est une misérable niaiserie, car il n’y a que des badauds qui puissent conclure qu’une chose est fausse, parce quelle est bonne. Dire que les hommes seront toujours malheureux , parce qu’ils ont été malheureux jusqu’ici, c’est encore une sottise : car les misères qui les accablent dans les formes sociales feusses , sont la preuve des biens qui leur sont réservés dans la forme sociale vraie. Youdrait-on, par hasard, qu’ils pussent trouver le bonheur, quand ils sont hors de leur Destinée ?

Dire que la théorie sociétaire est fausse , parce que si elle était vraie, on l’aurait déjà découverte , c’est encore une autre sottise , que la routine épaisse et malveillante a jetée de tout temps à la tête de tous les inventeurs, qui a servi de base à la détraction et aux persécutions dont ils ont été récompensés chacun dans leur siècle , mais qui n’a jamais détruit la valeur d’aucune découverte.

Il y aurait encore beaucoup d’objections de la même force àpasser en revue; mais ce n’est pas ici le lieu, et je conclus en engageant les hommes d’intelligence et de cœur à étudier, et les autres à se taire.

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