Bharadwaja
LORIENT
l’occupe au moment même, le maîtrise — ébranle son âme, émeut son cœur. Les dieux l’emportent tour à tour; chacun alternativement se présente devant le miroir vivant et frémissant pour le remplir de son image. « Aussi, lorsqu’on lit les hymnes les plus évidemment symboliques et polythéistes, est-on surpris de voir un même poëte, suivant l’inspiration du moment, faire tour à tour, de chacun des dieux, le principal agent de vie, et mêler ainsi tous les rôles * . »
Les hymnes du Véda ne sont pas toutes de même date, elles sont toutes antérieures au brahmanisme et par conséquent fort anciennes. Quel peuple dans l’état de simplicité de mœurs et de notions que suppose la vie patriarcale a illuminé de pareils éclairs les profondeurs de la nature ? Aucun. Voici comment le Véda parle de la sainte parole, plusieurs milliers d’années avant l’Évangile :
« J’existe dans tous les mondes et je m’étends jusqu’au ciel.
« Telle que le vent, je respire dans tous les mondes. Ma grandeur s’élève au-dessus de cette terre5, au-dessus du ciel même. » ^
Cependant le doute, fruit tardif de la raison, s’insinue déjà dans quelques esprits, les dieux par quelques-uns sont contestés. « Indra n’est pas, dit l’un. Nêma affirme le contraire; je l’ai vu : chantons, » dit l’hymne de Nêma. C’est encore le sentiment qui prévaut. Quand les Indous auront quitté l’école du lyrisme religieux pour entrer dans celle de la dialectique, et qu’à force d’affiner
leurs raisonnements ils en seront arrivés au bouddhisme,