DEUXIEME INTRODUCTION
S'rt faut, comme on le dit, pour mener à bonne fin une entreprise faite dans un but d'utilité générale que chacun y soit encore intéressé en particulier, certes celle-ci doit réussir, car depuis le gouvernement, le chef de famille, jusqu'au célibataire, tout le monde, enfin, est doublement intéressé à sa réussite.
Porter à un point très-élevé les questions qui vont nous occuper pourra, d'abord, pour quelques lecteurs, paraître exagéré; mais en poussant l'examen à fond, on trouvera le fait tout naturel. Des hommes éminents ont déjà accordé à ces matières toute l'importance que je leur donne.
Personne, que je sache, ne se mettant en ce moment
sur les rangs afin de combattre à outrance et d'une manière neuve, des ennemis bien plus terribles que la guerre et la peste réunies, puisqu'ils attaquent sans relâche la vie physique et la vie morale, j'entreprends cette tâche qui sera moins difficile aujourd'hui, si le bon sens se met à marcher en raison du progrès matériel. Malgré l'opinion de quelques hommes sérieux qui désespèrent de voir décroître nos travers et nos vices, je crois fermement qu'il en est qui peuvent être diminués au moins des neuf dixièmes, sans efforts, c'est-à-dire par les moyens les plus simples.
Il peut sembler bien présomptueux d'oser écrire sur le premier de ces sujets après des hommes aussi remarquables par leur science que par leur dévouement a l'humanité. Mais je rapporte ici une partie de ce que plusieurs d'entre eux ont dit sur la question ; dès lors mon apparence de présomption disparaît, et l'on ne voit plus en moi, pour ainsi dire, qu'un narrateur qui remet sous les yeux du public des pages précieuses, hélas! trop peu connues.
Ce que je vais dire est le résulat de beaucoup de recherches et d'observations, mais je ne puis donner, pour les trois dernières questions traitées dans ce livre, des extraits des auteurs que j'ai compulsés, attendu que ces extraits eussent rendu l'ouvrage trop volumineux, trop
cher, et qu'il eût couru le risque de n'être que peu lu, n'étant pas à la portée de tout le monde.
Je me suis attaché, dans cet écrit, pour ce qui me concerne, à la solidité de fond, mais on y chercherait en vain une méthode exacte et l'élégance de la forme ; je laisse parler ici tout simplement ma raison et mon expérience; des vérités incontestables sur un état de choses qui intéresse au plus haut degré la société, voilà ce que j'ai voulu exposer avec force et clarté : puissé-je avoir réussi !