‹ Considérations sur cinq fléauxChapitre 9 sur 28 · Vertiges (étourdissemenls) ; Etc., etc · texte numérisé non relu

Vertiges (étourdissemenls) ; Etc., etc

Presque toutes les personnes qui se compriment Je corps ont une ou deux des affections que je viens de nommer.

Donc, l'abus du corset est la plus barbare et la plus grande de toutes les folies humaines; il n'est pas besoin

d'être un savant pour comprendre cela ; il est bien clair que si l'on gêne la circulation du sang, la rate, la vessie, les fonctions du foie, de l'estomac, des poumons, du cœur, etc., on occasionnera de graves désordres, et que le moral même pourra être affecté. Obstruez un fleuve, vous le ferez sortir de son lit et vous aurez une inondation avec toutes ses conséquences plus ou moins effroyables.

On le voit, les femmes qui abusent du corset se préparent bien des douleurs et bien des larmes! Elles se

repentent toujours quand le mal est fait, surtout au moment de l'enfantement; hélas ! il est trop tard ! Alors, la nature se venge cruellement de l'outrage qu'on lui a fait!

D'un autre côté, n'est-il pas de toute évidence que celles qui s'étouffent pour captiver font un faux calcul, une double faute, puisque, en agissant ainsi, elles rendent leur démarche roide et saccadée, leur taille dure à l'œil, détruisent l'harmonie de leurs formes, et surtout la souplesse et les gracieuses ondulations naturelles de leur corps, dons divins! aussi séduisants qu'inimitables, qu'aucun corset, que rien au monde ne saurait remplacer. Je demande à toutes les personnes de goût si cela est vrai. Est-ce que les grands artistes, statuaires ou peintres, ont jamais créé des modèles à taille de guêpe?

Est-ce que Vénus, les Nymphes et les Grâces ont la taille étranglée !

Quand on dit : « une taille de nymphe, » cela veut dire une taille souple, gracieuse, selon la nature ; mais cela ne veut pas dire du tout une taille roide et étranglée. Cependant, beaucoup de personnes s'y trompent.

C'est à la femme que le Créateur a donné la plus sublime mission à remplir sur la terre, c'est-à-dire l'enfantement. Les femmes qui se compriment le corps s'acquittent-elles bien de cette mission? — Non! elles font dépérir l'être que Dieu a fait à son image. Comment n'y a-t-il pas de loi pour punir un pareil sacrilège? Espérons que la raison et l'intérêt de l'humanité en feront établir une.

La femme ne! possède- t-elle donc pas suffisamment de qualités et de charmes naturels pour plaire? N'a-t-elle pas l'élégance idéale de ses formes, les délicieuses teintes de sa chair, sa magnifique chevelure, le son harmonieux de sa voix, cette grâce séduisante qui n'appartient qu'à elle, son sourire enchanteur, la douceur, la puissance irrésistible de son regard, sa pudeur, un charme ravissant et indéfinissable, cette sensibilité du cœur, cette délicatesse, cette finesse de goût et d'esprit que nul ne peut lui disputer? Qui donc a plus de dévouement, de constance, de courage qu'elle? une âme plus noble que

la sienne? Quelle que soit sa position, humble ou élevée, simplement avec un cœur honnête et un bon caractère, elle répand te bonheur autour d'elle; son amour maternel n'a rien de comparable sur la terre; elle nous chérit au berceau, elle fait notre bonheur dans la jeunesse et dans l'âge mûr ; nous entoure de soins , nous console dans l'adversité et dans la vieillesse. Et puisque le ciel l'a comblée de tant de trésors, pourquoi va-t-elle chercher un avantage dans un moyen trompeur, dans un instrument de supplice qui peut la précipiter si vite dans le malheur ou dans l'éternité?

Que la femme non favorisée du côté de la figure et du corps se rassure et n'emploie pas de mauvais moyens pour plaire; qu'elle reste telle que Dieu l'a faite; on l'aimera toujours et beaucoup, quand même elle serait laide, si elle a une âme honnête, de la modestie et un bon cœur : ces trois précieuses et nobles qualités n'éblouissent pas comme la beauté, mais elles captivent jusqu'à la fin de la vie.

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