‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 103 sur 157 · XIII. Envie conçue en faveur (T autrui · texte numérisé non relu

XIII. Envie conçue en faveur (T autrui

Il est un genre d'envie qu'on avoue, et qu'on excuse plus communément que toute autre; c'est celle que l'on conçoit en faveur des personnes que l'on aime. On voudroit les voir jouir m. j 1

SUR l'jEKVJE.

de tous les avantages; et on s'afflige, comme d'un préjudice qui leur est porté, du bien qui arrive aux autres. Comme ce sentiment *i est pas souillé, de même que l'autre, par l'intérêt personnel, on n'en rougit point. II semble que l'envie soit ennoblie par l'amitié qui la fait naître. Mais c'est toujours un sentiment répréhensible dans celui qui l'éprouve; et pour celulen faveur de qui il est conçu, c'est un devoir de le réprimer, et de l'étouffer dans le cœur où il a germé. Dans l'église naissante de Corinthe, des dissensions s'élèvent au sujet des différons docteurs qui y ont porté la lumière évangélique. Chacun cherche à faire prévaloir celui dont il est le disciple. L'un élève Paul, l'autre Apollo. Ecoutez ce que leur dit le grand apôtre : Celte ardeur, ces disputes, montrent combien vous êtes encore charnels. Qu'est-ce que Paul? Qu'est-ce qu' Apollo? Ils ne sont que les ministres de celui en qui vous croyez. Us n'ont que ce qu'il leur a accordé. J'ai planté, Apollo a arrosé; mais ç'est Dieu qui a fait croître. Celui qui ne fait que. jfcinter, et celui qui ne fait qu'arroser, ne sont rien. C'est celui qui donne l'accroissement qui est tout (1). Les disciples de saint Jean-

(i) Cùm enim sit inter vos zelus et contentio , nonne carnales estis, et secundiim hominem ambulatis? Cùm eniin, quis dicat : Fgo quidem sum Pauli j alius autem , ego Apollo, nonne homines estis? Quid igitur est Apollo? Quid verô Paulus? Minishi ejus cui credidistis, et unicuicpie sicut Bot

Baptiste , jaloux de la gloire qu'acquéroit Jésus-Christ, et craignant quelle ne diminuât celle de leur maître, viennent se plaindre à lui de ce que Jésus-Christ baptise aussi, et de ce que tout le monde court après lui. Que leur répondra le saint précurseur? L'homme n'a de pouvoir que celui qui lui a été donné; et vous devez vous rappeler que j'ai dit formellement que je n'élois pas le Christ, mais que j'étois envoyé devant lui pour l'annoncer (1). Jl fait une réponse plus persuasive encore. II les envoie à Jésus-Christ, afin que, voyant ses miracles, ils se pénètrent de la foi qui lui est due (2). Nous lisons au livre des Nombres, que Moïse ayant rassemblé devant le tabernacle soixante et dix des anciens d'Israël, TEsprit de Dieu descendit sur eux, et ils prophétisèrent sans discontinuer. Le même Esprit descendit en même temps sur deux hommes qui étoient restés dans le camp, et aussitôt ils prophétisèrent aussi. On courut

minus dédit. Itaque, neque qui plantât est aliquid, neque qui rigat : sed qui incrementum dat Deus. i. Cor, m. 3. 7 .

(i) Vénérant ad Joannem, etdixcruntei : Rabbi, qui crat tecum trans Jordan<un, cui tu testimonium perbibuisti, eccè baptizat, et omnes veuiunt ad eum. Respondit Joannes, et dixit : Non potest homo accipere quidquam, nisi fucrit ipsi datum de cœlo. Ipsi vos mihi testimonium perhibebitis quod dixerim : Non sum ego Chi istus ; sed quia missus sum ante iilura. Joan. hl. 26, in t a8.

(a) Et nuntiaverunt Joanni discipuli ejus de omnibus his • et convocavit duos ex discipuJis suis Joannes : et misit ad Jesura. Luc. y il 18, 19.

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en porter la nouvelle à Moïse; et Josué lui-même , son ministre, son confident intime, voulut l'engager à les en empêcher. Mais le saint conducteur du peuple de Dieu repoussa» comme il le devoit, ce sentiment dangereux. Pourquoi, ditil, êtes-vous envieux en ma faveur? Qui pourra au contraire obtenir que tous les cnfans d'Israël acquièrent le don de prophétie, et que le Seigneur leur communique aussi son Esprit (1)?

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