XIV. L'avarice est une sorte d'idolâtrie
Mais hélas ! ce n'est pas toujours le seul.
Nous avons vu le grand apôtre déclarer que cette racine de tous les maux a porté dans quel-
(1) V. Luc. xiv. 16 et seq.
(2) Audiebant au te m omnia haec Pharisxi , qui erant avari : eideridcbant eum. Luc. xvi. 14.
(3) V. Matth. xiii. 3 et seq.
(4) Justa pascua sua adimpleti sunt et saturât) sunt , et levaverunt cor suum, et obliti sunt meî. Osée. xm. 6.
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ques personnes le fruit empesté de les faire errer sur la foi. Il nous dit positivement , et il le répète en plusieurs endroits, que l'avarice est une idolâtrie (1). Avant lui un prophète l'a voit aussi formellement , aussi fréquemment déclaré. Leur argent et leur or, disoit-il, sont les idoles qu'ils se sont forgées , et qui les feront périr (2). Dans leur abondance ils ont multiplié leurs autels (3). Ephraim a dit : Je suis devenu riche : Je me suis trouvé une idole (4)- Et ce ne sont pas là , dit saint Ghrysostôme , de pieuses exagérations : c'est la pure et simple vérité. Voyez de tous côtés le culte de l'or établi, étendu, affermi. Voyez que d'autels élevés, que d'offrandes présentées , que de sacrifices faits à cette idole universelle. Ce n'est pas l'hommage du corps, c'est l'affection de l'âme, qui constitue l'idolâtrie. L'idolâtrie du cœur n'est pas moins coupable que celle de l'intellect. L'intéressé transporte à sa nouvelle divinité tout ce qui est dû au seul vrai Dieu; pensées , désirs , attachement. Il lui sacrifie , non plus comme les anciens idolâtres , de vils ani-
(1) Avarus, quod est idolorum servitus. Ephes. v. 5. Âvaritiam , quae est simulacrorum servitus. Coloss. m. 5. (a) Argcntum, et aurum fecerunt sibi idola, ut interirent. Osée. vin. 4*
(3) Secundum multitudinem fructûs sui , multiplicavit altaria. Ibid. x. 1 1 .
(4) Et dix.it Ephraim : dives effectus sum, inveoi idolunx mihi. Ibid. xu. 8.
sur l'&vahice. «i85 maux , mais des victimes humaines , dont sa barbare avidité se repaît. II lui immole jusqu'à sa conscience , et sa propre âme. Quelle douloureuse différence entre la manière dont est honorée cette vile idole , et le service que Ton rend à Dieu !