XV. L'avarice va toujours en croissant
Vous vous flattez sans doute que cet amour de l'argent , que ce désir d'en acquérir , dont vous sentez les atteintes , ne parviendra jamais à ces déplorables excès. Vous vous croyez assuré de pouvoir toujours le contenir dans de justes bornes. Je veux bien l'espérer avec vous. Mais quelle assurance pouvez-vous en donner?
Quelle certitude pouvez-vous en avoir? Croyez vous que cette passion naissante sera toujours la même dans voire cœur , et qu'elle n'ira pas toujours en croissant ! Pensez-vous que vous en serez toujours le maître , comme vous pourriez l'être actuellement ? Imaginez- vous qu'elle sera le contraire des autres passions» ou que vous serez le contraire du reste des hommes?
Ah! tremblez, tremblez que ce poids tombant d'en haut, et augmentant sans cesse de force, ne vous entraine dans l'abîme du crime et de la perdition. Quand Juda laissa entrer dans son cœur la soif de l'or, il étoit bien éloigné de soupçonner le crime abominable auquel elle le conduisit.
sur l'avarice